Banalisation du GPS - Sous haute surveillance

Vous vous souvenez sans doute de cette prédiction de Michel Cartier pour 2004, à savoir que nous assisterions à une banalisation du mobile et des appareils GPS. Un Ontarien vient d'apprendre à ses dépens que les technologies d'informations géospatiales sont de plus en plus répandues aux États-Unis, et qu'en plus d'être bavardes, celles-ci ont un petit côté Big Brother pas piqué des vers.

Vous planifiez un voyage en Californie, et, comme il se doit, vous décidez de louer une automobile pour explorer ce coin de pays. Prenant possession de votre véhicule, vous décidez de pousser une pointe à Las Vegas, y jouer votre héritage, et pourquoi pas tant qu'à être rendu sur place, visiter le Grand Canyon en Arizona.

Au moment de rendre le véhicule, la compagnie de location vous tend une facture de 3400 $ en lieu et place de celle de 260 $, soit le montant indiqué sur votre contrat de location. Késako vous dites-vous? La surprise est encore plus grande lorsque le représentant de la compagnie de location vous décrit dans le détail votre voyage, les lieux que vous avez visités tout en montrant les conditions du contrat rédigées dans de petits, très petits caractères. Selon les conditions écrites dans le contrat, vous devez payer un dollar du mille parcouru hors de l'État où le véhicule a été loué.

Un mouchard

Cette aventure, qui pourrait bien vous arriver si jamais vous louez un véhicule aux États-Unis, est celle qui est survenu à un Ontarien. Le mouchard? Un système de géopositionnement combinant les technologies du GPS et du sans-fil qui suit à la trace, et en temps réel, les moindres déplacements du véhicule.

Je vous laisse imaginer la surprise du voyageur et sa famille lorsque la compagnie de location lui a effectivement présenté une carte indiquant le moindre de ses déplacements.

Pour les compagnies de location, ces technologies plutôt indiscrètes et très peu respectueuses de la vie privée sont une assurance pour s'assurer que leurs clients respecteront les termes de leur contrat tout en sachant, en cas de vol où se trouve le véhicule.

Cependant, pour les partisans du respect de la vie privée, il en va tout autrement. Il peut arriver qu'un voyageur loue un véhicule pour se rendre dans une réunion stratégique où le secret est de mise. Que faire si ces informations sont révélées?

De même, comment un ou une conjointe réagira-t-il si cette carte lui tombe entre les mains et révèle que le partenaire supposément amoureux a profité de son voyage pour visiter son ou sa petit(e) amie? Plus indiscret encore? Un client d'une agence de location du New-Hampshire a reçu une facture de plus de 450 $ en raison d'un dépassement de la vitesse limite.

Bref, amis lecteurs, n'hésitez pas à lire attentivement les petits caractères de votre contrat si vous voyagez aux États-Unis et que vous avez l'intention de louer une voiture, histoire de savoir si vous n'avez pas comme passager clandestin Monsieur Big Brother lui-même.
1 commentaire
  • renée legault - Inscrit 19 janvier 2004 09 h 49

    Pour les assureurs

    La seule assurance que l'on peut avoir sur les assurances, c'est l'assurance que l'on se fait avoir... écrit en très petits petits caractères ou non! Intéressant d'aller fureter du côté de ces institutions par les temps qui courent!... Les seuls qui sont assurés de profiter de ces primes sont les assureurs eux-mêmes, rarement, sinon jamais les assurés.