Ces ondes omniprésentes dans nos vies

De nombreuses personnes ici ou ailleurs dans le monde se disent hypersensibles aux ondes électromagnétiques et attribuent leurs multiples maux à la présence de ces ondes. Les scientifiques ne nient absolument pas que ces personnes souffrent, mais ils affirment catégoriquement que leurs symptômes ne sont pas reliés à l’exposition aux ondes.
Photo: Agence France-Presse (photo) Thomas Coex De nombreuses personnes ici ou ailleurs dans le monde se disent hypersensibles aux ondes électromagnétiques et attribuent leurs multiples maux à la présence de ces ondes. Les scientifiques ne nient absolument pas que ces personnes souffrent, mais ils affirment catégoriquement que leurs symptômes ne sont pas reliés à l’exposition aux ondes.

Absolument personne n’y échappe sur la planète. Autant à l’intérieur de nos habitations que dans le fond de la campagne, nous sommes tous exposés aux champs électromagnétiques engendrés par les radiofréquences émises par les tours de téléphonie cellulaire, les antennes de radiodiffusion (télévision et radio), les téléphones cellulaires, ainsi que les bornes Bluetooth et Wi-Fi donnant accès à des réseaux Internet sans fil. Alors que ces différentes sources d’émissions se multiplient dans notre environnement, plusieurs redoutent leurs effets sur la santé. La science nous démontre qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter dans les conditions actuelles.

Au début du mois d’avril, un groupe d’experts qui avait été mandaté par la Société royale du Canada pour vérifier si le Code de sécurité 6 (CS6) fournissait toujours une protection adéquate contre les possibles effets nocifs sur la santé des radiofréquences émises par les divers dispositifs de communication sans fil publiait ses conclusions qui étaient plutôt rassurantes. Selon le comité d’experts, les normes proposées par Santé Canada sont tout à fait sécuritaires.

 

Santé Canada a créé en 1991 le CS6 qui établit des limites d’émission que les fabricants doivent respecter afin que la population générale soit exposée à des niveaux sécuritaires. Ces limites, qui visent à nous protéger de l’effet thermique des ondes, sont déterminées en mesurant les intensités auxquelles on observe un échauffement de 1 °C des tissus biologiques. Ce seuil est ensuite atténué d’un facteur 50 (c’est-à-dire qu’il est divisé par 50). Ces limites sont identiques à celles recommandées par diverses organisations internationales.

 

Après avoir passé en revue toutes les études scientifiques qui ont été publiées depuis la dernière révision du CS6 survenue en 1999, le comité d’experts en est arrivé à des conclusions qui font consensus à travers le monde : aucune étude solide n’indique que l’exposition à des niveaux de rayonnements ne dépassant pas les normes actuelles du CS6 pourrait induire des effets néfastes sur la santé humaine.

 

Compte tenu des résultats parfois contradictoires obtenus par certaines études, les experts n’ont analysé que ceux qui avaient pu être reproduits dans plus d’une étude effectuée selon les règles de l’art en science, c’est-à-dire avec une méthodologie rigoureuse.

 

Le comité recommande néanmoins à Santé Canada de poursuivre les recherches visant à éclaircir le lien possible entre les radiofréquences et le cancer, et d’étudier plus avant le problème de l’hypersensibilité électromagnétique afin de pouvoir offrir des traitements aux personnes qui en souffriraient.

 

En France

 

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) en France déposait le 15 octobre 2013 les résultats de son évaluation des risques liés à l’exposition aux radiofréquences. Les conclusions de cette évaluation basée aussi sur une revue de la littérature scientifique internationale ne mettent pas non plus en évidence « d’effets avérés sur la santé ». L’ANSES affirme que « certaines publications évoquent néanmoins une possible augmentation du risque de tumeur cérébrale, sur le long terme, pour les utilisateurs intensifs de téléphones portables ».

