Les virus se parlent et prennent des décisions de groupe

Au contraire des bactéries, les virus n’ont une vie propre qu’une fois qu’ils ont infecté un être vivant.
Photo: iStock Au contraire des bactéries, les virus n’ont une vie propre qu’une fois qu’ils ont infecté un être vivant.

« Les virus prennent des décisions de groupe » : ce n’est pas un scénario de science-fiction, mais le résumé d’un travail d’espionnage… microscopique.

Des chercheurs en virologie — l’étude des virus — détaillent en effet dans la revue Nature l’existence de signaux chimiques que laissent derrière eux des virus et qui permettent à leurs « congénères » de savoir à quel moment attaquer une bactérie.

On savait déjà que les bactéries se « parlent » — elles aussi par des signaux chimiques —, ce qui leur permet, entre autres choses, de réguler leur population en fonction des ressources disponibles. Mais le problème avec des virus, c’est qu’au contraire des bactéries, ils n’ont une vie propre qu’une fois qu’ils ont infecté un être vivant.

Une première

Pour la première fois, on a donc avec cette étude la preuve qu’ils sont suffisamment conscients de leur environnement pour s’y adapter, et de surcroît, en groupe. Comme la recherche concerne des virus — appelés phi3T —, qui infectent une bactérie — Bacillus subtilis — reste à voir si on pourrait observer cette « conversation de groupe » à plus grande échelle — lorsqu’un virus comme celui du sida infecte un être humain, par exemple.