Google accepte de payer 17 millions pour avoir espionné les internautes avec des «cookies»

Google était accusé d’avoir placé sans autorisation des petits logiciels espions, ou «cookies», sur les ordinateurs d’utilisateurs du navigateur Internet Safari d’Apple.
Photo: Jacques Brinon Associated Press Google était accusé d’avoir placé sans autorisation des petits logiciels espions, ou «cookies», sur les ordinateurs d’utilisateurs du navigateur Internet Safari d’Apple.

New York — Le géant de l’Internet Google a accepté de payer 17 millions de dollars pour mettre fin à des poursuites pour surveillance des internautes, dans le cadre d’un accord à l’amiable passé avec 38 États américains.

 

« Les consommateurs devraient pouvoir savoir s’il y a d’autres yeux naviguant sur Internet avec eux. En surveillant des millions de personnes à leur insu, Google a violé non seulement leur vie privée, mais aussi leur confiance », a commenté Eric Schneiderman, le ministre de la Justice de l’un des États concernés, celui de New York, en annonçant l’accord lundi.

 

Google était accusé d’avoir placé sans autorisation des petits logiciels espions, ou « cookies », sur les ordinateurs d’utilisateurs du navigateur Internet Safari d’Apple, en contournant les réglages de ce dernier destinés à les bloquer.

 

Les gestes reprochés ont été commis du 1er juin 2011 au 15 février 2012 et ont été utilisés par Google à des fins publicitaires, pour mieux cibler les annonces en fonction de l’activité des propriétaires des ordinateurs sur Internet.

 

C’est la révélation de cette surveillance dans les médias américains qui avait poussé le groupe californien à mettre fin à ces pratiques.

 

« Nous sommes satisfaits d’avoir coopéré avec les ministres de la Justice des États pour arriver à cet accord », a commenté lundi une porte-parole du groupe. « Nous travaillons dur chez Google pour assurer le respect de la vie privée et avons pris des mesures pour retirer des navigateurs d’Apple les cookies publicitaires, qui n’ont pas collecté d’informations personnelles », a-t-elle assuré.

 

Google avait déjà passé un accord pour les mêmes faits en août 2012 avec une agence fédérale, la commission du Commerce (FTC) à laquelle il avait accepté de payer une amende de 22,5 millions de dollars. Il s’était aussi engagé à désactiver tous les cookies qui n’auraient pas dû être installés.

 

L’accord annoncé lundi avec les Etats prévoit aussi des engagements de bonne conduite en plus des pénalités financières, notamment l’amélioration des informations sur les cookies fournies par le groupe aux internautes.

 

Les pénalités financières sont faibles comparé au chiffre d’affaires de Google, qui a dépassé 50 milliards de dollars l’an dernier, mais la multiplication des accusations de violation de la vie privée des internautes est surtout néfaste pour son image.

 

Ces dernières années, plusieurs de ses services ont été mis en cause dans une série de pays.

 

Sa politique de confidentialité qui depuis 2012 regroupe les informations de plusieurs services autrefois séparés, comme la messagerie Gmail et le réseau Google +, a ainsi été critiquée par les organisme de protection des données en Europe et notamment en France. Son logiciel de navigation Google Street View et les voitures sans chauffeur qui lui fournissent une partie de ses images se retrouvent aussi régulièrement sur la sellette.

5 commentaires
  • Mathieu Bouchard - Inscrit 19 novembre 2013 02 h 15

    Un cookie n'est pas un logiciel

    Un cookie est une donnée, sans l'aspect actif de ce qu'on appelle communément un logiciel. C'est simplement une info qu'un serveur web dépose dans un fureteur pour que ce fureteur lui redonne plus tard afin que le serveur puisse faire le lien entre plusieurs requêtes. C'est très souvent un gros nombre choisi au hasard.

    C'est une chose qui peut être impliquée dans des violations de la vie privée, mais ce n'est pas un « logiciel » (nom), même si c'est de nature « logicielle » (adj).

  • Guy Vanier - Inscrit 19 novembre 2013 04 h 57

    Ils veulent rire du monde!

    Ils s'excusent, payent un montant dérisoire à seulement 38 états aux États-Unis et continus comme si rien n'était. Les gouvernements le font, fait le donc.
    Et les autres pays?

  • Pierre Couture - Inscrit 19 novembre 2013 06 h 44

    La parade à tout cela?

    On sait qu'internet - qui devait assurer la liberté de tous - est essentiellement devenu un vaste marché.

    On sait que les fureteurs - supposément gratuits - espionnent leurs utilisateurs afin de noter les intérêts de chacun afin de mieux cibler la publicité.

    On sait qu'au final ce sont les consommateurs qui paient - chèrement - cette publicité.

    La parade? Ne cliquez jamais sur un site publicitaire. Ignorez tous les sites commerciaux.

    Si aucun utilisateur ne visitait les réclames, les «biscuits» deviendraient inutiles. Non?

  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit 19 novembre 2013 08 h 15

    L'ordinateur est public

    Toute utilisation d'un ordinateur tombe dans le domaine public. Quelqu'un quelque part, a accès à ces données. La soi-disant confidentialité des services, gouvernementaux ou autres, est un mythe. Les cookies ne sont qu'un ajout grossier et trop visible.

    Desrosiers
    Val David

  • Martin Simard - Inscrit 19 novembre 2013 08 h 36

    Et le Canada?

    Sommes-nous espionnés?