Des chercheurs identifient des zones sensibles - Chercher une vie extratrerrestre en explorant la Voie Lactée

Depuis des lustres les humains se demandent s'ils sont seuls dans l'univers. Certains sondent le ciel à la recherche d'éventuels signaux émis par des êtres extraterrestres. Mais l'univers est immense et la démarche revient à rechercher une possible aiguille dans une mégabotte de foin.

Dans la dernière édition de la revue Science, des astronomes australiens viennent de pointer du doigt les régions de notre galaxie où la vie pourrait prospérer. Leur analyse suggère que plus de 10 % des étoiles de la Voie Lactée offriraient des conditions propices au développement et au maintien de formes de vie complexes, eh oui!, d'êtres vivants dotés d'un cerveau, comme nous les humains.

Facteurs déterminants

Avant d'en arriver à cette hypothèse, Charles Lineweaver, de l'université de New South Wales en Australie, et ses collègues ont d'abord identifié les facteurs qui leur semblaient déterminants pour l'apparition de la vie et son évolution. Ils ont ensuite repéré les endroits dans la galaxie de la Voie Lactée où régnaient les quatre conditions leur apparaissant nécessaires pour que prospère la vie. La première de ces conditions était que la région galactique devait être densément peuplée en corps célestes. «La galaxie est comme une ville, plus on s'enfonce dans les banlieues éloignées, moins on y rencontre d'habitations, a expliqué Charles Lineweaver au Sydney Morning Herald. Il est donc beaucoup moins probable de trouver des étoiles pouvant héberger la vie aux confins de la galaxie.»

En second lieu, on a recherché les zones dotées d'une composition chimique particulière, incluant du carbone, de l'oxygène et de l'azote, des éléments essentiels à la construction de la vie. Mais aussi la présence de métaux lourds, suffisamment abondants pour constituer des planètes aux caractéristiques terrestres, sans être en quantité excessive, ce qui conduirait alors à la formation de planètes gigantesques — semblables à Jupiter — qui dans leur course menacent les corps célestes plus modestes, comme la Terre.

Tertio, il devait s'agir de planètes qui soient suffisamment âgées pour avoir permis l'évolution de la vie et qui aient traversé, à l'instar de notre Soleil, une période de stabilité d'environ quatre milliards d'années, soit le temps qu'il a fallu aux formes de vie complexes d'émerger sur Terre.

Quarto, les sites devaient être situés à bonnes distances des supernovae, ces étoiles en explosion qui crachent un puissant rayonnement susceptible d'anéantir toute trace de vie dans son sillage.

Trente milliards d'étoiles

Selon les informations publiées dans la revue Science, cette zone «habitable» qui englobe notre planète, la Terre, se situe à environ 25 000 années-lumière du centre de la Voie Lactée. Épousant la forme d'un anneau, elle serait en expansion et s'étirerait de 3000 années-lumière à chaque milliard d'années, ce qui suppose que de nouvelles étoiles susceptibles d'héberger des organismes vivants s'ajouteraient à mesure que le temps passe.

Cette zone compterait quelque 30 milliards d'étoiles qui seraient propices à l'expression de la vie. Et les trois quarts de ces corps célestes seraient nettement plus âgés que notre Soleil. Ils auraient eu un milliard d'années de plus que notre Terre pour développer la vie et permettre l'essor de civilisations raffinées. Une situation laissant augurer que nous ne serions peut-être pas les organismes les plus intelligents de l'univers!

Les auteurs de l'étude précisent toutefois qu'il ne faut surtout pas conclure de leurs découvertes que des formes complexes de vie extraterrestre existent dans notre galaxie. «Nous disons seulement que cette zone est la région la plus propice à la formation de vie complexe, souligne Charles Lineweaver qui avoue néanmoins que les scientifiques détiennent maintenant un indice sur l'endroit où ils devraient rechercher ces possibles extraterrestres!