Mariages malheureux, coeurs malades

Les époux et les conjoints de fait qui vivent une relation conflictuelle courent plus de risque de souffrir de maladies cardiovasculaires que ceux dont la relation est harmonieuse, affirme une nouvelle étude publiée dans le journal Psychosomatic Medicine et qui fait écho à un nombre grandissant d’observations montrant que la qualité et le genre de relations sociales que les personnes entretiennent dans leur vie peuvent être liés à divers problèmes de santé.

 

Le professeur de psychologie Thomas Kamarck, de l’Université de Pittsburgh, et sa stagiaire postdoctorale Nataria Joseph ont demandé à 281 adultes âgés en moyenne de 42 ans, en bonne santé et sur le marché du travail, d’évaluer la qualité des interactions qu’ils avaient avec leur partenaire toutes les heures pendant quatre jours.

 

Ils ont ensuite estimé l’épaisseur de leurs artères carotides au moyen d’une méthode d’imagerie par ultrasons. L’épaisseur des artères témoigne de l’ampleur du processus d’athérosclérose qui se caractérise par le dépôt de plaques d’athérome — qui se compose de lipides, de glucides, de produits sanguins et de dépôts calcaires — sur la paroi interne des artères et qui est responsable de la maladie cardiovasculaire.

 

Artères plus épaisses

 

La compilation des mesures a montré que les individus qui avaient décrit leurs interactions maritales comme étant très négatives avaient des artères carotides plus épaisses et de ce fait couraient un risque plus élevé de souffrir de maladies cardiovasculaires que ceux qui avaient rapporté des échanges franchement plus positifs au sein de leur couple.

 

Cette association inverse entre la qualité des relations maritales et l’épaisseur des carotides était indépendante des facteurs de risque biologiques et comportementaux pour les maladies cardiovasculaires de chaque individu, ainsi que de la qualité de leurs interactions sociales à l’extérieur du couple et de leur personnalité.

 

Compte tenu de l’impact du type de relations vécues par les couples sur l’épaisseur des artères relevé dans l’étude, les résultats indiquent que les partenaires dont les interactions maritales sont « légèrement positives » présentaient 8,5 % plus de risque de souffrir d’une crise cardiaque ou d’un accident vasculaire cérébral que ceux qui vivaient « une surabondance d’interactions agréables ».

 

« Ces résultats renforcent l’idée que des relations maritales ou romantiques sérieuses jouent un rôle significatif dans la santé en général. Et que l’interaction globale entre les processus biologiques, psychologiques et sociaux détermine la santé physique d’un individu », a souligné la chercheuse Nataria Joseph dans un communiqué.

 

« Cette étude montre aussi que des liens de ce type peuvent être observés dès les tout premiers stades de développement des plaques d’athérome », a ajouté Thomas Kamarck.

2 commentaires
  • Normand Chaput - Inscrit 7 juillet 2014 08 h 01

    et si c'était l'inverse?

    il me semble que les gens qui éprouvent des problèmes de santé sont plus aigris et irritables et qu'ils devraient par conséquent vivre des relations plus tendues.

    • Mathieu Bouchard - Inscrit 7 juillet 2014 11 h 55

      Exact, la corrélation n'implique pas la causalité... et cet article ne dit pas comment les chercheurs ont prouvé une causalité plutôt qu'une autre. Les chercheurs ne l'ont peut-être même pas fait non plus, et si c'est le cas, votre hypothèse est à priori aussi valable que la leur ! Mais ce ne sont pas les seules hypothèses possibles : on peut aussi avoir des cas d'influence réciproque (donc votre hypothèse et la leur peuvent être vraies en même temps), et on peut avoir le cas d'aucune influence directe (par exemple, les deux facteurs seraient tous deux influencés par un 3e facteur non-étudié).