Le cas du Zika

Un grand nombre d’athlètes, dont plusieurs têtes d’affiche, envisagent de ne pas participer aux Jeux olympiques de Rio, en août prochain, à cause de l’épidémie de Zika qui fait rage dans cette région du Brésil.

Selon l’Organisation panaméricaine de la santé (PAHO), on dénombrait le 2 juin dernier près de 40 000 cas confirmés et plus de 154 000 cas suspects de contamination au virus dans ce pays. Le 14 mai dernier, le ministre brésilien de la Santé précisait que Zika était responsable de 1384 cas confirmés de microcéphalie et que 3330 autres cas suspects faisaient toujours l’objet d’une investigation. La PAHO confirme aussi que la souche virale présente au Brésil accroît également le risque de développer le syndrome de Guillain-Barré, une maladie auto-immune du système nerveux périphérique qui entraîne une paralysie progressive des membres.

Devant l’ampleur de l’épidémie, 150 experts de diverses disciplines, dont plusieurs professeurs de médecine et bioéthiciens d’une dizaine de pays, ont écrit à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le 27 mai dernier, pour réclamer le changement de lieu ou le report des Jeux de Rio en raison du danger de propagation dans des régions du monde qui n’ont pas encore été touchées.

Selon Amir Attaran, un des auteurs de cette lettre, des facultés de médecine et de droit de l’Université d’Ottawa, même si les Jeux ont lieu durant la saison hivernale du Brésil, les populations de moustiques porteurs du virus pourraient ne pas décliner autant que prévu, car Rio de Janeiro a connu au cours des premiers mois de 2016 une explosion des cas de dengue — une infection transmise par des moustiques de la même espèce (Aedes aegypti) que ceux portant le virus Zika — six fois plus élevée que l’an dernier à pareille date, et ce, en dépit de la plus grande campagne d’extermination de moustiques menée à ce jour par les militaires.

Les touristes étrangers

Les experts font remarquer que les quelque 500 000 touristes étrangers qui assisteront aux Jeux et qui seront potentiellement infectés durant leur séjour pourraient, au retour dans leur pays, contaminer des proches par voie sexuelle, mais aussi transmettre le virus aux moustiques qui les piqueront, contribuant ainsi à sa propagation dans la nature. Ils soulignent le danger d’introduire ce nouveau virus dans des pays pauvres d’Asie du Sud ou d’Afrique jusqu’ici épargnés et qui ne possèdent pas les ressources pour le combattre.

En réponse à la recommandation des 150 experts, l’OMS affirme qu’« une annulation ou un changement de lieu des Jeux olympiques n’aura pas d’incidence significative sur la propagation internationale du virus Zika », déjà présent dans quelque 60 pays. L’organisation justifie sa réponse par le fait que l’épidémie est manifestement en déclin.

Néanmoins, l’OMS, les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis et l’Agence de santé publique du Canada recommandent aux femmes enceintes ou qui planifient une grossesse de reporter tout voyage dans un pays où circule le virus. Ils conseillent aussi aux partenaires sexuels masculins qui ont séjourné dans une zone de transmission d’utiliser le condom lors de toute relation sexuelle avec une femme enceinte, et ce, durant toute la durée de la grossesse. Les femmes désirant devenir enceintes devraient attendre six mois après le retour du partenaire pour avoir des relations non protégées, étant donné que le virus a été détecté dans le sperme jusqu’à huit semaines après l’infection.

Ces organisations sanitaires invitent tous les voyageurs à se protéger avec des produits insectifuges, en portant des vêtements préférablement de couleur claire qui couvrent le plus possible le corps, et à choisir un hébergement climatisé où les fenêtres et les portes sont fermées.


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