Une dernière recherche de Stephen Hawking publiée après sa mort

La recherche de M. Hawking suggère que le nombre possible d’univers est beaucoup plus restreint qu’on le croyait jusqu’à présent.
Photo: Joel Ryan / Invision / Associated Press La recherche de M. Hawking suggère que le nombre possible d’univers est beaucoup plus restreint qu’on le croyait jusqu’à présent.

New York — Quelques semaines après sa mort, l’astrophysicien Stephen Hawking offre ses dernières réflexions concernant la nature du cosmos, qu’il croit peut-être plus simple qu’on l’imagine souvent.

En fait, plus simple pour ceux qui sont familiers avec la physique théorique. La nature du cosmos demeure incompréhensible pour le commun des mortels.

Une recherche qui détaille ses pensées — écrite conjointement avec Thomas Hertog de l’Université de Louvain, en Belgique, avant sa mort en mars — a été publiée par le Journal of High Energy Physics. M. Hertog avait annoncé la nouvelle théorie l’an dernier, lors d’une conférence organisée pour le 75e anniversaire de M. Hawking.

L’Université de Cambridge, où le célèbre chercheur travaillait, en a annoncé la publication mercredi.

Voici une version très simplifiée de ce que dit la recherche, en commençant par quelques explications de base.

Les scientifiques croient que l’Univers est apparu lors du « Big Bang », qui a été suivi par une période d’expansion incroyablement rapide appelée inflation. Dans les limites de l’Univers observable, l’inflation est terminée depuis longtemps.

Mais certaines théories de l’inflation affirment qu’elle ne cesse jamais et qu’elle persiste éternellement dans d’autres zones du cosmos. Cette inflation interminable aurait produit un « multivers », un regroupement de petits univers au sein duquel se trouverait le nôtre.

Il pourrait y avoir un nombre infini de ces petits univers. S’ils sont tous très différents, jusqu’à quel point l’Univers que nous habitons, et où les scientifiques effectuent leurs observations, est-il représentatif ?

C’est une question de base pour comprendre les lois fondamentales de la nature, et il n’est pas facile de trouver un moyen d’estimer combien de types d’univers sont probables, explique David Kaiser, qui enseigne la physique au Massachusetts Institute of Technology.

Plusieurs chercheurs se sont attaqués à cette question, mais M. Hawking l’a examinée d’un point de vue découlant de sa longue étude de l’intersection entre la théorie quantique et la gravité, indique M. Kaiser.

La recherche de M. Hawking suggère que le nombre possible d’univers est beaucoup plus restreint qu’on le croyait jusqu’à présent. Ce qui signifie donc que « le comportement de notre propre Univers observable ne serait pas une exception rare, mais peut-être typique », a déclaré M. Kaiser par courriel.

« Naturellement, tout cela n’est que spéculation. »

Avi Loeb, du Centre d’astrophysique Harvard-Smithsonian, estime qu’il s’agit d’une « recherche stimulante, mais pas révolutionnaire ».