Vitesse faible, contenus limités

Une nouvelle étude internationale confirme la piètre performance du Canada en matière de connectivité à l’Internet.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Une nouvelle étude internationale confirme la piètre performance du Canada en matière de connectivité à l’Internet.

Moins rapide qu’ailleurs dans le monde et toujours trop cher. Une nouvelle étude internationale confirme la piètre performance du Canada en matière de connectivité à l’Internet. Le pays offre un accès au réseau à une vitesse de transmission de données toujours aussi modeste, et ce, pour un coût trop élevé, constate un spécialiste de la numérisation des activités humaines qui voit là un frein au développement de contenus numériques, à l’affirmation de la présence canadienne dans les univers numériques et un problème pour la compétitivité d’entreprises d’ici dans un marché globalisé.

« Le portrait n’est pas nouveau, mais il persiste malheureusement dans le temps », résume à l’autre bout du fil Marc-André Léger qui enseigne la sécurité informatique à l’Université de Sherbrooke. L’homme est également conservateur au Musée de l’informatique du Québec, l’iMusée. « La vitesse limitée de transmission de données au Canada, tout comme son coût élevé par rapport à d’autres pays, nuit à la création de nouveaux produits, de nouveaux services et accentue le retard du pays en matière d’accès à Internet. »

 

Le Canada 21e

Selon le dernier État de l’Internet de la firme Akamai, une référence dans le domaine de la mesure des vitesses de transmission de données à travers le monde, le Canada maintient son rang d’élève modeste en 21e position du palmarès mondial, derrière la Corée du Sud, le Japon, mais également la Suisse, les Pays-Bas, l’Irlande, la Lettonie ou la République tchèque où les internautes profitent d’un accès à l’Internet à des vitesses beaucoup plus élevées.

Le document, dévoilé lundi, indique par exemple qu’au Canada, 14 % de la population profite de déplacements dans les univers numériques à une vitesse supérieure à 15 Mb/s — la mesure de la transmission de données en ligne. C’est cinq fois moins d’internautes qu’en Corée du Sud (66 %), mais aussi moins qu’aux États-Unis (19 %), en Roumanie (20 %), en Suède (29 %) ou à Hong-Kong (37 %).

L’accès à la bande passante au Canada, en plus d’être limitée en vitesse, coûte également très cher, selon les dernières données de l’Open technology Institute, qui a évalué le prix de la connectivité dans 24 villes à travers le monde, dont Toronto. À titre d’exemple, en Lettonie, ce pays balte anciennement sous la férule de l’URSS, un accès à Internet avec une connexion de 100 Mb/s — la Cadillac pour consulter des documents vidéo en ligne et partager des fichiers volumineux — coûte 26 $ par mois, environ. Au Canada, un accès à une vitesse d’à peine 10 Mb/s s’accompagne d’une facture pouvant varier de 50 à 70 $, selon les fournisseurs.

« Une plus grande diversité et une concurrence accrue chez les fournisseurs d’accès à Internet pourraient amener une réduction des coûts et une amélioration des infrastructures, pour une plus grande vitesse à un moindre coût », dit M. Léger. « La solution est connue depuis longtemps, mais le Canada ne semble visiblement pas être pressé de la mettre en place », l’idée prenant sans doute un peu plus de temps, qu’ailleurs dans le monde, à circuler en passant par les nouveaux espaces d’échanges que constitue désormais l’Internet.

10 commentaires
  • J.R.Charles Fortier - Inscrit 14 janvier 2015 07 h 36

    PAS GRAVE

    Il n< y a que les pipelines de pétrolequi nous intéressent.

  • Pierre François Gagnon - Inscrit 14 janvier 2015 09 h 35

    Un monopole !

    Moi j'arrive à 14 Mbps conre 31 $ par mois et j'ai pourtant la fibre optique à domicile... Cherchez l'erreur !... C'est le monopole de Bell Canada qui ralentit l'accès au réseau pour mieux le tarifer à la hausse. Je fais affaire avec un fournisseur indépendant moins gourmand mais qui dépend du réseau de Bell.

  • Victoria - Inscrite 14 janvier 2015 09 h 38

    Pourquoi obtenir la haute vitesse à meilleur prix?

