Le LANTISS s'installe à l'Université Laval - Les nouvelles technologies pour alimenter la création

L'Université Laval se prépare à inaugurer, à la fin mars, le nouveau Laboratoire des nouvelles technologies de l'image, de la scène et du son (LANTISS), un ambitieux projet de recherche et de création auquel se sont déjà associés le centre d'art Avatar de Méduse et la compagnie Ex Machina.

«Le Québec est en train de devenir un lieu incontournable dans le monde pour l'utilisation des nouvelles technologies dans les arts de la scène. Mais il s'agit à la fois d'une immense richesse et d'un danger, parce qu'il y a un risque qu'on ne puisse pas faire en sorte que cette puissance se développe à pleine capacité. Et c'est pour cela que nous avons créé LANTISS, qui va permettre aux créateurs de pousser plus loin leurs démarches, tout en formant une relève à laquelle nous allons donner des outils », explique le père du projet, le professeur Luis Thenon, qui dirige depuis 17 ans l'Atelier de recherche théâtrale de l'Université Laval.

LANTISS n'offrira pas de nouveaux programmes universitaires, mais ses travaux de recherche viendront bonifier les activités du programme de premier cycle en études théâtrales et le programme d'études supérieures en littérature et arts de la scène et de l'écran. Le professeur Thenon insiste par ailleurs sur le fait que LANTISS entend consacrer l'essentiel de son énergie à l'utilisation des procédés technologiques dans la mise en scène. Et de souligner que, en plus des séminaires et des activités de recherche, le laboratoire souhaite inviter en résidence des chercheurs et des créateurs d'ici et d'ailleurs.

Le Centre, d'une superficie de 2500 pieds carrés, sera inauguré, au cours de la semaine du 30 mars, à l'emplacement de l'ancien Centre muséographique de l'université au pavillon Casault, qui avait fermé ses portes «temporairement», il y a quatre ans. Le public sera invité à ce lancement d'une durée de quatre jours, où seront présentées diverses performances, installations et conférences, d'ajouter M. Thenon avec une verve pour le moins contagieuse.

Aux antipodes de tous ceux qui prétendent que le théâtre peine à s'adapter à notre époque, cet Argentin d'origine, qui a abandonné la chimie dans sa jeunesse pour faire des études en mise en scène, estime que, «de Calderon à aujourd'hui, le théâtre reste à la fine pointe de la technologie». Fort de cette conviction ainsi que de plusieurs autres, il a obtenu près de deux millions de dollars pour financer LANTISS, soit 800 000 dollars de la Fondation canadienne de l'innovation, le même montant du gouvernement du Québec et 200 000 dollars de l'université, d'Avatar et d'Ex Machina.

Si la nature de ces deux partenariats fait encore l'objet de négociations, on sait qu'Avatar, dont les activités de création touchent à l'univers du son, s'associera à LANTISS pour des projets d'interface de contrôle et de traitement alliant images, sons et appareillages électroniques divers. Quant au groupe de Robert Lepage, il est davantage intéressé par des programmes de recherche portant sur l'utilisation des réalités virtuelles et des concepts de projection et de diffusion d'images multiples en 2D et en 3D.

Pour assurer la survie à plus long terme du laboratoire et de ses coûteux outils de travail, M. Thenon évoque déjà la possibilité à long terme de partenariats avec le secteur privé, mais il compte aussi sur l'apport des subventions à la recherche. À ce titre, un projet touchant aux arts et à la robotique a déjà obtenu l'appui financier du Conseil des arts du Canada et du Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG). Outre le Laboratoire de robotique, le Laboratoire de vision et systèmes numériques s'associera au LANTISS dans le cadre de ses travaux sur la réalité virtuelle, entre autres. On a également fait appel au Centre d'optique, de photonique et de laser pour le développement de nouveaux procédés en projection laser et en spatialisation d'images et pour l'utilisation de la fibre optique dans la diffusion vidéo et l'éclairage.