Les mauvais souvenirs ne sont pas indélébiles

Tokyo — Les émotions associées à des souvenirs peuvent être réécrites, permettant d’adoucir des événements douloureux du passé, et à l’inverse d’assombrir des moments heureux, suggère une étude menée sur des souris au Japon et aux États-Unis et publiée mercredi dans la revue scientifique Nature.

 

« Cette propriété [de renversement] de la mémoire est utilisée cliniquement pour traiter » des maladies mentales, « cependant les mécanismes neuronaux et les circuits du cerveau qui autorisent ce changement de registre émotionnel demeurent largement méconnus », soulignent les chercheurs en préambule.

 

L’objet de l’étude est de décrypter ces procédés sous-jacents, ouvrant la voie à de nouvelles pistes pour soigner des pathologies comme la dépression ou les troubles de stress post-traumatique. Elle « valide aussi le succès de la psychothérapie actuelle », explique le directeur de recherche Susumu Tonegawa.

 

Ces travaux s’appuient sur une nouvelle technologie de contrôle du cerveau via la lumière, appelée « optogénétique », pour mieux comprendre ce qui se passe quand on se remémore de bons ou de mauvais moments, et si l’on peut modifier la valeur (négative ou positive) associée à un souvenir.

 

Les résultats démontrent que l’interaction entre l’hippocampe, partie du cerveau qui joue un rôle central dans la mémoire, et l’amygdale, censée être une sorte de chambre de stockage des réactions positives et négatives, est plus flexible que ce qu’on pensait jusqu’à présent.