    La réponse reçue afin d'obtenir soit la câblodistribution ou soit la fibre optique : trop dispendieux. Malgré les subventions dépensées… Après on nous dit : soyez informé. Balivernes !
    Seuls les systèmes par ondes nous sont offerts dans plusieurs secteurs au Québec et peut-être au Canada. Pour ceux dont les ondes affectent la santé (comme moi), les choix sont : soit par la ligne téléphonique (très très lent) ou, ne pas en avoir du tout. Est-il vrai que l’ignorance est un bon outil politique?

    • Jerome Dubreuil - Inscrit 14 janvier 2015 12 h 56

      Bien sûr que l'ignorance est un bon outil politique! Pourquoi pensez-vous que Radio-Canada essuie coupures par dessus coupures?

    • dietrik reinhardt - Inscrit 14 janvier 2015 23 h 31

      En fait au canada la plupart des gens possèdent un internet par cable.. Soyez informé balivernes....

  • Jean Richard - Abonné 14 janvier 2015 10 h 56

    La pensée magique

    Les vertus de la concurrence, c'est un mirage, un leurre. On l'a bien vu dans d'autres domaines de l'industrie.

    Comment peut-on être concurrent de Bell si on utilise son réseau d'infrastructures ? Idem pour Vidéotron, dont la technologie sans avenir intéresse de moins en moins de joueurs.

    Et qui osera, dans un pays aussi vaste et aussi peu peuplé investir dans un réseau indépendant d'infrastructures ?

    Au sud de la frontière, il y a un pays quasiment 10 fois plus dense en population que le Canada, un pays où la magie du marché et de la concurrence est un dogme, une vraie religion et pourtant, ce n'est pas dans ce pays que les communications sont les plus rapides et à meilleurs coûts.

    • Damien Tremblay - Inscrit 14 janvier 2015 12 h 14

      Comparaison qui vaut ce qu’elle vaut… :
      Pays Superficie Ratio Population Internet Vitesse Ratio $
      Lettonie 64 597 km2 = 1 2 165 165 26 $/mois 100 Mb/s 1
      Canada 9 984 670 km2 = 155 35 540 419 100 $/mois 10 Mb/s 100

      Il faut aussi tenir compte du fait que le Canada est inhabité sur la majeure partie de sa superficie. Il faudrait donc pondérer la superficie de ce dernier.

      Il n'en demeure pas moins que les internautes canadiens sont littéralement victimes d'extorsion avec les coûts du service Internet.

    • Sylvain Auclair - Abonné 14 janvier 2015 12 h 19

      Mais la zone habitée du Canada est assez densément peuplée.

  • Damien Tremblay - Inscrit 14 janvier 2015 11 h 39

    Un gâchis dû à un marché oligopolistique


    On parle d’oligopole lorsqu'il y a sur un marché, un nombre très faible d'offreurs costauds et un nombre important de demandeurs. Exactement le cas du Canada où quelques gros joueurs se partagent le gâteau en trois ou quatre pointes. Les petits fournisseurs ne font qu’acheter des mégabits à prix prohibitif à ces gros fournisseurs.

    Résultat? En Lettonie (2 millions d’hab.) on roule en Cadillac américaine (100 Mb/s) à prix raisonnable (26 $ par mois); alors qu’au Canada on roule en Lada russe (moins de 10 Mb/s) à un prix prohibitif de 50 à 70 $.

    Cette situation scandaleuse perdure grâce à la bénédiction d’un gouvernement qui favorise les gros joueurs et non la population qui navigue en tortue.

    Tout cela dégage une odeur putride de conspiration capitaliste. Le « plus meilleur pays au monde » glisse lentement vers la queue du peloton des pays DITS riches. L’appétit vorace du capital gruge lentement le pouvoir d’achat des Canadiens qui ne savent plus où donner de la carte de crédit.

    Aveugle à ce glissement insidieux, le gouvernement Harper distribue des bonbons pour tâcher de faire oublier une gestion déplorable où l’on avait par exemple signé un chèque en blanc pour acheter des F35 à un prix mystère qui navigue toujours dans les sphères supérieures…

    Retournons dans la grotte de Massabielle, à Lourdes, pour demander à la Vierge Marie si elle avait bien dit « Pauvre Canada » et non « Pauvres Canadiens ». Il faut toujours se méfier des traductions libres genre Google; très utiles, mais trompeuses. L’Araméen traduit en espagnol puis en français peut avoir subtilement déphasé le sens des exclamations virginales.

    M. Harper, dans sa magnanime paranoïa, semble plus pressé de légiférer sur les méchants terroristes virtuels, plutôt que de réglementer pour casser l’oligopole dont il est le collaborateur indéfectible.