Les entrailles du Biodôme sont en pleine démolition

La lumière naturelle sera mise en valeur dans le nouveau concept du Biodôme.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La lumière naturelle sera mise en valeur dans le nouveau concept du Biodôme.

Six mois après sa fermeture pour des rénovations majeures, le Biodôme est en pleine phase de démolition. Mais déjà, l’élimination de certaines structures de béton révèle deux éléments qui avaient été négligés dans la version originale, et qui seront mis en valeur dans le nouveau concept : la lumière naturelle qui inonde désormais de plus nombreux espaces et l’architecture du vélodrome dont on peut désormais apprécier l’originalité et l’aspect phénoménal.

Depuis la fermeture du Biodôme le 3 avril dernier, les travaux vont bon train. Hier, mardi 25 septembre, les journalistes étaient invités à visiter le chantier où résonnait un concert de marteaux-piqueurs s’attaquant à de grandes portions des gradins de l’ancien vélodrome qui seront éliminées afin d’y aménager un nouveau hall d’accueil et une sortie plus spacieuse.

Selon le concept qui a été retenu lors d’un concours d’architecture international, ce vaste hall d’entrée débouchera sur un tunnel aux parois drapées d’une membrane blanche et ondulée qui aboutira à un noyau central à partir duquel les visiteurs auront accès aux différents écosystèmes ainsi qu’à deux passerelles qui traverseront la forêt tropicale humide et le Golfe du Saint-Laurent avant de rejoindre une mezzanine. « Ces passerelles et la mezzanine offriront de nouveaux points de vue sur les écosystèmes qui enrichiront l’expérience vécue durant la visite. De plus, ils donneront accès à la canopée de la forêt tropicale où fourmillent autant d’animaux qu’au sol », a souligné Yves Paris, directeur du Biodôme. Sur la mezzanine, les visiteurs pourront également découvrir « l’envers du décor », soit la machinerie qui assure des conditions propices à la vie des différentes espèces, ainsi que les astuces qui sont déployées pour distribuer la nourriture et prodiguer des soins aux animaux.

« La visite ne sera plus linéaire comme auparavant. Le nouvel aménagement permettra une multiplicité de parcours et la visite ressemblera plus à la découverte en nature », a fait remarquer M. Paris.

En enlevant certaines portions des gradins et en privilégiant des espaces plus ouverts, l’architecture unique du vélodrome se révèle et la lumière naturelle fuse, a souligné l’architecte Rami Bebawi de la firme KANVA, principale conceptrice du projet qui s’est alliée la collaboration de NEUF architect(e)s, Bouthillette Parizeau et NCK. « On redonne ainsi un peu de dignité à cette architecture patrimoniale et phénoménale de M. Taillibert », a déclaré M. Bebawi.

Afin de rendre la visite encore plus « immersive et émouvante », on érigera un mur de glace entre l’écosystème des îles subantarctiques et celui des côtes du Labrador. La température y sera abaissée à 12 °C. Comme l’écosystème du Labrador n’aura plus de toit, il sera possible de sentir les oiseaux et d’entendre leur piaillement. On aménagera aussi une plage afin de favoriser la reproduction des manchots royaux.

Dans l’érablière des Laurentides, l’habitat du lynx sera rendu beaucoup plus visible en éliminant le plafond surplombant le passage destiné aux visiteurs, et seule une grande baie vitrée séparera le félin des visiteurs. Dans la forêt tropicale, on construira également un nouvel habitat pour les aras.

Tous les animaux, autant ceux qui ont été déménagés — le lynx à Saskatoon, les poissons tropicaux à l’Aquarium de Québec, les porcs-épics au Zoo de Granby et à l’Écomuseum — que ceux qui sont demeurés sur les lieux — les poissons de l’aquarium —, se portent très bien, affirme M. Paris. À preuve, « les manchots royaux ont pondu plusieurs oeufs ».

Les travaux sont complexes ; ils présentent certains défis, a indiqué M. Paris. « Il faut développer des techniques pour découper des dalles de béton avec un minimum d’impact sur les personnes, comme notamment les horticulteurs et les aquaristes, qui continuent de travailler au Biodôme, et sur les collections — la forêt tropicale et l’aquarium — qui y sont restées.

Jusqu’à maintenant, les travaux progressent selon l’échéancier prévu et n’ont occasionné aucun dépassement de coûts, qui sont évalués à 21 millions de dollars. « Il y a eu quelques ajustements à faire, mais pas d’enjeux majeurs. On suit l’échéancier », a déclaré Laurence Lavigne Lalonde, conseillère et membre du comité exécutif et responsable d’Espace pour la vie.

« Les travaux de démolition se poursuivront pendant encore quelques semaines, puis débutera la reconstruction. En juin 2019, les travaux devraient être terminés et on se donne deux mois pour réintroduire les animaux dans les écosystèmes. On prévoit d’ouvrir au public en septembre 2019 », a précisé M. Paris.