Un don de 15 millions à McGill

Cette Initiative interdisciplinaire en infection et immunité de McGill regroupera 250 chercheurs de l’Université McGill et de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Cette Initiative interdisciplinaire en infection et immunité de McGill regroupera 250 chercheurs de l’Université McGill et de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill.

Un grand projet de recherche collaboratif visant à accélérer la lutte contre les maladies infectieuses et autres pathologies du système immunitaire prend forme à l’Université McGill grâce à un don de 15 millions de dollars offert par la Fondation privée Doggone.

Cette Initiative interdisciplinaire en infection et immunité de McGill regroupera 250 chercheurs de l’Université McGill et de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (CUSM).

Des ingénieurs, des biologistes, des chimistes, des microbiologistes, des épidémiologistes, des cliniciens chercheurs et des spécialistes de l’implantation des soins au sein des populations vulnérables et plus difficilement accessibles travailleront en étroite collaboration, a souligné le directeur de ce grand projet, le Dr Don Sheppard, professeur de microbiologie et d’immunologie à l’Université McGill et directeur de la Division des maladies infectieuses au CUSM.

« Les chercheurs de différentes disciplines ont l’habitude de travailler dans des unités de recherche distinctes, des institutions séparées et selon des traditions spécifiques à chaque domaine. Mais si ces différents experts travaillent en équipe, ils seront beaucoup plus efficaces. L’Initiative va encourager cette façon de faire », a expliqué le Dr Sheppard.

Subventions

Ainsi, l’Initiative offrira des subventions à des équipes réunissant un universitaire effectuant de la recherche fondamentale et un clinicien.

« Chaque équipe sera invitée à présenter son projet et à en défendre la pertinence devant un comité formé de quatre personnes de la société civile. Nous accorderons une subvention pour 18 mois aux équipes sélectionnées, ce qui leur permettra de recueillir des résultats préliminaires qui seront susceptibles de convaincre les agences de financement fédérales et provinciales de leur accorder des subventions », a précisé le Dr Sheppard.

Le don servira aussi à contribuer aux fonds de contrepartie que les équipes de grands projets de recherche doivent trouver auprès d’entreprises ou de fondations philanthropiques pour être admissibles aux compétitions des agences de financement.

Axes de recherche

Cette recherche collaborative visera à mieux comprendre d’un point de vue fondamental le fonctionnement du système immunitaire, à mettre au point des méthodes diagnostiques, des traitements, et à trouver des stratégies permettant de rendre ces nouvelles approches accessibles aux populations vulnérables.

« Les taux de tuberculose au sein des populations autochtones du nord du Canada sont aussi élevés que dans les pays en développement. Une telle situation est tout à fait inacceptable, alors que nous sommes en processus de réconciliation avec ces populations », fait remarquer le Dr Sheppard.

L’Initiative s’attaquera à la résistance aux antibiotiques, ainsi qu’à toutes les pathologies mettant en jeu le système immunitaire, dont les infections émergentes, comme la maladie de Lyme et celles causées par le virus Zika et le virus Ebola.

« En manipulant le système immunitaire, on peut non seulement s’attaquer aux maladies infectieuses et aux maladies auto-immunes, mais aussi au cancer », a souligné le Dr Sheppard.

« Au cours des dix dernières années, l’immunothérapie a permis de guérir certains cancers. On a diagnostiqué un mélanome métastatique de stade 4 à mon père. On lui a administré deux doses d’une thérapie immunologique qui ont renforcé la force de frappe de son système immunitaire contre la tumeur. Sans qu’aucune chimiothérapie ou radiothérapie soit administrée, sa tumeur a disparu.

« Quand on stimule le système immunitaire contre la tumeur, on risque toutefois que celui-ci s’attaque à toutes les cellules du corps. L’immunothérapie en est encore à ses balbutiements. Mais elle est extrêmement prometteuse. »


L’oeuvre d’une Montréalaise

La fondation Doggone a été créée en 2011 par Elspeth McConnell, une Montréalaise qui a travaillé comme journaliste pour le groupe du Montreal Star avant d’épouser John Griffith McConnell, un des fils du riche financier John Wilson McConnell qui fut probablement le premier philanthrope au pays.