Le possible scénario du pire avec le réchauffement climatique

La canicule ne peut pas être uniquement attribuée au réchauffement climatique.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir La canicule ne peut pas être uniquement attribuée au réchauffement climatique.

La récente canicule aurait fait 70 décès au Québec, dont 34 à Montréal seulement, selon le ministère québécois de la Santé, alors que la température avoisinait les 35 °C toute la semaine dernière. De nombreux pays de l’hémisphère Nord, du Canada à l’Écosse en passant par le nord de la Sibérie, en Russie, ont aussi enregistré des records de température.

Aucun de ces records ne peut être attribué uniquement au réchauffement climatique, mais collectivement, ils correspondent à l’idée que l’on se fait de la chaleur extrême attendue sur une planète qui se réchauffe, soulignait la semaine dernière le Washington Post, dans son « tour du monde météorologique » : 33,2 °C ont été enregistrés à Motherwell, au sud de Glasgow (Écosse), le 28 juin ; 42 °C à Erevan, en Arménie, le 2 juillet ; et 40,5 °C à Tbilissi, en Géorgie, le 4 juillet.

Selon une étude publiée dans la revue Nature Geoscience, les hausses de température à venir pourraient être deux fois plus importantes que celles que prévoient les actuels modèles climatiques. Les auteurs avancent que le niveau des océans pourrait lui aussi s’élever de beaucoup plus qu’attendu, soit six mètres ou plus, et cela, même si la cible de 2 °C, confirmée par l’Accord de Paris, n’est pas atteinte.

Trois périodes étudiées

Ces paléoclimatologues ont également documenté trois périodes de réchauffement dans les derniers 3,5 millions d’années, au cours desquelles les températures globales variaient entre 0,5 et 2 °C au-dessus des températures préindustrielles du XIXe siècle. Une première période, celle lors du maximum thermique de l’Holocène, survenue il y a moins de 10 000 ans, une seconde période entre les deux plus récentes glaciations (entre 116 000 et 129 000 ans) et la troisième, au milieu du Pliocène, il y a entre 3 et 3,3 millions d’années. Ces périodes de réchauffement s’expliquent dans le cas de la plus ancienne période de réchauffement par des concentrations de dioxyde de carbone d’un niveau qui équivaut à ceux observés aujourd’hui et pour les deux autres, par des changements de l’orbite terrestre.

Pour arriver à ces conclusions, les chercheurs ont mesuré les impacts du réchauffement du passé une fois que la situation s’était stabilisée. Ils ont découvert en analysant les trois périodes qu’un réchauffement climatique de 1 ou 2 °C s’accompagnait généralement d’une réduction substantielle du manteau de glace du Groenland et de l’Antarctique et que le niveau des océans augmentait d’au moins six mètres — beaucoup plus que ce que les actuels modèles de projection climatique prévoient pour 2100.

L’une des auteures de l’étude, Katrin Meissner, du Centre de recherche sur les changements climatiques à l’Université de Nouvelle-Galles-du-Sud, en Australie, souligne donc qu’il faut s’attendre à des impacts du réchauffement climatique encore plus importants que ceux annoncés aujourd’hui : « Durant ces périodes, il a fait plus chaud, et le niveau des océans était bien plus élevé que le laissent voir les prédictions. Une hausse de 2 °C peut paraître peu sur le papier, mais les conséquences et les changements sur les écosystèmes peuvent s’avérer dramatiques », lit-on dans le Guardian.

Des pays entiers du Pacifique et des zones urbaines très peuplées pourraient risquer d’être sous les eaux tandis que d’autres pays subiront des chaleurs extrêmes bien supérieures à ce que les actuelles prévisions alarmistes anticipent.