Les gras saturés seraient responsables de symptômes dépressifs et anxieux

Concrètement, il est préférable de minimiser les gras d’origine animale, les produits laitiers et les aliments transformés.
Photo: iStock Concrètement, il est préférable de minimiser les gras d’origine animale, les produits laitiers et les aliments transformés.

Mauvaise nouvelle en ce jour de la Saint-Valentin : le chocolat qu’on vous offre aujourd’hui dans l’espoir d’attiser votre amour pourrait vous plonger dans la dépression et l’anxiété si vous en abusez. Une nouvelle étude a en effet montré qu’une alimentation riche en gras saturés, dont se compose l’huile de palme, principal ingrédient de maints chocolats, non seulement favorise l’obésité et le diabète, mais engendre aussi des comportements dépressifs, anxieux et compulsifs chez la souris.

La doctorante Léa Décarie-Spain, ainsi que les chercheurs Stéphanie Fulton et Thierry Alquier du Centre de recherche du CHUM, en sont venus à cette conclusion lors d’expériences menées chez des souris auxquelles on offrait une diète composée de protéines, de 10 % de sucrose et de 50 % de gras, qui étaient saturés (sous forme d’huile de palme) pour la moitié d’entre elles et de gras mono-insaturés (huile d’olive) pour l’autre moitié. Bien que les souris des deux groupes soient devenues obèses en l’espace de douze semaines, seules celles qui avaient consommé des gras saturés présentaient des changements métaboliques caractéristiques d’un état prédiabétique, ainsi que des comportements dépressifs, anxieux et compulsifs, comme en témoignait leur recherche incessante et incontrôlable de croquettes de sucrose.

Les chercheurs ont ensuite observé que la diète riche en gras saturés augmentait la présence de molécules associées à l’inflammation dans la circulation, ainsi que dans le noyau accumbens, une structure du cerveau intervenant dans l’humeur, le plaisir et le sentiment de récompense. Plus précisément, ils ont remarqué que l’inflammation dans le noyau accumbens était induite par le « nuclear factor kappa-b », une molécule reconnue pour son implication dans l’inflammation associée à l’obésité, ainsi que pour un rôle possible dans la dépression.

Lorsque les scientifiques ont inhibé l’activité de cette molécule pro-inflammatoire par une manipulation génétique, les souris ont vu l’inflammation de leur noyau accumbens disparaître en même temps que leurs symptômes dépressifs et anxieux, ainsi que leurs comportements compulsifs, ce qui confirmait le rôle de l’inflammation dans la dépression associée à l’obésité. Selon les chercheurs, cette découverte met en évidence une nouvelle cible à viser dans le traitement de la dépression.

Les chercheurs ont également constaté que les symptômes anxio-dépressifs — découlant de l’inflammation du noyau accumbens engendrée par la diète riche en gras saturés — que les souris présentaient influençaient leur comportement alimentaire subséquent. « Il était plus difficile pour elles de contrôler leur recherche de sucrose, ce que nous interprétons comme le cercle vicieux dans lequel se retrouvent les personnes obèses. Comme leur alimentation [riche en gras saturés] affecte [négativement] leur cerveau, elles ont plus de difficulté à modifier leurs comportements [alimentaires]. De plus, leur état dépressif et anxieux les incite à rechercher du réconfort, voire une sensation de plaisir, dans la nourriture. Aussi, leurs comportements compulsifs induits par une diète riche en gras saturés les poussent probablement à manger [toujours plus] », explique la doctorante Léa Décarie-Spain.

Minimiser certains produits

Cette étude qui a fait l’objet d’un article dans la revue Molecular Metabolism met en évidence de nouveaux effets délétères des gras saturés sur la santé, soulignant ainsi l’importance de privilégier plutôt les gras insaturés dans notre alimentation. Concrètement, il est préférable de minimiser les gras d’origine animale, les produits laitiers et les aliments transformés, comme les pâtisseries et les chocolats qui sont très souvent préparés avec de l’huile de palme, et d’opter plutôt pour des huiles végétales et des noix, comme sources de gras.

Même si les auteurs de l’étude incriminent avant tout les gras saturés, ils croient néanmoins que c’est « la combinaison des gras saturés avec le sucre » qui est responsable de l’émergence de l’inflammation et des effets néfastes observés, car certaines études ont suggéré qu’en l’absence de sucre, les gras saturés seuls ne l’induisaient pas. « Le chocolat contient souvent de l’huile de palme et beaucoup de sucre, une combinaison qui est potentiellement dangereuse si on en consomme trop », affirme la doctorante.