Une organisation titanesque

Marie Lambert-Chan Collaboration spéciale
Le congrès est un point de rencontre entre les générations de chercheurs. « Pour plusieurs étudiants de la maîtrise et du doctorat, l’Acfas est une porte d’entrée dans le monde des congrès et des colloques. C’est là qu’ils présentent pour la première fois leurs résultats […]. C’est un excellent exercice de vulgarisation. »
Photo: IStock Le congrès est un point de rencontre entre les générations de chercheurs. « Pour plusieurs étudiants de la maîtrise et du doctorat, l’Acfas est une porte d’entrée dans le monde des congrès et des colloques. C’est là qu’ils présentent pour la première fois leurs résultats […]. C’est un excellent exercice de vulgarisation. »

Ce texte fait partie du cahier spécial ACFAS 2016

Depuis l’automne, l’UQAM est à pied d’oeuvre pour organiser le 84e congrès de l’Acfas.«  Le Devoir  » s’est entretenu avec Catherine Mounier, présidente du comité organisateur, sur les défis de tels préparatifs et sur le caractère unique de ce rendez-vous scientifique.

Près de 6000 congressistes, 228 colloques, 4000 communications scientifiques, 8 activités grand public, 150 bénévoles : le congrès annuel de l’Association francophone pour le savoir (Acfas) est assurément le rendez-vous scientifique le plus important de la francophonie. Il va sans dire qu’un tel événement exige une organisation réglée au quart de tour. Hôtesse du 84e congrès de l’Acfas, l’Université du Québec à Montréal (UQAM) a amorcé les préparatifs à l’automne dernier. « C’est une tâche titanesque ! » confirme en riant Catherine Mounier, vice-rectrice à la recherche et à la création de l’UQAM et présidente du comité organisateur du 84e congrès de l’Acfas.

« Dès le début, je me suis donné comme objectif de réaliser un congrès marquant, de faire le plus gros congrès », déclare-t-elle. Mission accomplie : l’UQAM accueillera plus de colloques et de congressistes que ne l’a fait l’Université Laval en 2013, elle qui détenait jusqu’alors le record. « On est très fiers », avoue Mme Mounier, un sourire dans la voix.

Pour contenter tous les visiteurs, l’université a mis en place une logistique tentaculaire qui va de la réservation de salles — un casse-tête complexe, car le trimestre d’été débute en même temps — à la sécurité en passant par le traiteur, les cocktails, le matériel informatique et audiovisuel, l’arrangement des kiosques, la signalétique et on en passe.

Mais avant tout, « il nous fallait construire une programmation scientifique solide, multidisciplinaire et au diapason des grands enjeux actuels », souligne Catherine Mounier. Et il fallait également avoir un président d’honneur de circonstance. « Je tenais absolument à ce que ce soit Denis Coderre, dit-elle. Avoir le maire de Montréal à nos côtés est important. Ça lance le signal que l’UQAM occupe une place de choix au sein de la ville. »

Le jeu en vaut la chandelle. « Recevoir le congrès de l’Acfas nous donne une visibilité extraordinaire. C’est le congrès le plus couvert de l’année par les médias montréalais. C’est l’occasion de montrer la beauté de notre université », affirme Mme Mounier. Après des mois où elle a fait les manchettes pour ses grèves en série, le congrès devrait en effet agir comme un baume sur l’image de l’UQAM.

Carrefour scientifique

Cette année, le rendez-vous de la recherche francophone se déroule sur le thème « Points de rencontre ». « C’est une rencontre qui transcende les frontières géographiques — nos contributeurs sont issus d’une quarantaine de pays —, mais aussi les différentes disciplines », explique Catherine Mounier.

La vice-rectrice donne en exemple un colloque intitulé « De la prévention à l’éradication du VIH : où en sommes-nous au Québec ? », qui réunit des experts en recherche clinique, en recherche fondamentale ainsi qu’en recherches épidémiologique, psychosociale et communautaire. « C’est propre au congrès de l’Acfas. On ne voit pas ça ailleurs », estime-t-elle. Pas plus qu’on ne voit rassemblés en un même lieu des colloques portant sur le Stade olympique, l’art et la violence, l’histoire du patrimoine montréalais, les enjeux des professionnels de la santé formés à l’étranger, la mode de luxe, etc. « Voilà un tout petit échantillon qui illustre à lui seul la richesse de la diversité de l’Acfas », dit-elle avec enthousiasme.

Le congrès est également un point de rencontre entre les générations de chercheurs. « Pour plusieurs étudiants de la maîtrise et du doctorat, l’Acfas est une porte d’entrée dans le monde des congrès et des colloques, observe Mme Mounier. C’est là qu’ils présentent pour la première fois leurs résultats et ils ne pourraient le faire en terrain plus accueillant. Ils ne sont pas seulement avec des spécialistes dans leur domaine, mais avec des scientifiques de tous horizons. C’est un excellent exercice de vulgarisation. Je dis toujours à mes étudiants que s’ils arrivent à expliquer leur recherche de façon vulgarisée, ils auront une meilleure compréhension de leur sujet. »

Bienvenue au public

Le congrès de l’Acfas se veut une fête de la science et il ne saurait l’être sans inviter le grand public. Plusieurs activités lui sont ouvertes gratuitement. Pendant deux jours, la place Pasteur de l’UQAM se transformera en vitrine sur les transports électriques. Des véhicules y seront exposés. Du côté du Coeur des sciences, un débat sur le sort de l’Hôtel-Dieu rassemblera des spécialistes du patrimoine, des architectes et des gestionnaires immobiliers. Comme d’habitude, l’émission Les années lumière, diffusée sur ICI Radio-Canada Première, sera enregistrée devant public.

« Le public fait vraiment partie intégrante de notre événement, martèle Catherine Mounier. En matière de transfert de connaissances, l’Acfas fait figure de précurseur. C’est bien beau de faire de la recherche chacun dans son coin, mais les scientifiques ont encore du mal à parler au grand public. Pendant cinq jours, nous avons la chance de communiquer à tous des messages importants sur des enjeux de notre quotidien. C’est la grande force de l’Acfas. »

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