 

L’agence française recommande donc aux adultes qui font un usage intensif du téléphone cellulaire « de recourir au kit mains libres » et de privilégier l’acquisition de téléphones affichant les débits d’absorption spécifique (DAS) les plus faibles. Elle incite également à « réduire l’exposition des enfants au téléphone portable ». Elle préconise « l’affichage du niveau d’exposition maximal engendré (le DAS par exemple) par les dispositifs émetteurs de champs électromagnétiques destinés à être utilisés près du corps », comme les téléphones, les tablettes tactiles, les moniteurs pour bébés.

 

Téléphone et cancer

 

Tous les organismes sanitaires du monde ont considéré avec attention les résultats de la grande étude Interphone qui visait à vérifier si l’utilisation du téléphone cellulaire durant au moins dix ans augmentait le risque de tumeurs du cerveau (gliomes et méningiomes), du nerf acoustique et de la glande parotide, trois tissus susceptibles d’absorber l’énergie des radiofréquences émise par les téléphones cellulaires. L’étude fut menée dans 13 pays, dont au Canada.

 

Les données d’Interphone qui ont été publiées en mai 2010 n’ont pas démontré que l’utilisation du téléphone cellulaire était associée à un risque accru de cancer cérébral. Seul un doute est apparu chez les plus grands utilisateurs, parlant en moyenne plus d’une demi-heure par jour, lesquels semblaient être un peu plus à risque de développer un gliome. « C’est un résultat qui est très faible au niveau statistique, mais il y a tout de même une raison d’être vigilant. Poursuivre les recherches est la seule façon de résoudre cette incertitude, sinon on se posera les mêmes questions dans 10, voire 20 ans », affirme le professeur d’épidémiologie à l’Université de Montréal Jack Siemiatycki, qui était au nombre des chercheurs d’Interphone. L’émergence de ce doute a néanmoins conduit le Centre international de recherche sur le cancer de l’Organisation mondiale de la santé à classer les radiofréquences comme « possiblement cancérogènes ».

 

Au niveau cellulaire

 

Plusieurs citoyens se demandent si les radiofréquences n’auraient pas des effets plus subtils, au niveau des cellules, par exemple, qui à la longue finiraient par compromettre la santé.

 

La professeure Catherine Yardin du Service d’histologie, cytologie et cytogénétique du CHU Dupuytren à Limoges, en France, s’est appliquée à vérifier si les radiofréquences dans la gamme de la téléphonie cellulaire pouvaient entraîner le phénomène d’apoptose chez des cellules neuronales humaines et des rats. « L’apoptose est le suicide que s’infligent les cellules quand elles voient que l’environnement leur est défavorable, explique la chercheuse qui avoue avoir eu un doute après une première série d’expériences. On s’est toutefois rendu compte qu’il s’agissait d’un effet thermique [voir article ci-contre]. L’effet qu’on avait observé était dû à un dysfonctionnement de notre système d’exposition qui, en dispensant des doses bien supérieures aux normes, avait entraîné un échauffement des cellules. Or, quand les cellules sont menacées par une élévation thermique, elles activent divers mécanismes de défense pour essayer de revenir à la température antérieure. Pour vérifier que c’était bien l’augmentation de température qui avait tué nos cellules, nous avons augmenté la température dans l’étuve de deux degrés et nous avons obtenu exactement les mêmes résultats ». Somme toute, les chercheurs de Limoges n’ont pas noté d’accroissement du taux d’apoptose chez les cellules nerveuses qu’elles avaient exposées aux radiofréquences.

 

Mme Yardin fait par ailleurs remarquer qu’on ne peut pas comparer l’exposition d’une cellule à l’intérieur d’une étuve à celle d’un corps entier à un téléphone, car « le corps humain est doté de mécanismes de régulation pour combattre et compenser l’échauffement qui sont beaucoup plus compétents que ceux d’une cellule isolée ».

 

Mais, exposer des cellules aux radiofréquences pendant de courts moments permet-il vraiment de vérifier l’effet d’une exposition constante aux radiofréquences telle que nous la vivons quotidiennement ? « Il n’y a pas d’effetcumulatif. C’est pour la même raison que l’on peut rester très longtemps devant un feu de cheminée sans pour autant brûler », répond Mme Yardin.

