Nos écrans en «mode sommeil»?

Aux États-Unis, il est estimé que 30% des adultes et 66% des adolescents sont régulièrement en manque de sommeil.
Photo: Alain Jocard Agence France-Presse Aux États-Unis, il est estimé que 30% des adultes et 66% des adolescents sont régulièrement en manque de sommeil.

La lumière bleue émise par nos écrans dérègle nos cycles veille-sommeil et nos rythmes biologiques. Faudrait-il développer un mode sommeil pour nos écrans ?

Nous le savions déjà, téléphones intelligents, ordinateurs, tablettes et liseuses électroniques perturbent le sommeil.

Une nouvelle étude, menée par le Dr Paul Gringras de l’Hôpital pour Enfants Evelina à Londres et rapportée par la BBC, a démontré que la lumière bleue émise par les écrans inhibe la production de mélatonine, l’hormone qui assure la synchronisation du cycle veille/sommeil et la régulation de nos rythmes biologiques.

Les nouveaux modèles de téléphones intelligents avec leurs écrans toujours plus grands, toujours plus incandescents, assurant une meilleure lisibilité même dans des conditions de grand soleil, diffusent la nuit une luminosité qui renforce l’état d’éveil et empêche de dormir.

Le sommeil est réparateur, c’est bien connu. Lorsque nous dormons, nos fonctions ralentissent et notre cerveau se désintoxique. Lire un livre éclairé à lumière d’une lampe de chevet a un effet apaisant, car les ampoules ont un rendement lumineux faible. En comparaison, la lecture d’un livre sur une liseuse électronique dont l’écran est rétro-éclairé stimulera davantage le cerveau, rendant l’endormissement plus difficile.

Aux États-Unis, il est estimé que 30 % des adultes et 66 % des adolescents sont régulièrement en manque de sommeil. Au-delà des conséquences prévisibles d’un lendemain de mauvaise nuit ; état émotif, baisse du pouvoir de concentration, diminution des réflexes et de la capacité à raisonner, rester éveillé peut provoquer des troubles graves de la santé. Sans les nommer tous ici, ils vont de la prise de poids, au diabète, à un risque accru de certains cancers aux accidents vasculaires cérébraux. Priver quelqu’un de sommeil est d’ailleurs une technique d’interrogation pour affaiblir un individu.

Le Dr Gringras estime que les fabricants devraient se responsabiliser et proposer une fonctionnalité « mode sommeil » qui pourrait être activée en fin de journée pour transformer la lumière bleue en une lumière jaune et rouge avec une baisse d’intensité.

En attendant, on pourrait prendre sur soi et arrêter de consulter ses écrans bien avant d’aller se coucher — et non à l’instant même où l’on éteint et l’on pose la tête sur l’oreiller.


 
1 commentaire
  • Sylvie Cayer - Abonnée 30 novembre 2015 16 h 25

    Nouvelle étude?

    Apparemment, nous avons des chercheurs ici qui travaillent sur le même thème.
    Ci-dessous, un lien d'une émission diffusée sur Radio-Canada Première le 24 octobre:


    http://ici.radio-canada.ca/emissions/la_sphere/201