Un Canadien errant sur la Lune... à coups de milliards

Des astronautes canadiens pourraient avoir leur place sur des vols habités vers la Lune ou la planète Mars si l'ambition du président George W. Bush pour l'espace devient réalité, a affirmé hier le président de l'Agence spatiale canadienne, Marc Garneau.

Mais M. Garneau, qui a été le premier Canadien à aller dans l'espace, il y a une vingtaine d'années, a précisé que cela ne se réalisera pas sans l'injection de milliards de dollars par le gouvernement fédéral.

«Il y a cette possibilité très tentante qu'un Canadien ou une Canadienne puisse aller sur la Lune dans la seconde partie de la prochaine décennie et ailleurs par la suite, a affirmé Marc Garneau au cours d'un entretien téléphonique. Mais vous ne pouvez faire cela que si vous êtes un partenaire. Au cours des 20 prochaines années, ça voudrait dire des milliards de dollars. Il n'y a pas de voyage gratuit.»

Les commentaires de M. Garneau arrivent au lendemain d'un discours du président Bush au cours duquel celui-ci a décrit un plan pour la mise au point d'une nouvelle sonde devant transporter des astronautes vers la Lune d'ici 2015. Les États-Unis ont envoyé un être humain pour la première fois sur la Lune en 1969.

Le président Bush voudrait par ailleurs que soit construite une base permanente sur la Lune qui servirait aussi de rampe de lancement pour des missions vers d'autres planètes, notamment Mars.

Le projet est estimé à 750 milliards $US.

Même si le président tient pour acquis que des astronautes américains mèneraient les missions, il a invité les autres pays à «se joindre aux États-Unis dans ce voyage dans un esprit de coopération et d'amitié».

M. Garneau est d'avis que les pays qui auront participé financièrement au projet pourraient fournir des astronautes et de l'expertise technique.

Toutefois, le premier ministre Paul Martin n'a toujours pas signifié qu'il est prêt à s'engager financièrement de façon importante dans ce projet.

Un porte-parole de M. Martin a référé toutes les questions touchant au programme spatial à la ministre de l'Industrie, Lucienne Robillard, qui n'était pas disponible pour une entrevue hier.

L'expertise canadienne en robotique, en forage et en exploitation minière pourrait servir à des missions sur la Lune, sur les lunes d'autres planètes et sur Mars, a affirmé M. Garneau.

Plus tôt cette semaine, lors d'une conférence de presse visant à dresser le portrait des activités prévues par son agence en 2004, Marc Garneau a affirmé que le Canada pourrait mener sa propre mission vers Mars à bord d'une fusée américaine, russe ou européenne au début de la prochaine décennie.