Réinventer le Biodôme

Une nouvelle passerelle permettra de rejoindre la mezzanine, d’où les visiteurs auront un nouveau point de vue qui leur permettra d’observer de plus près les animaux qui habitent la canopée.
Photo: Biodôme Une nouvelle passerelle permettra de rejoindre la mezzanine, d’où les visiteurs auront un nouveau point de vue qui leur permettra d’observer de plus près les animaux qui habitent la canopée.

Le Biodôme fermera ses portes, le mardi 3 avril, pour une période de 18 mois durant laquelle seront effectués non seulement d’importants travaux de rénovation, mais aussi un renouvellement architectural et scénographique des principaux écosystèmes.

Les changements projetés offriront aux visiteurs une expérience sensorielle et immersive encore plus intense, et permettront d’accueillir de nouvelles espèces animales, dont fort probablement un grand fourmilier.

« L’entrée sera ouverte, mais on conservera la structure principale d’époque en béton afin de rendre hommage à ce bâtiment patrimonial », a expliqué lors d’une visite de presse l’architecte Rami Bebawi, qui dirige l’équipe de KANVA ayant conçu le projet de rénovation qui a été retenu lors d’un concours international d’architecture.

« On quittera l’écosystème urbain en pénétrant dans un tunnel qui nous amènera au centre du bâtiment, qui sera vidé pour créer une plateforme semi-circulaire [dénommée le noyau] qui donnera accès aux différents écosystèmes qui seront enveloppés d’une membrane blanche, souple et courbe. On multiplie ainsi les possibilités de parcours, contrairement au parcours linéaire actuel, ce qui permettra au visiteur de personnaliser sa visite selon ce qui se passe à l’intérieur des différents écosystèmes », a-t-il précisé.

Dans la forêt tropicale humide, une nouvelle passerelle permettra de rejoindre la mezzanine, d’où les visiteurs auront un nouveau point de vue qui leur permettra d’observer de plus près les animaux qui habitent la canopée, dont de nouveaux aras que l’on prévoit d’acquérir.

« La forêt tropicale est étagée, il y a autant de vie à la cime des arbres qu’au sol », fait valoir Yves Paris, directeur par intérim du Biodôme.

Au niveau de la mezzanine, le visiteur pourra aussi redécouvrir les immenses lanterneaux qui faisaient la renommée du vélodrome et voir les coulisses du Biodôme, où sont normalement dissimulées les installations qui permettent « de recréer la nature à l’intérieur ».

À partir du noyau, le visiteur accédera aux habitats subpolaires par un tunnel de glace qui le conduira face à l’écosystème subantarctique dans lequel vivent actuellement quatre espèces de manchots, auxquels devrait se joindre une cinquième espèce, le manchot à jugulaire.

Un mur de glace séparera cet écosystème où la température ne dépasse pas les 5° Celsius de celui des côtes du Labrador, dans lequel le visiteur sera totalement immergé puisqu’aucune vitrine ne le séparera des pingouins. « Le visiteur ressentira le froid, entendra les cris, sentira les odeurs émanant de cet écosystème maintenu à 10 ou 12 °C », souligne M. Bebawi.

Grâce à une nouvelle passerelle atteignant la mezzanine, le visiteur pourra désormais observer toutes les strates de l’écosystème du golfe du Saint-Laurent. De plus, l’amélioration des systèmes de filtration permettra d’intégrer de magnifiques bancs de flétans et de maquereaux aux autres espèces typiques du golfe.

Dans l’érablière des Laurentides, il sera désormais beaucoup plus facile d’observer les lynx, car on retirera le tunnel de béton actuel qui réduisait les possibilités de les voir et réverbérait les voix des visiteurs, qui dérangeaient les félins. À cet endroit, on érigera plutôt une hutte de castor de grandeur humaine.

« Pendant les travaux, certains animaux resteront au Biodôme dans des espaces aménagés pour eux. La plupart seront déplacés dans d’autres installations d’Espace pour la vie, aux zoos de Granby et de Calgary ou dans des aquariums canadiens et américains accrédités.

« Les animaux ont été préparés au déménagement. Par exemple, on a tendu un filet à proximité des ibis afin qu’ils s’y habituent. On a aussi entraîné le caïman et les manchots à entrer par eux-mêmes dans leur boîte de transport. Et dans la mesure du possible, les animaliers iront soigner les animaux dont ils avaient la charge dans les nouveaux sites où ils auront été déplacés », précise M. Paris.