Une fête pour la science dans une région durement touchée

Claude Lafleur Collaboration spéciale
Le porte-parole du 83e Congrès annuel de l’Acfas, Boucar Diouf
Photo: Jacques Grenier Le Devoir Le porte-parole du 83e Congrès annuel de l’Acfas, Boucar Diouf

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

L’Université du Québec à Rimouski (UQAR) accueille avec enthousiasme le 83e Congrès annuel de l’Association francophone pour le savoir qui aura lieu du 25 au 29 mai. Comme le déclare le porte-parole de l’événement, Boucar Diouf, il s’agit du « Woodstock de la science ».

« Et c’est un peu comme ça qu’on se sent, renchérit Jean Bernatchez, président du comité organisateur à l’UQAR. Tout le monde est attendu avec fébrilité, dans une sorte d’esprit de fête ! »

C’est toute une région qui est en fête, poursuit M. Bernatchez. « C’est important pour notre région, d’autant plus qu’on n’a pas été ménagés ces derniers temps avec la perte de nombreux services, dont ceux de la Direction régionale du ministère de l’Éducation. »Comme partout en région, le Bas-du-Fleuve a subi de nombreuses pertes d’emplois qui font très mal, indique le professeur-chercheur en sciences de l’éducation. « Il est par conséquent important pour nous qu’on puisse rayonner à ce moment-ci pour montrer ce qu’on est en mesure de faire. »

Il précise par ailleurs que Tourisme Québec estime qu’un congrès comme celui de l’ACFAS amène quelque 3 millions de dollars en retombées. « Un événement qui regroupe 3500 congressistes qui viennent dans une région comme la nôtre a un impact très, très positif », indique Jean Bernatchez.

Le Congrès annuel de l’Acfas est non seulement un événement d’importance pour la communauté scientifique francophone, mais c’est aussi une occasion de rayonner en dehors du Québec. Ainsi, M. Bernatchez rapporte qu’une émission radio très écoutée en France, La Tête au carré, avec un auditoire de 600 000 personnes, diffusera trois fois durant le congrès. « On va rayonner en France, dit-il avec ravissement. Je pense donc que, du point de vue de ce que nous faisons ici au Québec, ça va être intéressant. »

Les organisateurs désirent également que ce 83e congrès « rayonne » à l’extérieur de la communauté scientifique. « Nous voulons faire en sorte que le grand public assiste à un grand nombre d’événements », indique l’organisateur. Il y a par conséquent quantité d’activités qui seront accessibles au plus grand nombre. Les organisateurs ont entre autres fait beaucoup de promotion dans les écoles afin de susciter un certain nombre de sorties éducatives organisées dans le cadre de l’Acfas.

Le président du 83e congrès rapporte que la facture d’une telle rencontre annuelle est normalement couverte par l’université hôte. « Cette année, on fonctionne avec un budget de 200 000 $ »,note-t-il, soit la moitié du budget habituel de ce genre d’événement. Restrictions budgétaires obligent, les organisateurs ont dû malgré tout trouver des sources additionnelles de financement, ce qui n’a pas été une mince affaire. « Ç’a été tout un défi, raconte M. Bernatchez, puisque la plupart des demandes qu’on a adressées aux entreprises privées qui, habituellement, financent ce genre d’événements, n’ont pas reçu une réponse favorable. » Heureusement, toutefois, le syndicat des professeurs de l’UQAR a contribué pour 20 000 $, fonds destinés aux activités grand public, de même que la Ville de Rimouski, pour 30 000 $.

En outre, poursuit-il, lorsqu’un congrès de l’Acfas a lieu en région (et non dans une grande ville), il mobilise la communauté. « Lorsqu’on s’est adressé à nos bénévoles pour qu’ils nous donnent un coup de main, tout le monde a répondu très, très positivement », dit-il. De même, une proportion appréciable du personnel de l’UQAR s’est investie en dehors de ses heures de travail. « Tout le monde s’est senti concerné et a mis l’épaule à la roue, résume fièrement M. Bernatchez. Et même les gens de l’Acfas nous disent que c’est plutôt rare de voir une telle mobilisation. »

Pour l’Université du Québec à Rimouski, c’est là une belle façon de célébrer ses 45 ans d’existence. « Notre université se positionne très bien sur le plan canadien en matière de recherche, indique le professeur Bernatchez, puisque, année après année, nous figurons comme la première université de notre taille sur le plan de la recherche — ce que peu de gens savent ! »