Un nouveau vaccin contre le virus Zika se montre prometteur

Un homme tient son bébé de six mois atteint de microcéphalie dans la salle d’attente d’un hôpital de Rio de Janeiro, au Brésil.
Photo: Vanderlei Almeida Agence France-Presse Un homme tient son bébé de six mois atteint de microcéphalie dans la salle d’attente d’un hôpital de Rio de Janeiro, au Brésil.

Dans la revue Nature, des chercheurs affirment avoir mis au point un nouveau vaccin constitué de segments d’ARN qui s’avère si efficace pour protéger les souris et les singes contre le virus Zika qu’ils envisagent de l’expérimenter chez l’humain d’ici 12 à 18 mois.

Faute de traitements pour soigner ou prévenir la microcéphalie chez le nouveau-né et le syndrome de Guillain-Barré chez l’adulte, les chercheurs se sont lancés dans une course aux vaccins pour contrer les effets délétères du virus Zika. Au cours de la dernière année, plusieurs vaccins ont été mis au point. Certains incluent des virus inactivés, d’autres contiennent des fragments de protéines virales, d’autres encore font appel à des adénovirus complètement inoffensifs pour véhiculer des gènes du virus qui sont responsables de la synthèse de protéines virales. Parmi ces différentes concoctions expérimentales, seule celle constituée d’adénovirus a semblé fournir une assez bonne protection aux singes avec une seule dose, mais le système immunitaire avait vraisemblablement tendance à s’attaquer aux adénovirus et dans certains cas à les neutraliser avant qu’ils ne libèrent les gènes censés provoquer l’immunisation.

Un groupe de chercheurs de l’Université de Pennsylvanie, de l’Université Duke et du National Institute of Allergy and Infectious Diseases des États-Unis ont quant à eux opté pour une autre stratégie. Ils ont introduit dans des nanoparticules lipidiques deux petites séquences d’ARN messager (copie d’ADN) légèrement modifiées comprenant les instructions pour synthétiser deux protéines clés de la membrane du virus Zika. Ce vaccin mise sur le fait qu’une fois qu’ils auront pénétré dans les cellules de la personne vaccinée, ces ARN messagers se serviront de la machinerie cellulaire pour produire les deux protéines virales.

Une microdose d’ARNm

Une seule injection intradermique d’une minuscule dose de 30 microgrammes (30 millionièmes de gramme) d’ARNm à des souris a induit chez ces animaux une vigoureuse réponse immunitaire qui a culminé par la production d’anticorps. Pour éprouver l’efficacité de leur vaccin, les chercheurs ont injecté des virus Zika à des souris ayant été immunisées, ainsi qu’à des souris témoins. Ils ont alors observé que les souris ayant reçu le vaccin étaient parfaitement protégées puisqu’ils n’ont trouvé aucun virus dans leur sang lorsqu’elles ont été mises en contact avec des virus Zika deux semaines et cinq mois après l’administration du vaccin, alors que les souris témoins étaient quant à elles envahies par les virus.

Les chercheurs ont ensuite montré qu’une seule dose de 50 microgrammes d’ARNm parvenait à immuniser efficacement des macaques rhésus, une espèce de singe qui réagit comme l’humain à une infection au virus Zika. En effet, quand les singes ayant été immunisés ont reçu des virus Zika cinq semaines après leur vaccination, ils ont réussi à les éliminer complètement, contrairement aux singes témoins. Les chercheurs ont également remarqué que, 12 semaines après avoir été immunisés, les macaques présentaient toujours un niveau stable d’anticorps, ce qui leur permet de prédire que le vaccin aura vraisemblablement un effet durable.

Exempt de tout effet secondaire, le vaccin à ARNm a le grand avantage de ne nécessiter qu’une seule petite dose pour induire une neutralisation du virus plusieurs fois supérieure à celle des autres vaccins, soulignent les chercheurs. De plus, sa production devrait être plus simple et moins dispendieuse que pour les autres types de vaccin.

Les chercheurs s’apprêtent maintenant à déterminer si le vaccin arrive aussi à protéger les foetus de l’infection et des malformations qu’elle peut induire.

Le Dr Drew Weissman, professeur à l’Université de Pennsylvanie, espère commencer des essais cliniques chez l’humain dans 12 à 18 mois.

1 commentaire
  • Serge Lamarche - Abonné 3 février 2017 15 h 03

    médecine en révolution

    La médecine est dans une période révolutionaire encore une fois. Le système immunitaire est de mieux en mieux compris et pourrait aussi soigner les cancers bientôt.