Mai Duong doit se rabattre sur la solution de rechange

Atteinte d’une leucémie, Mai Duong recevra finalement une greffe de sang de cordon ombilical.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Atteinte d’une leucémie, Mai Duong recevra finalement une greffe de sang de cordon ombilical.

Malgré l’appel lancé au début de l’été à la communauté asiatique, aucun donneur de moelle osseuse compatible n’a été trouvé pour Mai Duong, cette jeune mère d’origine vietnamienne qui est victime d’une rechute de la leucémie qu’elle croyait avoir vaincue. Étant donné l’urgence de la situation, ses médecins ont finalement décidé de procéder à une greffe de sang de cordon ombilical, une solution plus délicate, mais qui n’exige pas un niveau de compatibilité aussi élevé entre le donneur et le receveur.

Lors d’une conférence de presse mardi matin à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR), la jeune femme de 34 ans était très émue quand elle a remercié « cette maman quelque part dans le monde qui a donné le sang de cordon de son bébé pour sauver une autre maman ». Soit dit en passant, le sang de cordon est considéré comme un déchet biologique s’il n’est pas récupéré.

Rappelons que Mai Duong a découvert qu’elle était atteinte de leucémie myéloïde aiguë en janvier 2013 alors qu’elle était enceinte de son deuxième enfant. Une chimiothérapie lui a alors permis de recouvrer la santé pendant dix mois. En mai 2014, elle a malheureusement été victime d’une rechute. À partir de ce moment, une greffe de moelle osseuse est devenue le seul traitement susceptible de la sauver. Un défi de taille attendait toutefois l’équipe médicale : celui de trouver un donneur de moelle osseuse qui soit compatible avec Mai.

Comme le seul frère de Mai ne l’était pas, on s’est alors tourné vers les banques internationales de donneurs volontaires. Mais ces dernières comptent surtout des Blancs, des candidats d’origine européenne. Les communautés ethniques sont en effet sous-représentées au sein des registres de donneurs à travers le monde. Il en résulte que les patients d’origine africaine n’ont que de 20 à 25 % de chances d’y trouver un donneur compatible, et les personnes d’origine asiatique, environ 50 % de chances.

Depuis cinq ans, les patients sans donneur compatible peuvent cependant compter sur la greffe de sang de cordon. L’avantage du sang de cordon est qu’il n’a pas besoin d’être parfaitement compatible avec le receveur étant donné que le système immunitaire qu’il contient est encore immature. L’inconvénient est qu’il contient une plus petite quantité de cellules souches que ce que renferme un prélèvement de moelle osseuse. Mais heureusement, cette quantité de cellules suffira pour Mai compte tenu de son faible poids.

L’autre désavantage de la greffe de sang de cordon est que le système immunitaire se reconstitue un peu plus lentement. « La période qui suit la greffe et durant laquelle les patients sont plus à risque d’infections en raison du nombre encore insuffisant de globules blancs [qui nous protègent contre les infections] est plus longue après une greffe de sang de cordon qu’après une greffe de moelle osseuse provenant d’un donneur compatible », précise la Dre Sandra Cohen, directrice de l’Unité de greffe de cellules souches hématopoïétiques à l’HMR.

Chimio et radio

Maintenant qu’on dispose d’un sang de cordon partiellement compatible, les démarches préparatoires à la greffe débuteront sous peu, dans une semaine tout au plus. Pendant les six à huit premières semaines, Mai subira une chimiothérapie et une radiothérapie intensives dans le but de détruire les cellules leucémiques, ainsi que son propre système immunitaire. Ensuite, elle recevra une transfusion de sang de cordon qui permettra de reconstituer un nouveau système immunitaire sain. « Pendant les 21 à 26 jours qui suivront, elle sera toutefois très à risque de contracter des infections. Mais dès que les globules blancs du sang de cordon commenceront à fonctionner, elle reprendra du mieux et elle pourra quitter l’hôpital », précise la Dre Cohen.

Le Dr Lambert Busque, hématologue à l’HMR, souligne que « la greffe permet de procéder à une chimiothérapie et une radiothérapie beaucoup plus intenses, car il n’est plus nécessaire de préserver les bonnes cellules puisqu’on donnera ensuite des cellules souches » qui reconstitueront le système immunitaire. De plus, « ces cellules souches continueront à traquer et à détruire les cellules leucémiques résiduelles qui auraient résisté à la chimiothérapie ».

Le combat de Mai n’est pas gagné, et elle en est très consciente puisqu’elle a déjà vécu une rechute. « Je suis très heureuse, mais je ne peux pas parler de victoire car la route est encore longue. Je ne célébrerai pas tant que je ne serai pas complètement hors de danger », dit-elle. Une chose est certaine, l’appel qu’elle a lancé dans les médias sociaux et la grande campagne de publicité orchestrée par ses collègues et amis du milieu de la publicité a permis de recruter près de 2000 volontaires d’origine asiatique, faisant ainsi passer leur proportion dans le registre québécois de moins de 1 % à 4,2 %. « Il ne faudrait pas que la démarche s’essouffle, car il y a 129 autres Asiatiques en attente de greffe », a rappelé le porte-parole d’Héma-Québec.

1 commentaire
  • Louis Bourque - Inscrit 17 septembre 2014 15 h 11

    De façon humanitaire

    Courageuse et distinguée Mme Duong, et son entourage,

    Votre histoire me touche beaucoup. En espérant aider votre entourage, pourrais-je vous suggérer de prendre connaissance de la courte revue de littérature suivante, par Dr Gerd Oberfeld : "Environmental Medicine Evaluation of Electromagnetic Fields ".

    On y traite de l'effet des champs comme facteur d'induction et de rechute. Peut-être saurait-elle vous aider à créer un environnement favorable à la réussite du traitement. Je vous prie de la trouver au lien suivant :

    http://buildingbiology.ca/wd/electromagnetic-spect

    Dans la même veine, vos proches les personnes soignantes seraient-elles intéressées par les revues scientifiques et articles suivants, afin d'informer leur opinion professionnel :

    ICEMS : "(rapport) Non-Thermal Effects and Mechanisms of Interaction Between Electromagnetic Fields and Living Matter"
    http://www.icems.eu/papers.htm

    http://sammilham.com/links.shtm

    L'OMS a récemment classifié les champs électromagnétiques comme "possiblement cancérigènes" et le lien entre champs magnétiques et leucémie infantile fut montré à plusieurs reprises, selon ces études.

    Je vous dis merci pour votre démonstration de courage, et souhaite la meilleure chance à votre rétablissement.

    fraternellement.

    LB