Google fait la cour aux développeurs

Google, la société derrière le populaire moteur de recherche du même nom a mis à disposition des développeurs un ensemble d'interface de programmation (API ou Application Programming Interface) permettant à ceux de pouvoir développer des nouvelles fonctionnalités dans leur logiciel, fonctionnalités qui utiliseront par la suite, la puissance du moteur de recherche californien.

Mais qu'est ce qu'une interface de programmation? Celle-ci est un ensemble de routines standards, rendant accessibles des commandes de programmation de haut niveau ne nécessitant pas une connaissance de tous les détails techniques et destiné à faciliter au programmeur le développement d'applications. Bref, ce que Google vient de donner à la communauté est un ensemble de crochets logiciels permettant à un développeur d'harnacher et d'intégrer la puissance de Google dans tout progiciel que celui-ci développe. Mais vous, amis lecteurs, je sens poindre en vous un certain scepticisme en vous demandant, "mais qu'est ce que j'en ai à foutre de ces histoires de nerds?" Pourtant, lisez bien la suite car, à court terme, vous pourriez profiter grandement des retombées de cette annonce.

Exubérant, Sylvain Carle, vice-président technologies pour la firme Messagia et auteur d'un populaire blogue destiné aux développeurs, Afroginthevalley, nous déclarait que "Google continue de faire plaisir aux geeks d'Internet. Il s'agit, de la part de Google, d'un coup de marketing intelligent."

"Depuis que la bulle Internet a éclaté et que les MBA de tout acabit s'en sont retourné dans leurs terres, ce sont de nouveaux les "geeks" qui innovent sur le réseau des réseaux. Google s'ouvre ainsi à tout le potentiel du cerveau collaboratif d'Internet, et se donne la capacité de se retrouver partout, que ce soit sur les ordinateurs de bureau et non pas juste sur les serveurs. En relâchant cet ensemble d'API, ils conservent ainsi leur réputation d'innovateurs et se trouvent de nouveau à distancer leurs plus proches concurrents. Google devient partie prenante de la fibre de l'Internet, toujours présent mais jamais intrusif."

Des bémols

De son côté, Éric Baillargeon, spécialiste de l'indexation, émet certains bémols à cette annonce. "Personnellement, j'aime encore mieux l'approche d'un programme qui se déguise avec une entête de fureteur pour interroger à sa guise n'importe lequel des moteurs ou site comme le fait AgentWebRanking ou même Linkbot. J'irais même jusqu'à croire que cette annonce peut aussi se retourner contre Google. Même si ceux-ci ouvrent un beau robinet aux assoiffés d'information, ils en contrôlent fortement le débit. Et comme ces API sont en version bêta, ma crainte est de voir Google procéder comme ils l'ont fait avec SearchOnline, c'est-à-dire couper l'accès au moteur si des royautés ne sont pas versées. Je crains que Google fasse cela avec tous les logiciels/sites spécialisés en recherches lorsque la version finale des API sera disponible."

Quoi qu'il en soit, dans la vraie vie, que pourrait faire un développeur d'applications avec ces API? Selon Sylvain Carle, en faisant appel aux interfaces de programmation de Google, un développeur de traitement de texte pourrait permettre à un utilisateur "de surligner un mot dans un texte, et sans quitter l'application, procéder à une recherche dans Google sur le dit mot. Un outil de veille stratégique pourrait directement faire appel à Google, analyser les résultats reçus et faire un envoi personnalisé aux personnes concernées". Les possibilités ainsi offertes par Google sont infinies, la seule limite étant l'imagination des programmeurs.

D'ailleurs, moins d'une heure après la mise en circulation des API de Google, on pouvait déjà voir sur de nombreux blogues des applications sommaires utilisant la technologie Google. De conclure Sylvain Carle, "les utilisateurs verront rapidement tous les bénéfices de cette annonce dès que les développeurs rendront le fruit de leur travail disponible. C'est à ceux-ci de faire l'intégration de Google dans leurs applications". Mais à voir l'enthousiasme de programmeurs se répandre comme une traînée de poudre sur Internet, il y a fort à parier que nous verrons très bientôt des idées totalement délirantes et pratiques issues de leur cerveau.

Googleries (1)

Le saviez-vous? Contrairement à bien des firmes établies sur la Toile, Google a su résister à la tendance d'investir dans des serveurs de haute puissance, vendus à des coûts prohibitifs. Quels types d'ordinateurs font turbiner le moteur de recherche Google sur Internet? Les PC les moins chers possibles, avec, comme système d'exploitation, le Linux de RedHat. Dans une entrevue donnée au cybermag français 01net, Larry Paige de Google déclarait: "Quand une machine tombe en panne, on n'essaie même pas de la réparer, on achète un nouveau PC que l'on ajoute au réseau." Et toc!

Googleries (2)

Comme la plupart des internautes, vous vous rendez directement sur le site de Google pour chercher. Que diriez-vous d'avoir Google, et plusieurs autres outils de recherche directement accessible de votre fureteur sans devoir à chaque fois entrer l'adresse du site? C'est possible maintenant avec l'Ultrabar, un petit progiciel de rien du tout qui s'installe directement dans votre fureteur (Internet Explorer) et qui vous permet non seulement d'avoir accès en permanence à Google, mais aussi à n'importe quel moteur de recherche. À vous de choisir ceux que vous utilisez le plus souvent. Google, AltaVista, Lycos, mais aussi des moteurs plus spécialisés ou celui d'un site que vous visitez régulièrement. L'Ultrabar permet toutes les variations possibles. Et bonne recherche.