Nouveau traitement prometteur pour la sclérose en plaques testé au Canada

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La greffe de cellules souches mésenchymateuses à des patients atteints de sclérose en plaques sera expérimentée à Ottawa et à Winnipeg. Ce traitement qui a déjà été testé ailleurs dans le monde s’annonce prometteur.

Le Dr Mark S. Freedman, directeur de la recherche sur la sclérose en plaques à l’Hôpital d’Ottawa, avait précédemment évalué avec succès la greffe de cellules souches hématopoïétiques à des personnes souffrant de sclérose en plaques.

Ce type de cellules souches est notamment employé dans les greffes de moelle osseuse que l’on propose aux personnes atteintes de leucémie, car elles permettent de remplacer les cellules sanguines anormales.

Le Dr Freedman avait alors prélevé des cellules sanguines chez les patients à traiter, puis avait purifié ces cellules en laboratoire avant de les congeler. Il avait ensuite soumis les patients à une chimiothérapie intensive dans le but de détruire leur système immunitaire qui s’attaquait à leur système nerveux central.

« Selon l’hypothèse la plus répandue, certaines cellules du système immunitaire des personnes atteintes de sclérose en plaques détruisent la myéline [qui forme une gaine protectrice et isolante autour des fibres nerveuses], ce qui entraînerait au final la disparition de neurones », explique le Dr Marc Girard, neurologue au CHUM.

Le but de la greffe de cellules souches hématopoïétiques expérimentée par le Dr Freedman visait donc à rebâtir chez le patient un système immunitaire sain qui ne s’attaquerait ni au cerveau ni à la moelle épinière.

Moins de dangers

Le recours aux cellules souches mésenchymateuses rend la procédure moins dangereuse, car leur greffe ne nécessite pas de chimiothérapie, laquelle, en détruisant le système immunitaire, laisse les patients très vulnérables aux infections. Les cellules souches mésenchymateuses, que l’on retrouve dans la moelle osseuse, dans les tissus adipeux et cutanés, ainsi que dans le sang de cordon ombilical, ont « la capacité de modifier le système immunitaire et de réduire l’inflammation, ainsi que de stimuler la production de facteurs contribuant à prévenir et à réparer les lésions aux tissus », explique le Dr Freedman.

L’étude clinique, appelée MESCAMS (MEsenchymal Stem Cell Therapy for CAnadian MS patients) et dirigée par le Dr Freedman évaluera l’efficacité des cellules souches mésenchymateuses chez 40 patients, dont une moitié sera suivie à l’Hôpital d’Ottawa et l’autre moitié au Centre des sciences de la santé de Winnipeg.

Ces 40 sujets représenteront 25 % de l’ensemble des participants d’un projet de recherche international qui rassemble les ressources et l’expertise scientifique de neuf pays. Les 40 participants de MESCAMS seront répartis en deux groupes. Les membres du premier groupe recevront leurs propres cellules souches mésenchymateuses tout de suite après qu’elles auront été prélevées, multipliées en laboratoire et congelées. Aux patients du second groupe, on administrera un placebo dans un premier temps, puis 24 semaines plus tard, leurs propres cellules souches.

Ni les chercheurs ni les participants ne seront informés de ce que chaque patient recevra.

Selon le Dr Marc Girard, la greffe de cellules souches mésenchymateuses est expérimentée depuis quelque temps un peu partout dans le monde et se présente comme un traitement prometteur. « C’est une voie qui s’ouvre, mais il faudra encore cinq à dix ans avant que cela devienne un traitement accessible à tous les patients », affirme ce spécialiste de la sclérose en plaques.