 

L’équipe de Limoges a par ailleurs exposé des cellules humaines foetales provenant du liquide amniotique prélevé dans le cadre d’une amniocentèse à des ondes de la gamme des téléphones cellulaires. L’examen des chromosomes de ces cellules n’a révélé aucune variation dans le nombre de chromosomes, de même qu’aucun remaniement ou cassure chromosomiques.

 

« C’est en effet un peu discordant d’affirmer d’une part qu’il n’y a pas d’effet et d’autre part de dire qu’il faut continuer à chercher. Mais il est très difficile de prouver qu’il n’y a rien. Il faudrait que l’on vérifie tout et on ne peut jamais tout regarder », commente la Pre Yardin.

 

Le biophysicien Normand Mousseau de l’Université de Montréal abonde dans le même sens : « par précaution, il faut continuer à faire des recherches, pour vérifier qu’on n’a rien oublié. Mais si jamais on trouve quelque chose, ce sera des effets très faibles, car on aurait déjà détecté des effets significatifs depuis 20 ans qu’on utilise les téléphones cellulaires sur la planète », dit-il.

 

Hypersensibilité

 

De nombreuses personnes ici ou ailleurs dans le monde se disent hypersensibles aux ondes électromagnétiques et attribuent leurs multiples maux (céphalées, douleurs, fatigue, dépression) à la présence de ces ondes. Les scientifiques ne nient absolument pas que ces personnes souffrent, mais ils affirment catégoriquement que leurs symptômes ne sont pas reliés à l’exposition aux ondes. « Dans le cadre d’études où ces personnes ne savent pas si elles sont exposées ou non à des ondes, elles obtiennent le même taux de bonnes réponses que la population générale, précise Mme Yardin. Dans la plupart des rapports, on parle d’effet nocebo, qui est l’inverse de l’effet placebo : vous pensez être exposé à quelque chose de nocif, de toxique, et du coup vous développez un effet nocebo, vous en venez à présenter des symptômes. Il faut néanmoins prendre en charge ces personnes », explique Mme Yardin.

22 commentaires
  • Richard Lapierre - Inscrit 3 mai 2014 08 h 17

    Compteurs intelligents d'Hydro Quebec

    Toutes les conclusions ici s'appliquent aussi aux compteurs intelligents d'Hydro Quebec. Je suis juste surpris que l'article ne le mentionne même pas étant donné le tollé que ca soulève ici depuis leur introduction dans nos maisons. Les protestataires devraient se pencher sur l'effet nocebo avant de dire n'importe quoi. Quant au ''principe de précaution'' si souvent mentionné, on pourrait l'appliquer à n'importe quoi sans distinction et fermer tous nos appareils électriques, téléphones, télés, ordis, ventilateurs, etc ... juste au cas!

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 3 mai 2014 13 h 57

      @r lapierre
      N'ayez crainte...nous avons des anges gardiens en les personnes de m. Rousseau, mme Yardin et mme Gravel...et nous aurons appris un nouveau mot :nocebo

    • Marie-Michelle Poisson - Inscrite 3 mai 2014 15 h 46

      Les personnes électrosensibles sont réellement malades. Le docteur Dominique Belpomme, oncologue à Paris, sera à Montréal le 7 juin prochain pour témoigner des études déterminantes qu'il mène en ce domaine. L'électrosensibilité est reconnue dans plusieurs pays. La condition des électrosensibles est décrite dans plusieurs documentaires indépendants, récents et extrêmement bien faits. Je ne saurais trop recommander "Resonance - Beings of frequency" de James Russell, "Les sacrifiés des ondes" de Jean-Yves Bilien, et "Cherche zone blanche désespérément" de Marc Khanne disponibles via le site festivaldesondessales.wordpress.com

      En ce qui concerne les normes inadéquates et désuètes qui prévalent au Canada et qui ne protègent en rien des effets biologiques non-thermiques il faut voir le documentaire "Ondes, science et manigances" de Jean Hêches pour comprendrent quels lobbys sont à l'oeuvre au niveau des instances internationales pour défendre les intérêts de l'industrie du sans fil.

