L’UdeM veille à faciliter l’insertion professionnelle

Émilie Corriveau Collaboration spéciale
Le programme des Saisons de la Faculté des études supérieures et postdoctorales (FESP) aide les étudiants titulaires d’un doctorat à mieux faire face au monde du travail.
Photo: iStock Le programme des Saisons de la Faculté des études supérieures et postdoctorales (FESP) aide les étudiants titulaires d’un doctorat à mieux faire face au monde du travail.

Ce texte fait partie du cahier spécial Recherche avril 2016

Chaque année, des milliers de Canadiens obtiennent un diplôme de troisième cycle. Or, comme les offres de postes permanents de professeurs ou de chercheurs sont trois fois moindres à travers le pays que le nombre de diplômés, seule une minorité d’entre eux parviennent à décrocher un emploi en milieu universitaire au terme de leurs études. Très au fait de cette situation et désireuse de mieux outiller ses étudiants en vue d’une insertion professionnelle réussie, l’Université de Montréal (UdeM) a mis sur pied le programme des Saisons de la Faculté des études supérieures et postdoctorales (FESP). Tour d’horizon.

Lancées à l’automne 2014, les Saisons de la FESP constituent un programme destiné aux étudiants inscrits aux cycles supérieurs de l’UdeM et aux stagiaires postdoctoraux. Son objectif est double : promouvoir le développement des compétences professionnelles chez les étudiants des cycles supérieurs et faciliter leur intégration sur le marché de l’emploi.

Car dans un contexte où le nombre de titulaires de doctorats ne cesse de croître — au Canada, on parle d’une hausse d’environ 13 % depuis les 25 dernières années —, mais où parallèlement, les opportunités d’emplois offertes par les universités tendent à se raréfier, de plus en plus de doctorants et de postdoctorants doivent se détourner du milieu universitaire pour dénicher un travail au terme de leurs études.

« Lorsqu’on s’intéresse aux doctorants diplômés et aux postdoctorants, on s’aperçoit qu’ils sont environ 90 % à exercer aujourd’hui un emploi en lien avec leurs études, et ce, dans tous les milieux. Par contre, entre 70 % et 85 % d’entre eux font carrière dans l’administration publique, dans le secteur privé ou dans des organismes sans but lucratif », précise Michèle Brochu, vice-rectrice adjointe aux études supérieures de l’UdeM et administratrice exerçant les fonctions de doyenne de la FESP.

Or, les programmes de doctorat traditionnels ne comportent que rarement des formations permettant aux étudiants d’acquérir spécifiquement des compétences professionnelles extérieures à leur domaine de recherche.

« Notre objectif avec les Saisons de la FESP, c’est que les étudiants prennent conscience des autres possibilités qui s’offrent à eux. Nous leur enseignons des choses qu’ils n’apprennent pas forcément au contact de leur superviseur ni à celui de leurs pairs qui oeuvrent dans le même milieu universitaire. Nous voulons qu’ils réalisent leur valeur, qu’ils élargissent leurs horizons au contact d’étudiants de différents domaines et qu’ils développent les compétences transversales nécessaires pour bien intégrer le marché du travail », souligne la vice-rectrice adjointe aux études supérieures de l’UdeM.

Un programme à la carte

S’articulant autour de quatre thématiques, soit l’enseignement et le transfert des connaissances, l’efficacité personnelle, l’organisation de la recherche ainsi que la responsabilité sociale, l’innovation et la créativité, les Saisons de la FESP permettent aux étudiants qui s’y inscrivent de se constituer une formation à la carte.

Réunissant des doctorants et des postdoctorants d’une myriade de domaines d’études, le programme est conçu pour que tous les étudiants de troisième cycle, peu importe leur champ de compétences, puissent y trouver leur compte.

« Nous tenons plus de 75 activités différentes chaque année, commente Mme Brochu. Les étudiants sont invités à s’inscrire à celles qui les interpellent et qui répondent à leurs besoins particuliers. »

Trois types d’activités

Ces activités prennent pour l’instant trois formes : les ateliers, l’École d’été doctorale et postdoctorale, ainsi que le projet emploi.

Favorisant le renforcement de certaines compétences dont le développement a déjà été entamé au moyen de différentes activités universitaires ou professionnelles, les ateliers sont offerts avec la collaboration de professeurs et peuvent prendre la forme d’enseignements théoriques, de mises en situation ou de travaux pratiques. Par exemple, cet hiver, des ateliers intitulés « Entrevue avec les médias et rédaction administrative » ont été offerts aux étudiants.

L’École d’été doctorale et postdoctorale comporte pour sa part deux journées de formation intensives et s’adresse plus spécifiquement aux étudiants qui désirent planifier leur projet d’avenir tout en élargissant leur réseau de contacts. Chaque année, son programme se déploie autour d’un thème différent, mais ce dernier est toujours en lien avec les compétences professionnelles. En 2016, par exemple, les activités de l’École d’été seront tenues sur le thème « Pédagogie et enseignement supérieur ».

« Ce qui est fantastique avec l’École d’été, c’est qu’il y a des gens de tous les horizons qui y assistent, signale la vice-rectrice adjointe aux études supérieures de l’UdeM. Les étudiants de sciences de la santé et de sciences humaines se mêlent aux étudiants de HEC et de Polytechnique. Ça leur permet de commencer à se créer un réseau tout de suite et d’aborder certaines problématiques avec un regard différent. »

Quant aux activités de projets d’emploi, elles sont organisées en collaboration avec le Service des étudiants et des partenaires externes de l’UdeM. Prenant différentes formes, elles procurent des pistes de réflexion et des outils concrets pour permettre aux étudiants de mieux aborder leur passage du milieu universitaire au marché du travail.

Et le mentorat ?

De concert avec l’Association des diplômés de l’UdeM, la FESP travaille ces jours-ci à ajouter des activités de mentorat à son programme de développement des compétences professionnelles.

« Les anciens nous disent qu’ils sont intéressés à l’idée de rencontrer nos doctorants et postdoctorants et qu’ils sont prêts à faire du mentorat, indique Mme Brochu. C’est quelque chose qui nous enthousiasme beaucoup. Les étudiants n’apprennent pas la même chose au contact d’un superviseur qu’au contact d’un mentor. Nous pensons que ce sera un grand avantage pour eux de pouvoir profiter du savoir et des expériences de leurs prédécesseurs. »

Dans le même esprit, la FESP s’affaire à l’élaboration d’une poignée d’activités de formation pour enrichir son offre actuelle. Ces dernières s’ajouteront au programme au cours des prochains mois.