Trop d’attentes envers les prévisions météo

Une scène des inondations printanières survenues en Montérégie en 2011
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Une scène des inondations printanières survenues en Montérégie en 2011

Les météorologues ont bien du poids sur les épaules, constate Sébastien Nobert, chercheur au Centre national de la recherche scientifique, en France. « Les autorités civiles leur demandent une précision dans les prévisions météorologiques qui n’est pas encore accessible technologiquement », a-t-il indiqué au Devoir après sa présentation à la Conférence scientifique mondiale sur la météorologie.

 

« Les décideurs politiques et la population veulent des prévisions parfaites de 7 à 14 jours d’avance. C’est impossible, explique-t-il. Les scientifiques comprennent très bien comment l’atmosphère fonctionne, mais ils sont encore en train de développer les machines permettant de faire des prévisions météorologiques. »

 

À ses yeux, ces attentes démesurées sont le résultat d’une mauvaise communication entre les scientifiques et les citoyens. « Les météorologues n’ont pas su bien communiquer les limites de leurs connaissances. »

 

Prévoir

 

À l’approche d’événements météorologiques pouvant causer des dommages, les décideurs politiques peinent à comprendre la notion de probabilité, pourtant essentielle dans leur prise de décision, constate l’expert. Il donne l’exemple des inondations printanières survenues en Montérégie en 2011. « L’armée est arrivée trop tard et on a eu de la difficulté à gérer la crise. Pourtant, Environnement Canada savait que ça pouvait arriver. »

 

Ne voulant pas évacuer une ville pour rien, les décideurs politiques attendent trop, puis sont déçus, observe M. Nobert. « Ça prend du temps avant que les météorologues soient assurés qu’une catastrophe s’en vient. » Et les événements météorologiques inhabituels seront de plus en plus fréquents avec les changements climatiques, rappelle l’expert. « Il faut commencer à développer des programmes de gestion des probabilités. Plutôt que d’investir dans des murets de protection contre les inondations adaptés à la situation actuelle, les gouvernements devront voir plus loin. »