    • Guy Vanier - Inscrit 4 mai 2014 05 h 53

      Mme Poisson,
      Belle réplique à tout ces scientifiques et gouvernements qui protègent l'industrie du sans fil. La vie des gens passe encore en second plant.
      L'argent en premier!

    • Marie-Michelle Poisson - Inscrite 4 mai 2014 10 h 21

      Le compteurs intelligent, contrairement aux autres appareils usuels, constitue une exposition involontaire. Il va de soi que les personnes électrosensibles n'utilisent pas les appareils sans fil; elles ont cette liberté et ce pourvoir sur leur environnement. Les compteurs sont imposés et se retrouvent partout. Il devient alors impossible pour un individu vulnérable d'appliquer le principe de précaution.
      De plus les compteurs sont souvent situés quelques centimètres des personnes ( compteurs dans les cuisines, chambres à coucher, ateliers, terrasses, etc...)
      Hydro-Québec agit de manière criminelle en omettant de dire que la densité de puissance du signal augmente selon le carré de la distance si on se rapproche de la source d’émission. HQ n’a pas testé en laboratoire le degré d’absorption spécifique (DAS). Ce test aurait permis d’établir une limite de distance sécuritaire. La densité de puissance ponctuelle des crêtes peut atteindre 552 960 uW/m2 à 30 cm du compteur(1). En extrapolant comme le veut la formule mathématique du carré de la distance, le résultat à cinq (5) cm est de 19 906 560 µW/m2. Cela est énorme! La population a le droit de savoir à quoi elle est exposée.

    • Jean Richard - Abonné 4 mai 2014 10 h 36

      Pourrions-nous appeler ça de la créativité perverse : inventez d'abord une solution et créez ensuite le problème auquel elle va s'appliquer. Il ne vous restera plus qu'à écrire un livre avec un titre pompeux et le tour est joué. Ça se vendra bien en librairie et un certain public y croira.

      Évidemment, comme tout le monde veut guérir mais que pour guérir, il faut d'abord être malade, tout le monde se cherche une maladie ou du moins quelque chose qui s'y rapproche, des allergies et des intolérances entre autres. Les vendeurs de solutions s'en frottent les mains. On vous vend du poisson sans gluten, des huiles sans gras, de la gomme à mâcher avec des omega 3, des œufs de lapin sans cholestérol et quoi encore !

      Peut-être qu'un jour, on va essayer de persuader le public qu'Hydro-Québec devrait nous alimenter uniquement en courant continu, l'alternatif étant la cause de rayonnement non négligeable. Quelques chercheurs auront découvert par leur imagination qu'il n'y a pas que le rayonnement dans les fréquences radio qui soient nocif, mais aussi celui dans les très basses fréquences, dont le 60 Hz. Tenez-vous bien, ça s'en vient...

    • Richard Lapierre - Inscrit 4 mai 2014 11 h 49

      Mme Poisson,

      Pour être à 5cm de l'appareil, il faut vraiment s'en faire une oreiller pour dormir avec, pas tres réaliste. Déjà, 30 cm est une distance minimale qu'on ne rencontre jamais dans les situations réelles à moins de faire exprès. Aussi, les crêtes d'émission dont vous parlez durent 5/100 de secondes une fois aux 20 secondes (0.9 secondes par minute), donc si on moyenne sur 6 minutes (norme canadienne), il faut diviser votre chiffre par 400. Ca fait donc 1382 microW/m2 ou 1.4 mW/m2 à 30 cm, des milliers de fois sous les normes canadiennes et en dessous de toutes les normes mondiales, même les plus restrictives. Ca fait moins peur des petits chiffres n'est-ce pas? Jouez aux alarmistes, ce n'est pas très honnête.

    • Richard Lapierre - Inscrit 4 mai 2014 21 h 15

      Désolé, je voulais dire 0.15 secondes par minute ou 0.9 secondes en 6 minutes.

  • Robert Bernier - Abonné 3 mai 2014 09 h 43

    Merci

    Merci pour ce texte qui résume très bien l'état de la recherche dans ce domaine. J'avais pris connaissance des résultats de la grande étude Interphone il y a quelques années. On y retrouve l'essentiel de la démarche scientifique et d'une saine prudence.

