Une faille de sécurité menace les réseaux sans fil de la planète

Tous les réseaux modernes sont à risque, selon des chercheurs.
Photo: Omar Torres Archives Agence France-Presse Tous les réseaux modernes sont à risque, selon des chercheurs.

San Francisco — Des chercheurs ont découvert une vulnérabilité dans le protocole WPA2 qui sert à protéger les échanges Wi-Fi et qui pourrait permettre à des pirates d’y accéder, a rapporté lundi l’équipe d’intervention en cas d’urgence informatique des États-Unis (US-CERT).

Le CERT a toutefois gardé le secret sur cette faille pendant plusieurs semaines le temps d’y remédier et sécuriser les réseaux, écrit le site Ars Technica, qui a révélé initialement cette faille et les mesures prises par le CERT.

Concrètement, un dispositif de chiffrement qui devrait être à usage unique peut en réalité être réutilisé plusieurs fois au cours de la procédure d’identification, ce qui « affaiblit complètement le chiffrement », écrit Ars Technica.

Le CERT, qui fait partie du Département de la sécurité intérieure (Homeland Security) des États-Unis, a indiqué que la faille avait été initialement découverte par des chercheurs de l’université de Louvain, en Belgique.

Ceux-ci ont indiqué dans un blogue que la faille pouvait être utilisée « pour avoir accès à des informations que l’on pouvait penser chiffrées en toute sécurité ».

« Cela peut-être utilisé pour dérober des informations sensibles comme des numéros de carte de crédit, des mots de passe, des messages sur des sites ou par courriel, des photos, etc. », ajoutent les chercheurs belges, en indiquant que « tous les réseaux Wi-Fi modernes protégés » sont concernés.

« Selon la configuration du réseau, il est aussi possible d’injecter et de manipuler des données » par le biais de logiciels malveillants en utilisant cette faille.

Faut-il avoir peur?

Tout le monde a raison d’avoir peur. En pratique, cela veut dire que les pirates peuvent lire une bonne partie du trafic sur les réseaux Wi-Fi avec plus ou moins de difficulté.

Les chercheurs de l’université de Louvain l’ont appelée « KRACK » (Key Reinstallation AttaCK), car elle permet aux pirates d’insérer une nouvelle clé dans les connexions Wi-Fi privées.

« Tout le monde a raison d’avoir peur », a affirmé Rob Graham, de Errata Security, dans un blogue. « En pratique, cela veut dire que les pirates peuvent lire une bonne partie du trafic sur les réseaux Wi-Fi avec plus ou moins de difficulté selon la configuration du réseau », ajoute-t-il.

Wi-Fi Alliance, un groupe qui fixe les normes pour les réseaux sans fil, a toutefois souligné que les utilisateurs ne devaient pas céder à la panique.

« Il n’y a pas d’évidence que cette faille ait déjà été exploitée à de mauvaises fins et l’alliance a pris des mesures immédiates pour que les réseaux Wi-Fi soient utilisés en toute sécurité », a indiqué l’organisation dans un communiqué

« Wi-Fi Alliance demande maintenant que des essais soient faits pour tester cette faille sur le réseau et fournit un outil pour la détecter à tous ses membres », ajoute-t-on de même source.

Ars Technica souligne cependant que, quand bien même l’US-CERT a discrètement prévenu la profession, « la grande majorité des points d’accès existants ne devraient pas bénéficier d’un correctif rapidement, et certains risquent de ne pas en avoir du tout ».

« Si les rapports initiaux sont avérés et que les failles permettant de contourner le chiffrement sont faciles à utiliser […], il est probable que les attaquants seront en mesure d’espionner le trafic Wi-Fi à proximité lorsqu’il passe entre les ordinateurs et les points d’accès », écrit-t-il notant que cela peut « ouvrir la porte à des piratages visant les noms de domaine des utilisateurs », ajoute le site Internet.