La station spatiale chinoise se désintègre au-dessus du Pacifique

La station spatiale Tiangong-1 à la base de Jiuquan avant son lancement en septembre 2011
Photo: Associated Press La station spatiale Tiangong-1 à la base de Jiuquan avant son lancement en septembre 2011

La station spatiale chinoise Tiangong-1 s’est désintégrée lundi lors de sa rentrée dans l’atmosphère au-dessus de la partie centrale du Pacifique Sud, au terme de deux années de vol incontrôlé en orbite.

Après plusieurs journées d’incertitude, le laboratoire spatial a fait sa rentrée dans l’atmosphère lundi vers 20 h 15 (heure de Montréal), a annoncé le CMSEO, le bureau chinois chargé de la conception des vols spatiaux habités.

« La plupart des équipements ont été détruits lors de la phase de rentrée dans l’atmosphère », a assuré le CMSEO dans un communiqué.

L’engin, en vol incontrôlé depuis 2016, a regagné l’atmosphère un peu plus tôt que prévu : le CMSEO avait annoncé auparavant que la rentrée vers la Terre s’effectuerait autour de 20 h 42, ce qui l’aurait située au-dessus de l’Atlantique Sud, au large de São Paulo.

La station spatiale abandonnée pesait environ huit tonnes mais ne devait pas causer de dégâts en tombant, avait cherché à rassurer la Chine. Pékin avait au contraire promis un spectacle « splendide », semblable à une pluie de météorites.

Le laboratoire spatial avait été placé en orbite en septembre 2011. Il devait effectuer une rentrée contrôlée dans l’atmosphère terrestre, mais a cessé de fonctionner en mars 2016, suscitant des inquiétudes quant à sa chute.

Une chance sur 700 millions

Le risque pour un être humain d’être touché par un débris spatial de plus de 200 grammes est d’un sur 700 millions, avait rappelé le CMSEO. « Les gens n’ont aucune raison de s’inquiéter », avait-il assuré.

Tiangong-1, ou « Palais céleste », a été utilisé pour des expériences médicales. Le laboratoire était également considéré comme une étape préliminaire dans la construction d’une station spatiale chinoise.

En 60 ans de vols spatiaux, il y a eu quelque 6000 rentrées non contrôlées de gros objets fabriqués par l’homme, et un seul débris a touché une personne, sans la blesser, selon Stijn Lemmens, un expert de l’Agence spatiale européenne (ESA).

Lors de la rentrée dans l’atmosphère, la chaleur croissante et les frictions entraînent la combustion ou l’explosion de la structure principale, à quelque 80 km de la Terre, d’après la même source.

La plupart des fragments se dispersent dans l’air et un petit nombre retombe relativement lentement avant de s’écraser. Le contact avec la planète a plus de chances de s’effectuer en mer : les océans occupent plus de 70 % de la surface terrestre.

La station Tiangong-1 est le 50e objet en taille à effectuer une rentrée non contrôlée depuis 1957, estime Jonathan McDowell, un astronome du Centre d’astrophysique Harvard-Smithsonian aux États-Unis.

La Chine a investi des milliards de dollars dans la conquête spatiale pour tenter de rattraper l’Europe et les États-Unis. Coordonnée par l’armée, son agence spatiale est perçue comme un symbole de la puissance retrouvée du pays.

Pékin ambitionne d’envoyer un vaisseau spatial autour de Mars vers 2020, avant de déployer un véhicule téléguidé sur la planète rouge.

Le géant asiatique souhaite aussi déployer d’ici 2022 une station spatiale habitée, au moment où la station spatiale internationale aura cessé de fonctionner. La Chine rêve également d’envoyer un homme sur la Lune.

Le « cimetière » des déchets spatiaux

Les débris de la station spatiale chinoise Tiangong-1 ont fini dans « la partie centrale du Pacifique Sud », selon le CMSEO, finalement pas si loin du Point Nemo, le cimetière des déchets spatiaux. Cet endroit perdu au milieu du Pacifique, surnommé Point Nemo en hommage au capitaine de Jules Verne, représente l’endroit le plus isolé du monde, distant de 2688 km de la première terre émergée, l’île Ducie, un atoll inhabité. « C’est plutôt une zone qu’un point », explique Florent Deleflie, astronome de l’Observatoire de Paris. Ce cimetière a déjà accueilli 250 à 300 engins spatiaux en fin de vie. Le plus célèbre restant, à ce jour, la station spatiale soviétique Mir de 120 tonnes.