    J'en parlais justement hier avec mes étudiants en classe de physique. Je leur ferai parvenir le contenu de votre texte.

    Robert Bernier
    Mirabel

    Prof. de physique
    cegep Lionel-Groulx
    Ste-Thérèse

    • Marie-Michelle Poisson - Inscrite 4 mai 2014 10 h 26

      Dans le dossier des effets sanitaires des micro-ondes, le doute et la désinformation sont savamment construits et entretenus par l'industrie. Cet article s'inscrit parfaitement dans cette entreprise concertée à la "fabrication du doute" malgré les évidences scientifiques (connues depuis les années 60 en raison des effets des communications radar sur les militaires) et à la "défense de produit", offensives de communications mises en place par l'industrie du tabac dansles annéees 60 et reprises depuis dans les dossiers du réchauffement climatique, du gaz de shiste et ... des ondes électromagnétiques.
      Lire: Doupt is there product de David Michaels

    • Simon Chamberland - Inscrit 4 mai 2014 14 h 26

      C'est d'une tristesse infinie que de lire un recours à la théorie du complot lorsque le manque de culture scientifique entrave la compréhension du sujet.

  • Christian Méthot - Inscrit 3 mai 2014 10 h 30

    Très instructif

    Un grand merci pour ces deux articles très intéressants et très bien écrits, qui nous permettent d'étayer plus solidement notre opinion, au milieu de la cacophonie qui entoure souvent le débat sur les radiofréquences.

  • Diane Veilleux - Inscrite 3 mai 2014 16 h 56

    Science et propagande

    Lorsqu'on me dit que la science ne peut conclure : ''aucune étude solide n’indique que l’exposition à des niveaux de rayonnements ne dépassant pas les normes actuelles du CS6 pourrait induire des effets néfastes sur la santé humaine.''

    Je ne peux m'empêcher de penser à certains médicaments déclarés sécuritaires par la science et qui ont eut des conséquences dévastatrices, ex.: la Thalidomide, que l'on donnait aux femmes enceintes dans les années 50-60 et qui a eu pour résultat des catastrophiques : ''Les chiffres varient d'une source à l'autre étant donné qu'aucun recensement n'a jamais été effectué, mais on prétend qu'entre 10 000 et 20 000 bébés sont venus au monde handicapés à cause de la thalidomide. Il existe environ 5 000 thalidomidiens survivants aujourd'hui dans le monde entier. On n'a jamais dénombré et on ne saura jamais le nombre de bébés avortés ou morts nés, sans parler des membres de la famille et des parents qui ont souffert au fil des ans.''

    Et que dire de la science et la marijuana ... pour laquelle il existe très peu de recherche sérieuse et que l'on prétend nocive et comme étant un portail ouvert aux drogues dures.

    Comme on peut le constater avec le gouvernement Harper, la science à moins qu'elle dise ce que l'on veut qu'elle dise demeure au service de ceux qu la commande. Alors permettez-moi de choisir la prudence et de refuser de me faire imposer une exposition à long terme sous prétexte que rien ne prouve que ce soit nocif, étant donné qu'également rien ne prouve qu'il n'y ait pas d'effets nocifs.

    • Richard Lapierre - Inscrit 3 mai 2014 17 h 07

      La médecine n'est pas une science exacte et la pharmacologie encore moins. Mais pour la physique des radiations, la science est très précise et ne laisse pas de place à la manipulation et à la propagande. Pour en revenir aux ondes RF, si vous avez des doutes, alors fermez tout vos appareils électriques et électroniques, principe de précaution oblige même si il n'y a aucun risque connu. Mais sachez qu'il y a des risques bien connus et beaucoup plus important dans tout ce qui vous entoure, dans ce que vous mangez et dans l'air que vous respirez, sans mentionner si vous circulez en vélo dans nos rues. La vie est remplie de risques pour la santé, mais les risques des ondes RF (s'ils existent) arrivent bien loin au bas de l'échelle.

