Les Pygmées, symbole des capacités biologiques d’adaptation de l'humain

Les Pygmées se seraient séparés en deux groupes, il y a entre 8000 et 13000 ans, selon l’étude publiée mardi dans «Nature Communications». La croissance humaine peut donc évoluer en relativement peu de temps.
Photo: Jose Cendon Agence France-Presse Les Pygmées se seraient séparés en deux groupes, il y a entre 8000 et 13000 ans, selon l’étude publiée mardi dans «Nature Communications». La croissance humaine peut donc évoluer en relativement peu de temps.

Paris — Les Baka, des Pygmées de l’ouest de l’Afrique équatoriale, naissent avec des mensurations standards, mais grandissent peu jusqu’à l’âge de trois ans, alors que leurs cousins de l’est viennent au monde avec une taille réduite, deux évolutions différentes pour un même objectif : s’adapter à la forêt équatoriale.

On savait déjà que leur petite taille s’expliquait par la génétique, mais les chercheurs manquaient de données fiables pour analyser leur croissance. Les registres de la mission catholique de Moange-le-Bosquet, au Cameroun, ont permis d’étudier 500 membres de l’ethnie baka pendant huit ans. Ce qui a permis d’établir les premières courbes de croissance pour des Pygmées.

Il en ressort que la morphologie pygmée de ces populations découle de deux mécanismes différents. Une évolution convergente en réponse à un environnement similaire, la forêt équatoriale.

Les Pygmées se seraient séparés en deux groupes, il y a entre 8000 et 13 000 ans, selon l’étude publiée mardi dans Nature Communications. La croissance humaine peut donc évoluer en relativement peu de temps. « Une capacité peut-être réservée à notre espèce », suggère Fernando Victor Ramirez Rozzi, chercheur au CNRS et coauteur de l’étude.

Selon l’étude, cette plasticité de la croissance — sa capacité à changer — a pu jouer un rôle déterminant dans l’expansion des homo sapiens en dehors de l’Afrique, en lui permettant de s’adapter rapidement à de nouveaux environnements.

« Notre ancêtre a quitté l’Afrique il y a 60 000 ans, et quelques milliers d’années plus tard, il occupe toute la planète, contrairement aux autres espèces d’hominidés qui ont une répartition géographique limitée, voire très limitée », constate le chercheur. « Bien sûr, la culture a joué un grand rôle dans l’évolution, mais également la capacité [de nos ancêtres] à s’adapter physiquement aux environnements hostiles », conclut le chercheur.

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