Montréal, centre de découvertes scientifiques

Claude Lafleur Collaboration spéciale
Denis Coderre est le président d’honneur du 84e congrès de l’Acfas.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Denis Coderre est le président d’honneur du 84e congrès de l’Acfas.

Ce texte fait partie du cahier spécial ACFAS 2016

L’économie de Montréal est constamment en transformation et le maire veut maintenant renforcer nos secteurs technologiques existants tout en travaillant au développement de ceux de demain.

Pour Denis Coderre, président d’honneur du 84e congrès de l’Acfas, qui se tient cette année à l’UQAM, la recherche scientifique est essentielle au développement de Montréal. M. le maire vise en fait à faire de sa ville « encore plus un centre de découvertes scientifiques, ainsi qu’un centre de commercialisation de ces découvertes ».

À ses yeux, ce 84e congrès illustre le rôle prépondérant que Montréal entend jouer sur la scène internationale, à la fois dans le réseau des villes universitaires et dans la francophonie. « Montréal a une excellente réputation de “ville de savoir”, remarque-t-il, et nous voulons tisser des liens encore plus serrés avec nos universités et nos chercheurs, pour en faire de véritables partenaires de notre développement économique. »

Soulignant qu’il n’y a pas d’innovation sans recherche et qu’il n’y a pas de développement économique et social sans innovation, Denis Coderre maintient que Montréal est un grand centre de recherche scientifique. « Nous avons onze établissements universitaires et des centaines de centres de recherche », résume-t-il.

Collaborations tous azimuts

Durant plus d’un siècle, Montréal a été la capitale industrielle du Canada. Puis, à partir des années 1970, on a assisté au développement de secteurs de haute technologie, à commencer par l’aéronautique et la recherche pharmaceutique, puis au développement des biotechnologies et plus récemment des technologies de l’information, du multimédia et des jeux vidéo. C’est dire que d’une ville industrielle (et polluée), Montréal est devenue un centre de haute technologie (nettement plus propre).

Et les tendances actuelles nous poussent vers le développement des technologies vertes et du développement durable grâce, entre autres, à l’électrification des transports et à la mise en oeuvre de systèmes écoénergétiques. Montréal est en outre une capitale de l’investissement socialement responsable.

« On veut maintenir un dynamisme à Montréal, poursuit M. Coderre, car les cycles économiques existent depuis toujours. Ce qu’il faut, c’est entretenir le foisonnement d’idées et, donc, la recherche scientifique et l’innovation. »

Il préconise de maintenir ce dynamisme « de façon inclusive », avec les chercheurs, les entrepreneurs et les citoyens. « Dans une ville, on crée des points de rencontre pour favoriser le développement de l’innovation, de la recherche et du développement économique et social de la métropole », explique-t-il.

« Aujourd’hui, je crois qu’il faut développer les collaborations entre les différents secteurs de la recherche », propose Denis Coderre. Il cite ainsi le développement de l’« avion vert » comme exemple. « On voit un secteur en émergence — celui des technologies vertes — travailler en collaboration avec un secteur plus établi — celui de l’aérospatiale, explique-t-il. Cela permet de développer de nombreuses opportunités pour les entreprises d’ici. »

« Montréal est le premier pôle de recherche universitaire au pays, on est dans les ligues majeures ! lance M. le maire. Il faut donc renforcer nos secteurs technologiques existants, mais également travailler au développement de ceux de demain. J’évoquais les technologies propres et nous, nous travaillons là-dessus. »

Leaders dans la lutte contre les changements climatiques

« Je viens de m’engager à la COP21 en ce sens, poursuit Denis Coderre, et notre plan Transition Montréal 21 est un pas dans la bonne direction. » À ses yeux, la lutte contre les changements climatiques revient à accroître la recherche scientifique et l’innovation, ainsi qu’à « profiter du coup des occasions d’affaires qui en découlent ».

C’est ainsi que lors de la 21e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP21), M. Coderre et les élus locaux et régionaux de cinq continents réunis à Paris en décembre dernier se sont engagés à « dépasser, dans toute la mesure de leur autorité, les objectifs de l’accord de Paris 2015 ».

« Montréal assume un rôle de leadership sur la scène internationale en matière de lutte contre les changements climatiques, déclarait à l’époque M. Coderre. Et plus que jamais, poursuivait-il, les villes et les métropoles ont un rôle clé à jouer dans la lutte contre les changements climatiques [puisque] les cibles fixées par les gouvernements nationaux ne pourront être atteintes sans la contribution de celles-ci. »

De surcroît, insiste aujourd’hui le maire, tout développement doit se faire « en transparence » avec les citoyens. « C’est d’ailleurs ce que j’ai fait avec le mandat que j’ai donné à l’OCPM [l’Office de consultation publique de Montréal] concernant la réduction de notre dépendance aux énergies fossiles et l’accélération de la transition [vers les] énergies vertes », dit-il.

L’Acfas, acteur d’acceptabilité sociale

À cet effet, Denis Coderre rappelle que l’Acfas a justement pour mission de promouvoir la recherche, l’innovation et la culture scientifique dans l’espace francophone. C’est ainsi que six mille scientifiques provenant de plus de quarante pays y présentent l’état de la recherche dans tous les secteurs confondus. « C’est le plus grand congrès scientifique interdisciplinaire de la francophonie et un des plus importants dans le monde également », rappelle-t-il.

L’Acfas, c’est aussi un lieu de vulgarisation scientifique où l’on peut tous assister à des colloques et mieux comprendre les enjeux et les grands défis qui nous attendent, et auxquels la science et la technologie peuvent trouver des solutions innovantes.

Soulignant que, désormais, l’acceptabilité sociale est au coeur de toute transformation de nos sociétés, le président d’honneur du 84e Congrès considère qu’on doit tous être informés en toute transparence et participer au développement d’une culture scientifique — ce qui est justement l’un des rôles de l’Acfas.

« En résumé, je pense que “Points de rencontre” [le thème du congrès de cette année] témoigne bien de l’esprit scientifique qui se développe ; il est à la fine pointe, transdisciplinaire, transparent et inclusif, et je suis fier qu’il se déroule à Montréal », indique Denis Coderre.