  • Nathalie Leclerc - Inscrite 3 mai 2014 17 h 29

    Inexactitudes et omissions

    Je suis très déçue de lire un tel article dans un journal qui se dit indépendant. Votre article comporte de nombreuses inexactitudes et omissions. Par exemple, au sujet des personnes qui se disent électrohypersensibles, vous écrivez : "Les scientifiques ne nient absolument pas que ces personnes souffrent, mais ils affirment catégoriquement que leurs symptômes ne sont pas reliés à l’exposition aux ondes.'' Vous suggérez ainsi que tous les scientifiques nient catégoriquement qu'il existe un lien de cause à effet entre les symptômes d'électrohypersensibilité (éhs) et l'exposition aux ondes. Or, plusieurs scientifiques sont d'avis qu'il existe bel et bien un lien de cause à effet entre ces symptômes et l'exposition aux ondes. Je peux vous en nommer quelques-uns :

    Dr Dietrich Klinghardt;
    Dr. Magda Havas;
    Dr Dominique Belpomme;
    Rapport Bioinitiative 2012, signé par 29 scientifiques;
    L'OMS a classé les radiofréquences dans la catégorie 2B, soit "possiblement cancérigènes''...

    Je pourrais continuer la liste. Le fait est que plusieurs scientifiques affirment que l'électrohypersensibilité n'est pas de nature psychosomatique. Il est vrai que ce ne sont pas tous les scientifiques qui établissent un lien de cause à effet entre les symptômes d'éhs et l'exposition aux radiofréquences : certains scientifiques affirment qu'il n'existe pas de preuves suffisantes pour établir un tel lien. Mais je ne vois pas comment un scientifique digne de ce nom pourrait nier catégoriquement que ce lien existe, surtout considérant la vitesse à laquelle la technologie progresse.

    Votre article ne donne pas l'heure juste à la population quant aux dangers des radiofréquences. Il comporte de nombreuses omissions et imprécisions. Je trouve cela bien dommage.

    Nathalie Leclerc

    • Richard Lapierre - Inscrit 3 mai 2014 19 h 44

      Curieux que plus personne ne craind utiliser son four à micro-onde ou regarder la télé. Au début de la télé, on parlait de rayons X nocifs qui sortait de l'écran (les écrand cathodiques à l'époque qu'on avait encore il n'y a pas si longtemps). Et quand les fours micros-ondes sont apparus dans nos foyers, mêmes peurs de se faire irradier. À chaque fois qu'il y a une nouveauté, certaines personnes ont peur. Mais il s'agit des même rayons, les mêmes ondes radios qui font parti de notre quotidien. Aucun risque connu depuis plus de 100 ans. Les rayons ionisant (rayons X, rayons gammas etc...), c'est une autre histoire mais c'est très bien documenté et ce n'est pas ce dont il s'agit ici.

      À propos de Dr. Klinghardt, il est docteur en neurobiologie, rien à voir avec les radiations. Dr Havas est bien connue pour être une alarmiste et une ''quack'' qui fait de la mauvaise science. Dr Belpomme raconte qu'il ne dort pas quand son wifi est allumé, pas fort comme science. Le classement 2B de l'OSM ne veut rien dire. Pensez que le café et même la poudre pour bébé (talc) sont classés 2B aussi. Allez vous cesser de mettre de la poudre sur votre bébé et de boire du café pour autant?

    • Nathalie Leclerc - Inscrite 4 mai 2014 11 h 18

      M. Lapierre, je pense que chacun doit être libre de faire ce qu'il croit bon pour sa propre santé et celle de ses enfants. Si vous croyez que les radiofréquences sont inoffensives, libre à vous de vous y exposer et d'y exposer votre famille comme bon vous semble. Pour ma part, je ne pense pas que l'on puisse trancher aussi facilement sur leur innocuité, et je trouve important d'écouter ce que des scientifiques indépendants, c'est-à-dire non payés par l'industrie, ont à dire sur le sujet.

