À surveiller en 2017

Le président désigné Donald Trump a affirmé qu’il abolira des douzaines de règlements environnementaux ayant été préparés sur la foi de résultats scientifiques.
Photo: Evan Vucci Associated Press Le président désigné Donald Trump a affirmé qu’il abolira des douzaines de règlements environnementaux ayant été préparés sur la foi de résultats scientifiques.

Le président Trump

L’élection de Donald Trumpaux États-Unis inquiète de nombreux chercheurs, et ce, avec raison, puisque le président désigné rejette le consensusscientifique sur le changement climatique, qu’il considère comme une supercherie. Trump a affirmé qu’il abolira des douzaines de règlements environnementaux ayant été préparés sur la foi de résultats scientifiques. La personne qu’il a choisie pour diriger l’Environnemental Protection Agency a enjoint à l’organisme de bloquer tous les règlements visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

L’équipe Trump a également demandé les noms de tous les employés et entrepreneurs du Department of Energy engagés dans la recherche et les politiques portant sur les changements climatiques. Une demande qui est en principe interdite.

Par ailleurs, les chercheurs travaillant sur des cellules souches embryonnaires ainsi que sur des tissus de foetus craignent le pire, étant donné que le Parti républicain, qui contrôlera non seulement la Maison-Blanche, mais aussi le Congrès, a toujours été hostile aux recherches faites avec ce type de cellules.

Embryons in vitro

Jusqu’en 2016, personne n’avait laissé un embryon croître plus de sept jours in vitro. Or, cette dernière année, des scientifiques ont montré qu’il était désormais possible de permettre à des embryons humains de se développer jusqu’à deux semaines en laboratoire, soit bien au-delà du moment où on les implante habituellement dans l’utérus d’une femme. Depuis des décennies, la limite éthique pour étudier des embryons en laboratoire que s’autorisaient la majorité des chercheurs était justement de 14 jours, soit bien avant que les premiers éléments du système nerveux ne commencent à émerger. Maintenant que cette limite a été atteinte, probablement que plusieurs scientifiques voudront qu’elle soit prolongée afin de leur permettre d’étudier la période durant laquelle les organes commencent à se développer, soit entre deux et quatre semaines. Des chercheurs du Royaume-Uni ont récemment organisé des séminaires pour discuter de cette question délicate qui devrait susciter d’abondantes discussions en 2017.

À la recherche de la 9e planète

Les écoliers commençaient à bien intégrer le fait que notre système solaire ne comptait plus que huit planètes avec Mon vieux, tu m’as jeté sur un nuage, et non neuf depuis qu’on avait retiré à Pluton le titre de planète. Il leur faudra peut-être revenir à Mon vieux, tu m’as jeté sur une nouvelle planète car, en janvier 2016, deux astronomes du California Institute of Technology (Caltech), à Pasadena, ont annoncé détenir les preuves indirectes de l’existence d’une neuvième planète dans le système solaire. Il s’agirait d’une planète géante de la taille de Neptune qui effectuerait une orbite autour du Soleil en 15 000 ans. Les deux astronomes ont annoncé leur découverte après avoir observé les effets gravitationnels de cette planète sur les orbites d’un groupe de corps glacés situés au-delà de Pluton. Depuis cette annonce, plusieurs groupes d’astronomes ont pointé les plus grands télescopes du monde vers les régions du ciel où cette neuvième planète se cacherait dans l’espoir de voir un faible changement de luminosité qui confirmerait son existence.

Vaccin contre le virus Zika

Un vaccin permettant de prévenir les effets dévastateurs du virus Zika sur le cerveau des bébés pourrait faire son apparition en 2017. L’épidémie de microcéphalie chez les bébés qui avaient été infectés par ce virus alors qu’ils étaient dans l’utérus de leur mère a failli retarder la tenue des Jeux olympiques de Rio de Janeiro.

Selon la Pan American HealthOrganization (PAHO), en cette fin de 2016, 48 pays et territoires des Amériques ont rapporté plus de 532 000 cas suspects de Zika, dont 175 063 cas confirmés. De plus, 22 pays et territoires ont enregistré 2439 cas de syndromes congénitaux associés au virus et cinq pays ont fait état d’infections transmises sexuellement. Le virus est désormais présent en Afrique, dans les Amériques, en Asie et dans les pays du Pacifique.

Plus de 1500 articles scientifiques ont été publiés sur le virus, dont plusieurs mettent en évidence diverses anomalies congénitales, telles que des anomalies du cerveau, des défauts du tube neural — qui formera le système nerveux —, des anomalies oculaires, des problèmes d’audition, de l’irritabilité, des convulsions, des difficultés à s’alimenter, et d’autres problèmes encore.

Mais tous les vaccins expérimentaux qui ont été testés chez les singes ont procuré une protection complète. Une demi-douzaine d’essais cliniques à petite échelle visant à évaluer l’innocuité et le pouvoir de stimuler le système immunitaire d’au moins trois vaccins différents ont débuté chez l’humain. Si ces études cliniques confirment que ces vaccins sont sécuritaires, de nouveaux essais chez l’humain destinés à mesurer leur efficacité pourraient être effectués en 2017.

Trump, les embryons «in vitro», un 9e planète et un vaccin contre le virus Zika.