Aux portes de Pluton

Une fusée a emporté dans l’espace la sonde New Horizons au départ de Cap Canaveral, en Floride, le 19 janvier 2006.
Photo: Terry Renna Associated Press Une fusée a emporté dans l’espace la sonde New Horizons au départ de Cap Canaveral, en Floride, le 19 janvier 2006.

La sonde New Horizons, en route vers Pluton, est sur le point de se réveiller d’une hibernation longue de 99 jours. Le 6 décembre prochain s’entamera la partie la plus importante de sa mission : s’approcher à 10 000 kilomètres de la plus petite et la plus éloignée des planètes de notre système solaire.

« Le réveil [de la sonde] le 6 décembre marquera la fin d’un voyage historique à travers l’intégralité de notre système solaire », a déclaré Alan Stern, responsable de la mission New Horizons. Lancée par la NASA en janvier 2006, à une époque où le statut planétaire de Pluton n’était pas encore controversé, la mission a pour but d’explorer les confins de la ceinture de Kuipier, une zone extrêmement reculée, s’étendant au-delà de l’orbite de Neptune. Les corps y ont une structure physique particulière : un mélange de roches et de gaz gelés.

New Horizons, encore endormie pendant quelques jours, s’approche rapidement de Pluton, qu’elle survolera au plus près le 14 juillet 2015, au terme d’un voyage qui aura duré neuf ans et coûté 700 millions de dollars. « Nous sommes presque aux portes de Pluton ! », s’est réjoui M. Stern. À compter du 15 janvier 2015 et pendant six mois, la sonde utilisera sept instruments différents pour étudier la géologie et la topographie de Pluton et de sa plus grande lune, Charon. New Horizons analysera également la composition de la surface des deux corps, leurs températures ainsi que l’atmosphère de la planète naine. Les scientifiques espèrent découvrir d’autres lunes et d’autres annaux autour de Pluton.

 

Pourquoi Pluton?

Petite planète sombre et méconnue, Pluton est aussi mystérieuse que fascinante. Explorer Pluton et ses cinq lunes, « c’est comme entrer dans un congélateur et regarder ce qui a été conservé », explique Robert Lamontagne, directeur général de l’Observatoire du Mont-Mégantic. Dans la zone reculée où se trouve Pluton, où l’éclairage est 1600 fois plus faible que sur la Terre, les objets n’ont pas beaucoup changé. À la manière des comètes, les corps qui s’y trouvent peuvent donc livrer de l’information précieuse sur notre système solaire et les autres systèmes solaires qu’il nous est pour l’instant impossible d’explorer directement. Pour M. Lamontagne, le potentiel d’exploration de cette région est considérable. « Entre ce qu’on imagine et ce qu’on va découvrir, il risque d’y avoir un écart considérable. », déclare-t-il.

Bien que Pluton soit l’objectif principal de la mission, la NASA projette également d’explorer l’anneau de corps glacés situés au-delà de Neptune et repérés grâce au télescope Hubble.

3 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 24 novembre 2014 09 h 41

    Une planète?

    Pluton n'est pas une planète. On l'avait catégorisé ainsi par erreur, comme Cérès ou Junon l'avaient été au XIXe siècle.

    • Alex Chevalier - Inscrit 24 novembre 2014 12 h 45

      Pluton est une planète naine, comme le sont Cérès et Junon (entre autres).

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 25 novembre 2014 06 h 51

      Concentrons-nous sur la sonde qui y va au lieu du planéton qui s'y trouve. La réalisation humaine est là.