Electronic Arts ouvre son studio montréalais

Electronic Arts a installé ses pénates dans un immeuble du centre-ville. À terme, près de 500 créateurs, ingénieurs et programmeurs devraient mettre la main à l’ordinateur pour faire du studio de Montréal l’un des plus importants d’Electron
Photo: Electronic Arts a installé ses pénates dans un immeuble du centre-ville. À terme, près de 500 créateurs, ingénieurs et programmeurs devraient mettre la main à l’ordinateur pour faire du studio de Montréal l’un des plus importants d’Electron
Alain Tascan, le directeur général du studio montréalais d'EA, était tout sourire hier, à l'occasion de la visite médiatique des nouveaux locaux de la compagnie, maintenant fixée au rez-de-chaussée du 3, Place Ville-Marie. «Nous sommes en avance sur les plans dévoilés à la fin de l'été, a-t-il révélé. Toutes les convictions qu'on avait en venant ici se concrétisent. Le mariage entre EA et Montréal est parfait.»

La multinationale californienne, qui a notamment des studios à Chicago et à Vancouver, en plus de Silicon Valley, emploie 40 personnes dans la métropole, soit 20 de plus qu'on le prévoyait à cette date. Entre 30 et 40 autres spécialistes du jeu vidéo viendront les rejoindre d'ici juin, prévoit Alain Tascan. À terme, près de 500 créateurs, ingénieurs et programmeurs devraient mettre la main à l'ordinateur pour faire du studio de Montréal l'un des plus importants pour EA dans le monde.

«Nous devions commencer à développer un seul jeu cette année, mais les directeurs du siège social ont été si impressionnés par la qualité du travail que nous collaborons également avec deux autres studios d'EA pour mettre au monde des projets conjoints. C'est plus de travail que prévu, mais ça reflète le dynamisme de nos employés», explique Alain Tascan.

Quand EA Montréal fonctionnera à plein régime, l'objectif consistera à développer quatre jeux de A à Z en même temps. «Je savais qu'il y avait du talent à Montréal, mais ce qui m'étonne, c'est l'énergie de la ville, la liberté des résidants», soutient le directeur, qui a roulé sa bosse dans plusieurs studios de création sur la planète.

L'attrait de la métropole et le nom prestigieux d'EA contribuent d'ailleurs à ramener des talents égarés dans le monde. Des Québécois exilés en Californie et en Europe reviennent à Montréal, alors que des créateurs anglais, suisses, américains et canadiens convergent vers la métropole pour profiter «de la masse critique qui se forme ici, avec nous, Ubisoft et les autres très bonnes compagnies de l'industrie, souligne Alain Tascan. On renverse la fuite des cerveaux, dit-il. C'est le seul moyen de combattre l'attrait de l'Inde et des pays émergents. Il faut une masse critique. Et c'est ce qui se développe à Montréal.»

Le centre-ville plutôt que la Cité du multimédia

Dans les locaux d'EA, les écrans plats et les systèmes informatiques dernier cri sont dispersés dans deux salles. L'une pour la vingtaine de créateurs, véritables artistes sur ordinateur avec leurs crayons numériques, l'autre pour la quinzaine d'ingénieurs et programmeurs. Les salles sont couvertes de couleurs vives et bordées par des bureaux de superviseurs... encore déserts.

Mais ils se rempliront et EA est prête pour une expansion rapide. Uniquement un tiers des 25 000 pi2 sont occupés actuellement. Les autres locaux, immenses et encore plus aérés que les deux salles actuelles, n'attendent que les nouveaux employés. À terme, presque tout le rez-de-chaussée sera signé EA.

En visitant le studio, on se croirait plus près de la Cité du multimédia que de la tour Banque Royale adjacente. Pourquoi, au fait, ne pas avoir pris place dans cette cité ou dans celle du commerce électronique, quelques centaines de mètres plus loin? «Nous voulions un endroit encore plus central, explique Alain Tascan. Il fallait être là où ça bouge, où les transports en commun sont les plus efficaces. Pour attirer les meilleurs talents au monde, il faut être dans le meilleur emplacement possible, même si ça coûte un peu plus cher.» Les crédits d'impôt alloués spécifiquement aux deux cités ayant disparu, EA avait donc le champ libre pour investir le centre-ville.

Alain Tascan voulait aussi des créateurs plus urbains. Une conception et une imagination qui s'imprègnent des courants de la ville. «Tous les studios d'EA sont situés dans des banlieues hi-tech, explique-t-il. Les employés travaillent dans de majestueux locaux équipés de grands gymnases. Moi, je voulais attirer des gens différents. Du monde qui aime la ville et qui adore être au centre de ce qui se passe. Ça va faire des créations plus urbaines, plus à la mode.» Question de créer une personnalité distincte au studio montréalais, dit-il.

EA emploie actuellement 4000 personnes sur la planète, dont 1300 au Canada. Son chiffre d'affaires en 2003 a atteint 2,5 milliards $US. L'entreprise, spécialisée dans les jeux de sports comme FIFA Soccer ou NBA Live, détient la licence pour Le Seigneur des anneaux et Harry Potter. Sans compter le succès mondial que représente The Sims. Depuis 12 mois, la compagnie a décroché 27 titres platines, soit des jeux vendus à plus de un million d'exemplaires.

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