Près de 4 milliards pour la recherche scientifique

Les annonces du budget de mardi font en sorte d’augmenter de 25% en trois ans les budgets annuels des conseils subventionnaires, calcule le gouvernement.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Les annonces du budget de mardi font en sorte d’augmenter de 25% en trois ans les budgets annuels des conseils subventionnaires, calcule le gouvernement.

C’est un coup de barre majeur : le budget 2018 de Bill Morneau injecte plus de 3,8 milliards dans le système de recherche du Canada, ce qui inclut la « réinvention » du Conseil national de recherches du Canada (CNRC).

Le geste représente « le plus grand investissement de l’histoire du Canada dans la recherche fondamentale dirigée par des chercheurs principaux », a soutenu le ministre des Finances dans son discours du budget.

Selon le gouvernement, l’argent fournira une « occasion inégalée d’apporter de vrais changements » à ce domaine — pas seulement d’améliorer la situation actuelle.

Le budget souligne l’importance de la recherche scientifique, qui « touche à tout : de la qualité de l’eau et de l’air à la sécurité alimentaire, en passant par le développement de médicaments et de vaccins qui jouent un rôle crucial dans la protection et l’amélioration de la vie des Canadiens ».

C’est le rapport du Comité d’experts de l’Examen du soutien fédéral aux sciences qui a convaincu Ottawa de la nécessité d’agir.

Le document mettait en lumière « un certain nombre de difficultés qui nécessitent une intervention urgente », reconnaît le budget Morneau : importance d’investir dans l’avenir de la recherche au Canada, de soutenir les jeunes chercheurs, de reconnaître que « la recherche de pointe est de plus en plus internationale et interdisciplinaire, qu’elle présente des risques élevés et qu’elle demande des résultats rapides ».

« Le gouvernement a entendu le message fort et unanime de la communauté scientifique », affirme le ministre Morneau. L’argent vise à rendre le milieu de la recherche canadien « plus réceptif, plus souple et plus moderne ».

Entre autres choses, on note :

3,23 milliards en investissement dans les scientifiques et les chercheurs canadiens. Le montant comprend 1,2 milliard sur cinq ans pour les conseils subventionnaires (Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada et les instituts de recherche en santé du Canada) ; 763 millions pour la Fondation canadienne pour l’innovation ; 572 millions pour exploiter les données massives ; 210 millions pour la création souhaitée de près de 250 chaires de recherche supplémentaires d’ici 2012 ;

627 millions pour des « sciences fédérales plus solides », soit 540 millions pour cette réinvention du Conseil national de recherche et 87 millions pour rénover les laboratoires fédéraux.

Les annonces du budget de mardi font en sorte d’augmenter de 25 % en trois ans les budgets annuels des conseils subventionnaires, calcule le gouvernement. Les conseils sont des organismes indépendants qui fournissent du financement pour soutenir le travail des chercheurs dans différents établissements.

Ottawa attend maintenant des conseils de « nouveaux plans, stratégies et cibles », permettant notamment d’« atteindre une plus grande diversité parmi les bénéficiaires de ce financement » — on parle ici spécifiquement des femmes, des groupes sous-représentés et des chercheurs en début de carrière.