      Vous affirmez que les radiofréquences n'ont rien à voir avec la neurobiologie. Or, le corps humain est un système biologique fort complexe : aucun scientifique ne peut prétendre sérieusement en comprendre toutes les subtilités. Comment pourrait-on être certain que les radiofréquences n'ont aucun effet biologique et sanitaire, alors que la plupart des fonctions corporelles (stimulation chimique des récepteurs, impulsions nerveuses) sont de nature électrique? Le fait est que de plus en plus de scientifiques croient que les ondes électromagnétiques et les radiofréquences artificielles peuvent perturber les fonctions corporelles. Les données basées sur la physique newtonienne, sur lesquelles sont fondées les normes de sécurité actuelles, seraient obsolètes. De plus en plus de chercheurs préconisent à présent un modèle basé sur la physique quantique. Personnellement, je ne trouve pas que cette avenue soit dénuée d'intérêt, et j'aimerais bien que les gouvernements et les médias grands publics s'abstiennent de censurer les chercheurs qui osent l'explorer.

      Respectueusement,

      Nathalie Leclerc

    • Marie-Michelle Poisson - Inscrite 4 mai 2014 16 h 22

      @ Richard Lapierre
      Diversions, exagérations, et maintenant dénigrement et accusation de faire de la "mauvaise science" telles sont les tactiques de "défense de produit" décrites dans le livre "Doupt is there product" de David Michaels.
      Une autre tactique bien connue consiste à investir les tribunes publiques en mettant à contribution des individus ( souvent cachées derrières des pseudonymes) payées pour multiplier les interventions destinées à entretenir le doute et la controverse alors que les produits ou les phénomènes mis en cause ( tabac, amiante, trou dansla couche d'ozone ou réchauffement climatiques) ne font plus de doute dans la communauté scientifique. Les mêmes firmes de communication qui ont fait les beaux jours de l'industrie du tabac sont maintenant au service de l'industrie du sans fil et utilisent les mêmes types d'arguments en utilisant les services de ce qu'il est désormais convenu d'appeler un "troll".

    • Simon Chamberland - Inscrit 4 mai 2014 21 h 13

      Mme Leclerc

      Pour qu'il y ait des effets quantiques, ou plus simplement des interractions onde-particule (pour les physiciens qui lisent, ceci est une hyper vulgarisation), il aurait fallu que les longueurs d'onde du WiFi soient du même ordre de grandeur que celles des liaisons interatomiques. Ce n'est pas du tout le cas.

    • Richard Lapierre - Inscrit 4 mai 2014 21 h 54

      Mme Poisson,

      Vous semblez suggérer que je fais parti du grand complot. C'est vraiment flatteur mais loufoque. Ce sont les accusations classiques quand on est à court d'arguments, mais c'est très à la mode. De mon côté, je n'ai aucun profit à en tirer. Il s'avère seulement que ce domaine est ma spécialité et je ne peux qu'appuyer les résultats des études dont on parle dans l'article comme l'étude Interphone que j'ai lu et analysé en détail.

      Ca me désole toujours de voir que des alarmistes disent n'importe quoi et font peur aux gens qui ne connaissent pas tellement le domaine. C'est ca la manipulation. Sans doutes croyez vous sincèrement en vos trucs, aussi je ne suis pas intéressé à vous faire changer d'idée. Je sais que c'est peine perdue car ce niveau de discussion n'est pas de la science. C'est pûrement émotif et aucun argument scientifique ne pourra vous convaincre car vous aller crier au complot.

      Pourtant, comme il est souligné, la classe de risque des ondes RF est 2B (suite à l'étude Interphone non concluante), donc le même niveau de risque que la poudre de bébé ou le café. Encore une fois, il y a des risques réels dans l'environnement bien plus important que les ondes des wifi ou RF. Par exemple, avez vous fait vérifié le taux de radon dans votre maison? Savez vous que le radon est cancérigène et que vous en respirez en ce moment comme tout le monde? Avez vous prise l'avion récemment? Savez vous que les radiations ionisantes sont beaucoup plus importantes quand vous prenez l'avion?

      La vie est remplie de risques et les ondes RF ne constituent pas une source de risque significative tant qu'on respecte les normes établies. Mais vous êtes libre d'en douter et de continuer à crier au complot si ca vous amuse. Et non, je ne suis pas un troll (LOL!).