Chris Hadfield tire sa revérence

L'astronaute Chris Hadfield
Photo: La Presse canadienne (photo) Paul Chiasson L'astronaute Chris Hadfield

Sa décision était prise depuis quelques mois déjà. En mars dernier, Chris Hadfield avait même signalé son intention à l’Agence spatiale canadienne (ASC) de prendre sa retraite alors qu’il était encore dans l’espace. L’astronaute canadien de 53 ans a tout de même attendu d’être bien revenu sur terre, d’avoir repris du tonus, un peu de poids et des couleurs pour confirmer sa décision. Le 3 juillet prochain, le commandant de la Station spatiale internationale tirera sa révérence après 35 ans de service au sein de la fonction publique fédérale.

« J’ai eu une carrière intéressante, je suis le dernier de ma classe toujours en poste et nous avons deux jeunes prêts à prendre le relais. Si je reste, je serai un obstacle pour eux ! », a-t-il dit avec le sourire alors qu’il donnait une première conférence sur son odyssée de l’espace à l’ASC basée à Longueuil.


Ses plans de retraite ne sont pas encore définis, mais Chris Hadfield compte revenir s’installer au pays après une vingtaine d’années passées aux États-Unis et en Russie.


« Je dois tenir la promesse que j’ai faite à ma femme, il y a trente ans, de revenir un jour au Canada », a-t-il lancé.


Au cours des prochains mois, Chris Hadfield envisage donc de prendre du temps pour lui afin de se remettre de son incroyable aventure.


Pendant 146 jours, l’astronaute canadien a été aux commandes de la Station spatiale internationale (SSI) en plus d’être responsable de l’équipage avec qui il a mené une centaine d’expériences scientifiques. « La vie dans l’espace est psychologiquement difficile, plus difficile que l’on peut se l’imaginer. C’est une vie risquée et c’est aussi très exigeant sur le corps », a indiqué Chris Hadfield.


Trois voyages spatiaux


Son retour sur Terre, le 16 mai dernier, a été éprouvant. Après avoir passé autant de temps en apesanteur, sa masse osseuse avait diminué de 5 % malgré ses deux heures d’entraînement quotidien dans l’espace. Le volume de son coeur avait diminué, son centre de gravité n’était plus le même et son squelette s’était transformé. Il lui faudra encore deux autres mois d’entraînement et de rééducation pour que tout revienne à la normale.


Malgré tout, Chris Hadfield reconnaît qu’il a été privilégié d’avoir pu voyager dans l’espace trois fois plutôt qu’une. En 1995, il effectuait son premier voyage à destination de la station Mir, puis en 2001, il était à bord de la navette Endeavour pour installer le deuxième bras canadien. Son dernier voyage à titre de premier commandant de la SSI a été fort probablement le plus mémorable et le plus médiatisé. Pendant son escapade spatiale, Chris Hadfield a communiqué régulièrement avec des classes d’élèves, il diffusait sur Internet ses photos de l’espace et 850 000 personnes le suivaient sur Twitter.


« Chris Hadfield a remis l’espace à la mode avec les médias sociaux en ne faisant pas seulement découvrir le côté scientifique, mais aussi le côté humain du métier d’astronaute », a indiqué Gilles Leclerc, le président par intérim de l’Agence spatiale canadienne.


L’astronaute canadien prendra peut-être sa retraite dans quelques semaines, mais Chris Hadfield tient à dire qu’il continuera à être en contact avec les jeunes et probablement à donner des conférences. « Je ne disparaîtrai pas », a-t-il promis.

À voir en vidéo