France - Twitter est sommé de dévoiler les auteurs de tweets antisémites

La résistance de la multinationale américaine aura été vaine. Jeudi, la justice française a ordonné à Twitter de révéler d’ici 15 jours l’identité des abonnés ayant pris part l’automne dernier à la production de micromessages à caractère antisémite. La demande avait été faite devant les tribunaux par deux associations vouées à la défense des droits de la personne qui cherchent à poursuivre les auteurs de ces messages. Début janvier, l’entreprise s’était vertement opposée à cette demande, prétextant que les données convoitées étaient hébergées sur le territoire américain.


Le Tribunal de grande instance de Paris vient donc de donner raison à l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) et à la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA) en forçant Twitter à fournir les données permettant d’identifier les personnes qui ont participé à une vague de messages souvent à caractère haineux en octobre dernier. Ces messages étaient fédérés sous les mots-clics #unbonjuif et #unjuifmort. Plusieurs des comptes à l’origine de ces messages avaient été débranchés à l’époque. Twitter a 15 jours pour se plier à la décision sous peine d’une amende de 1300 $ par jour de retard.


« Nous allons pouvoir poursuivre les auteurs qui étaient à l’origine de ce record de messages de haine sur Twitter », a indiqué jeudi Jonathan Hayoun, président de l’UEJF. L’avocat de l’organisme, Stéphane Lilti, a qualifié cette décision d’« excellente » puisqu’elle « proscrira à l’avenir le sentiment d’impunité qui fait le lit de toutes les dérives ».

 

Liberté d’expression


La multinationale américaine a accueilli la décision de la justice française sans broncher, indiquant seulement vouloir « prendre le temps d’étudier » la chose. Il y a quelques jours, l’avocat de Twitter s’était opposé à l’ouverture de ses registres numériques sans l’intervention d’un juge américain, puisque les données sont hébergées aux États-Unis. Qui plus est, Twitter estime que la procédure en cour contre elle en France heurte « le Premier Amendement de la Constitution américaine », qui encadre « une liberté d’expression quasiment sans limites ».


 

Avec l’Agence France-Presse

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