La station spatiale chinoise «Tiangong 1» se désintégrera dans l’atmosphère... bientôt

Lancée en 2011, <em>Tiangong 1</em> était la première station spatiale chinoise.
Photo: Centre spatial de Jiuquan Lancée en 2011, Tiangong 1 était la première station spatiale chinoise.

La station spatiale chinoise Tiangong 1, qui n’est plus utilisée et qui culbute possiblement hors de contrôle en orbite autour de la Terre, devrait tomber dans l’atmosphère et essentiellement se désintégrer au cours des prochains jours. À quoi doit-on s'attendre? Voici quelques pistes de réponse.

Où, quand, comment ?

L’Agence spatiale européenne prédit que la station rentra dans l’atmosphère cette fin de semaine, mais prévient que cette estimation est « hautement variable », puisque la haute atmosphère ne cesse de changer et que cela influence la vitesse des objets qui la frappent.

L’agence spatiale chinoise estime que la rentrée se fera entre samedi et mercredi.

Des experts occidentaux croient que Pékin a perdu le contrôle de sa station spatiale, mais un responsable chinois a nié que Tiangong 1 soit hors de contrôle. Zhu Zongpeng a toutefois refusé de détailler ce que fait la Chine pour guider la chute de la station.

En se fiant à l’orbite de Tiangong 1, la station retombera sur Terre quelque part entre les latitudes 43 degrés nord et 43 degrés sud, soit quelque part au-dessus des États-Unis, de la Chine, de l’Afrique, du sud de l’Europe, de l’Australie et de l’Amérique du Sud.

Le Canada, la Russie et le nord de l’Europe n’ont rien à craindre.

Environ 10 % de la station devrait survivre à la chute dans l’atmosphère, probablement les pièces les plus lourdes comme les moteurs. On calcule qu’il y a moins d’une chance sur 1000 milliards qu’un humain soit frappé.

Un porte-parole du ministère chinois de la Défense a assuré que Pékin informe la communauté internationale des détails concernant la rentrée de Tiangong 1.

Les débris spatiaux d’origine humaine sont-ils courants ?

Des débris provenant de la Station spatiale internationale, des lancements de fusée ou des satellites rentrent dans l’atmosphère plusieurs fois par année, mais on ne connaît qu’une seule personne qui a été heurtée : l’Américaine Lottie Williams a été frappée, mais non blessée, par une pièce d’une fusée Delta II pendant qu’elle s’entraînait dans un parc de l’Oklahoma en 1997.

Le laboratoire spatial américain de 77 tonnes Skylab a plongé dans l’atmosphère en 1979, éparpillant des débris dans les rues de la ville australienne de Perth — qui a ensuite remis aux États-Unis une amende de 400 $US pour malpropreté.

Plus de 80 000 pièces de la navette spatiale Columbia sont retombées sur le sud des États-Unis après son explosion en plein vol en 1983. Personne au sol n’a été blessé.

En mars 2001, le laboratoire spatial russe Mir, qui pesait environ 120 tonnes métriques, est rentré de manière contrôlée dans l’atmosphère pour tomber dans le Pacifique.

Le programme spatial chinois a fait sourciller en 2007 quand il a utilisé un missile pour pulvériser un satellite désuet, donnant naissance à un champ de débris potentiellement dangereux.

On a brièvement craint pour la sécurité humaine en 2011 quand un satellite américain est retombé sur Terre après une vingtaine d’années en orbite. Les pièces se sont éventuellement abîmées dans le Pacifique.

À quoi servait Tiangong 1 ?

Lancée en 2011, Tiangong 1 était la première station spatiale chinoise. Elle a servi de plateforme expérimentale pour des projets plus ambitieux comme la station Tiangong 2, lancée en 2016, et une éventuelle station chinoise permanente.

La station, dont le nom signifie « palais céleste », a accueilli deux missions habitées et notamment la première taïkonaute de l’histoire du pays. Elle a permis de tester des procédures d’amarrage et d’autres opérations. Son dernier équipage est reparti en 2013 et tout contact avec elle avait été perdu depuis 2016. On gardait quand même un oeil sur elle pendant que son orbite la rapprochait graduellement et naturellement de la Terre.

La station est composée de deux modules, un pour ses panneaux solaires et ses moteurs et l’autre qui servait de laboratoire et de dortoir pour deux taïkonautes. Un troisième taïkonaute dormait à bord des capsules Shenzhou qui s’amarraient à la station.

Où en est rendu le programme spatial chinois ?

La première mission spatiale habitée de la Chine en 2003 lui a permis de devenir le troisième pays, après les États-Unis et la Russie, à envoyer un homme dans l’espace. Elle attaque depuis ce moment des projets de plus en plus ambitieux, notamment une sortie dans l’espace et l’envoi du robot « Lapin de jade » sur la Lune.

Le premier module de 20 tonnes d’une station spatiale permanente doit être lancé l’an prochain. La station entière de 60 tonnes devrait être opérationnelle en 2022 et être utilisée pendant au moins dix ans.

La Chine a été exclue du programme de la Station spatiale internationale en raison d’une loi américaine qui interdit une telle coopération et en raison des liens étroits qui unissent le programme spatial du pays à ses forces armées. Le programme spatial chinois est entouré de secret et plusieurs experts expliquent que le manque de données au sujet de Tiangong 1 empêche de prédire ce qui se produira lors de sa rentrée dans l’atmosphère.

Une autre mission vers la Lune, avec comme objectif de ramener des échantillons de sol, est planifiée pour 2020. La Chine prévoit aussi devenir le premier pays à poser une sonde en douceur sur la face cachée de la Lune.