L’intelligence artificielle au service de la communauté

Stéphane Gagné Collaboration spéciale
L’Internet des objets connaît actuellement un fort développement.
Photo: iStock L’Internet des objets connaît actuellement un fort développement.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

À l’École de technologie supérieure (ETS), la vie intelligente passionne. Une passion qu’on souhaite contagieuse. Inauguré en septembre 2016, le LabVI s’ouvre aujourd’hui à la communauté grâce à son portail. Il offre la possibilité aux entreprises, aux étudiants et aux citoyens de soumettre des projets de recherche. Les chercheurs souhaitent ainsi rendre la technologie plus accessible et au service des gens.

Certaines des résidences étudiantes de l’ETS sont uniques en leur genre. Elles sont équipées de capteurs (de mouvement, de qualité de l’air, de bruit, etc.) et d’appareils intelligents (électroménagers, chaîne stéréo). Ces appareils sont interconnectés et ont donc accès aux données des autres appareils. Grâce à ce dispositif, on espère améliorer le confort des usagers, améliorer la qualité de l’air et réduire la consommation d’énergie et d’eau.

Le LabVI, créé par Vidéotron, Éricsson, l’ETS et le Quartier de l’innovation (QI), s’intéresse à ce type d’expériences très technologiques. « L’expérience dans les résidences pourrait être étendue à l’ensemble du QI », affirme Charles Despins, doyen de la recherche à l’ETS et professeur au Département de génie électrique de l’école. L’ETS est au coeur du QI, délimité par le boulevard René-Lévesque au nord, le canal de Lachine au sud, la rue Atwater à l’ouest et la rue McGill à l’est.

Comme autre projet, le LabVI s’intéresse notamment à la transmission de données par la lumière DEL, appelé Light Fidelity (LiFi). Un mode de transmission dont le débit est de 10 à 50 fois plus rapide que le wifi et sans émission d’ondes électromagnétiques nocives. On planifie aussi de développer des outils évoluant vers la 5G (le prochain standard pour la téléphonie cellulaire) et l’Internet des objets (IdO).

Un centre de recherche ouvert à la communauté

Le LabVI ne veut surtout pas travailler en vase clos. « Grâce à notre portail, les entreprises, les étudiants et les citoyens sont invités à présenter des projets ou des idées, explique Damien Silès, directeur général du QI, qui souhaite profiter de l’emplacement stratégique du LabVI. Nous sommes situés dans un secteur du centre-ville où l’on trouve une mixité intéressante composée de travailleurs, de résidents et d’étudiants. »

Charles Despins dit avoir déjà reçu des projets de recherche par l’entremise du portail. « Pour le moment, ils proviennent surtout d’entreprises, dit-il. Nous aimerions à terme transformer le QI en quartier de démonstration de nouvelles technologies et de meilleures pratiques d’utilisation. Par exemple, nous pourrions tester des solutions innovatrices en commerce électronique avec les commerces du quartier. »

M. Despins aimerait que les technologies développées fassent l’objet d’une bonne acceptabilité sociale. Pour lui, Uber est un mauvais exemple d’une entreprise technologique qui s’est implantée souvent sans l’accord des acteurs en place (ex. : villes et entreprises de taxi) et en ne respectant pas la réglementation en vigueur. Il faut éviter cela, selon lui.

Deux nouvelles chaires à l’ETS

Récemment, deux nouvelles chaires ont vu le jour à l’ETS. Il s’agit de la Chaire de recherche industrielle CRNSG-EERS en technologies intra-auriculaires (CRITIAS) et de la Chaire de recherche ArianeGroup. La première doit permettre, grâce à un budget de quatre millions de dollars sur cinq ans, de mettre au point des technologies destinées à protéger l’oreille et à communiquer plus facilement dans le bruit. Le volet de recherche le plus innovateur de la CRITIAS consistera à analyser les signaux physiologiques perçus à l’intérieur de l’oreille (flux sanguin, respiration). Cela ouvrira la voie à de nouvelles applications en télémédecine telles que la surveillance des pilotes d’avion.

La Chaire de recherche ArianeGroup, permettra à l’entreprise européenne ArianeGroup (fabricant de lanceurs de satellites) d’établir un partenariat de recherche et de transfert technologiques avec l’ETS. Il s’agit d’une première présence physique de l’entreprise au Canada. Le titulaire de la Chaire, Sylvain Cloutier, travaillait déjà en collaboration avec ArianeGroup. Le premier projet de recherche consistera à mettre au point un revêtement intelligent anticorrosif, applicable sur les structures en alliage d’aluminium des lanceurs. Un deuxième projet permettra d’améliorer les procédés de préparation de surfaces des lanceurs grâce à l’utilisation de procédés tels que les sources laser.

1 commentaire
  • Olivier Côté - Abonné 4 décembre 2017 21 h 36

    Sujet d'avenir et hyper intéressant pour Montréal.

    L'intelligence artificielle est un vecteur hyper intéressant pour l'avenir des technologies à Montréal, je suis enthousiasme de savoir que l'ÉTS plonge dans ce monde et contribue à former la relève dont le marché du travail à bien besoin.

    Aussi, merci au devoir de faire rayonner ce sujet dans la population en générale, de faire connaitre ce monde qui transformera à coup sûr demain.