Recherche: des compressions de 31 millions et non de 10 millions

Plus de 80 directeurs de centres de recherche du Québec et partenaires industriels ont tenu à rappeler mardi que le gouvernement Marois s’apprête à réduire non pas de 10 millions de dollars la recherche, mais plutôt de 31 millions, dont 14,8 millions au seul Fonds de recherche du Québec Nature et technologies. Ils soulignent le fait que la campagne menée il y a une dizaine de jours par les chercheurs en établissements de santé n’a souligné que les compressions susceptibles d’affecter leurs recherches en santé.

Dans le budget adopté en décembre dernier, le gouvernement du Québec a prévu de soustraire 31,2 millions en 2013-2014 à l’enveloppe qu’il avait l’habitude d’attribuer annuellement au Fonds de recherche du Québec (FRQ) ces dernières années. Ce manque à gagner affectera particulièrement le FRQ Nature et technologies (FQRNT), dont les crédits diminueront de 30 %, soit de 14,8 millions. Le budget du FRQ Société et culture (FRQSC) sera amputé de 13 %, soit de 6,2 millions, tandis que celui du FRQ en santé (FRQS) sera réduit de 10 millions, soit 13 % de son budget annuel des six dernières années.


Dans un communiqué, les directeurs de centres de recherche et partenaires industriels expliquent que priver les FRQ de 30 millions revient à « couper dans les bourses d’excellence aux étudiants » ainsi que « dans les subventions aux chercheurs, dont la quasi-totalité est versée en bourses et en salaires à des étudiants et des professionnels de recherche ». Les centres de recherche aussi écoperont de ces compressions. Or, rappelle-t-on dans le communiqué, « développer de tels centres peut prendre une décennie ou plus, alors qu’il suffit d’une année sans financement pour en signer l’arrêt de mort ».


Les chercheurs fondent beaucoup d’espoir sur l’ouverture qu’a manifestée Mme Marois lors de l’étude des crédits du budget, jeudi dernier, alors qu’elle « s’est engagée à trouver des sommes à même les enveloppes existantes pour amortir les coupes dans la recherche ». Comme dans la lettre-pétition adressée au ministre Duchesne en décembre dernier, et qui compte à ce jour plus de 10 700 signataires - pour la plupart des étudiants aux cycles supérieurs -, les chercheurs réclament non pas le « pactole », que Mme Marois se dit incapable d’offrir, mais « simplement le rétablissement du budget des trois fonds à leur niveau des six dernières années ».

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