Les logiciels espions de plus en plus gourmands

La plupart du temps, l’internaute n’est pas prévenu du fait qu’on récolte des informations à son sujet.
Photo: iStock La plupart du temps, l’internaute n’est pas prévenu du fait qu’on récolte des informations à son sujet.

Êtes-vous surveillés sur Internet ? Plus encore que vous le croyez. Certains sites réussissent même à obtenir de votre ordinateur le niveau d’énergie qui reste dans votre batterie.

Le million de sites les plus populaires du monde anglophone : c’est ce qu’a passé au crible un outil créé sur mesure par deux chercheurs de l’Université Princeton pour détecter les informations que ces sites récoltent de leurs visiteurs — et même les informations qu’ils partagent sans prévenir leurs visiteurs. Cette récolte de données sert aux sites à offrir des publicités ciblées, voire personnalisées.

Mais l’analyse menée par Steven Englehardt et Arvind Narayanan permet de découvrir une liste d’informations beaucoup plus longue que ce qui est généralement connu, et à certains égards plus étrange : par exemple, la vitesse à laquelle votre navigateur, comme Safari ou Chrome, affiche une image, quelles polices de caractères il affiche, ou encore comment il traite le son. Ces informations et d’autres, dont celles sur la batterie, sont censées fournir au site que vous visitez l’équivalent de votre « empreinte digitale », dans l’espoir de vous envoyer des publicités de plus en plus ciblées ou même de personnaliser de plus en plus l’information qui apparaît sur votre écran.

Internautes mal informés

Cependant, le duo de chercheurs observe que, la plupart du temps, l’internaute n’est pas prévenu du fait qu’on récolte des informations à son sujet, et encore moins que ces informations sont souvent partagées avec une tierce partie. Cas type de la tierce partie : Google Analytics, trouvé sur 70 % des sites, suivi de DoubleClick, sur 50 %. Double Click appartient lui aussi à Google…

Et où ces « espions » sont-ils les plus nombreux ? Sur les sites de nouvelles. Les moins nombreux ? Les universités, les sites gouvernementaux… et les sites pour adultes.

Une note technique : selon les chercheurs, l’existence de ces espions de tierce partie a contribué à empêcher le développement de normes de connexion HTTPS plus sécuritaires. Parce qu’un site qui utiliserait une norme de connexion trop sécuritaire ne pourrait pas avoir d’espions d’une tierce partie qui récolterait des données chez lui — données dont il a besoin pour vendre de la publicité.

Englehardt et Narayanan concluent sur le fait que cette analyse n’est que la première étape d’un travail de plus longue haleine. Ils veulent mettre au point un outil qui permettrait au navigateur de l’internaute de détecter les « espions » et de les classer en fonction du type d’information que chacun de nous est prêt à laisser filer…

Pour aller plus loin

Consultez un texte sur l'outil et les résultats de recherche de Steven Englehardt et Arvind Narayanan sur les logiciels espions.

Allez voir l'outil créé pour détecter les informations recherchées sur les sites Internet.

Consultez le lien vers l'étude publiée dans «New Scientist» sur la surveillance des sites Internet.

Consultez l'article sur «l'empreinte digitale» recherchée par les logiciels espions.
1 commentaire
  • Denis Paquette - Abonné 14 juin 2016 03 h 26

    200000 morts, peut-être , est-ce assez

    De toutes les facons Hydro-Québec va laur donner toutes les énergies dont ils ont de besoin, avons nous le choix, ne sommes nous pas en train de passer a l'ère du big brother et des clônes, y a-t-il d'autres solutions, n'est ce pas la solution la plus raissonnable, 200000 milles morts en Méditérennée, n'est ce pas suffisant