La fête de la science!

Réginald Harvey Collaboration spéciale

Ce texte fait partie du cahier spécial ACFAS 2014

Dès ses balbutiements au début des années 1920, l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences veut mettre en valeur la recherche pour le grand public ; il en est encore de même de nos jours, alors qu’elle est connue à titre de l’Association francophone pour le savoir tout en ayant conservé son acronyme. Elle a beaucoup évolué, cette ACFAS, à un point tel qu’elle prend maintenant la parole au nom de la communauté scientifique.

L’ACFAS a évidemment beaucoup grandi : elle atteint la taille d’un géant et possède un caractère unique ; son congrès annuel, modeste au départ, s’est transformé pour devenir le plus important événement scientifique multidisciplinaire, interuniversitaire et intersectoriel de la Francophonie (il regroupe en moyenne 5000 participants). Au fil du temps, elle a réservé une place de choix aux étudiants qui s’y frottent le cerveau avant de devenir les chercheurs de demain. Elle a accompagné et encourage toujours les chercheurs dans leur quête d’interdisciplinarité. Elle s’est ouverte sur le monde, qu’elle courtise de plus en plus.

 

Louise Dandurand, sa présidente actuelle, fait part ici de sa vision de l’évolution de l’ACFAS en remontant d’abord le cours du temps : « Quand on regarde les déclarations de Marie-Victorin quand il a créé celle-ci en 1923, il y a alors cette volonté de mettre en valeur la recherche et de faire en sorte qu’elle soit connue du grand public ; il voulait, comme on le disait à l’époque, que les Canadiens français s’y intéressent. Notre mission consiste toujours aujourd’hui à faire la promotion de la recherche et de la culture scientifique. »

 

La trame de fond est demeurée la même : « À mon avis, elle fait de l’ACFAS une institution essentielle pour être la voix de la communauté scientifique auprès des décideurs publics, pour être sa voix auprès de la population en général pour qu’on puisse être des facilitateurs de transmission du savoir et des promoteurs de culture scientifique. » L’institution a évolué, tout comme la communauté et le système de recherche ont connu des avancées, « mais il y a une sorte de fil conducteur qui demeure pertinent à l’aube de son centenaire. »

 

En perpétuel mouvement

 

L’ACFAS s’avérera durant une bonne période de temps une fédération de sociétés savantes qui, de façon générale, tenaient un congrès annuel chacune de leur côté. Puis le vent a tourné, comme le rapporte la présidente : « L’Association en est venue à représenter la communauté scientifique dans son ensemble, toutes disciplines confondues, bien qu’il reste des démarches à poursuivre auprès de certains secteurs disciplinaires qui sont moins présents pour les intégrer davantage. »

 

L’évolution a eu pour effet de la transformer de telle sorte qu’elle est maintenant la voix du monde de la recherche, dont le congrès annuel est le plus grand rassemblement scientifique de la Francophonie et l’un des plus importants événements interdisciplinaires en Amérique du Nord après celui de l’American Association for the Advancement of Science (AAAS). Il y a durant le congrès tout un mélange de colloques et de communications libres faisant appel à l’ensemble des disciplines et réservant une place de choix à la relève.

 

Justement, elle tient à en parler, des jeunes scientifiques : « Au cours des dernières décennies, leur présence a été une chose absolument marquante : c’est devenu le lieu où les étudiants de maîtrise et de doctorat font leur première communication scientifique approuvée par un jury de pairs avant la présentation ; leur entrée dans la carrière, c’est notre congrès. » Les statistiques confirment ces propos : les étudiants chercheurs ont livré 40 % de conférences au cours des dernières années.

 

Le rapprochement avec la population figure à son tour comme un des facteurs de transformation de l’Association : « Si on se tourne vers les derniers congrès tenus, le nombre d’activités grand public nous situe très très loin du petit conclave des sociétés savantes du passé. » Elle en veut pour preuve ce qui figure au programme en 2014 : « On ouvre avec une conférence sur les jeux vidéo, et une autre portera sur les arts et la ville, se déroule également une exposition de photos, La preuve par l’image, et il y aura des classes de maîtres en cinéma avec des réalisateurs de renom, pour ne parler que de ces événements. »

 

La prise de parole scientifique du Québec

 

Enthousiaste, Louise Dandurand lance : « Le congrès de l’ACFAS, c’est devenu la fête de la science ! Elle a évolué, à titre d’organisation dont un groupe de scientifiques voulaient porter la bonne parole et promouvoir la culture scientifique, vers une espèce de regroupement des représentants d’une très large communauté. » Et ce qui encore est plus intéressant : « Il découle de son existence au cours des dernières années qu’elle a acquis une crédibilité qui est reconnue par les universités, par les décideurs publics et par les médias. Quand on veut prendre le pouls de la communauté scientifique, quand on veut qu’elle s’exprime, on se tourne vers l’ACFAS. »

 

Elle en veut pour preuve son implication majeure dans la consultation qui a conduit à l’adoption de la Politique nationale et les nombreuses demandes d’interventions dans les médias qu’elle reçoit. Elle pousse plus loin sa réflexion : « Notre rôle c’est d’être des espèces d’agents de vigilance ; nous le percevons comme quoi il nous revient de commenter les politiques publiques, notamment en matière de recherche ou qui soient basées sur cette dernière. Nous sommes la voix de la communauté scientifique et, d’une certaine façon, son porte-parole : en tout cas, c’est ce que les universités nous disent. »

 

Elle se montre plus explicite encore : « On fait preuve de neutralité. Quand les universités parlent comme institutions, elles sont dans une position où elles défendent celles-ci comme telles, ce qui est parfaitement normal, et on ne s’attend pas à autre chose d’elles. De notre côté, nous sommes perçus comme une association qui se situe au-dessus de la mêlée pour exprimer la voix de la communauté scientifique du Québec. »

Collaborateur

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

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