Le nouveau Planétarium de Montréal emménage

Deux immenses canons pointés vers le ciel, voilà la signature visuelle du nouveau Planétarium construit au coût de 48 millions de dollars. Il ouvrira ses portes le 6 avril.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Deux immenses canons pointés vers le ciel, voilà la signature visuelle du nouveau Planétarium construit au coût de 48 millions de dollars. Il ouvrira ses portes le 6 avril.

Au milieu du Parc olympique, deux cônes tronqués en aluminium pointent vers le ciel, tels deux télescopes scrutant l’Univers. Ces deux cônes qui abritent deux théâtres sphériques constituent les éléments centraux du nouveau Planétarium de Montréal, qui a ouvert ses portes aux médias mercredi alors qu’on procédait à l’emménagement des équipements. Respectant les coûts et les délais prévus, le nouveau bâtiment conçu selon les règles du développement durable sera inauguré le 6 avril.

Ceux qui ont connu le planétarium Dow, ce bâtiment des plus classiques qui nous plongeait tout de suite dans la pénombre, seront complètement dépaysés dans le nouveau planétarium Rio Tinto Alcan, dont les espaces intérieurs sont inondés de lumière naturelle et offrent des points de vue intéressants sur le Biodôme et le Stade olympique. Les lattes de bois clair qui recouvrent la coque d’un des deux théâtres sphériques et les tuiles d’aluminium naturel qui tapissent l’enveloppe de l’autre réchauffent l’atmosphère et contribuent à « reconnecter l’humain à la nature », souligne Charles-Mathieu Brunelle, le directeur général d’Espace pour la vie, ce complexe qui rassemble sur un même site le Biodôme, l’Insectarium, le Jardin botanique et, désormais, le Planétarium.


Unique en son genre


Doté d’équipements de projection à la fine pointe de la technologie, le nouveau Planétarium sera néanmoins unique en son genre, puisqu’il permettra d’appréhender les secrets de l’Univers non seulement sous son aspect scientifique, mais aussi sous un angle artistique et poétique. Dans l’un des deux théâtres, une centaine de spectateurs allongés au sol assisteront à un spectacle multimédia « métaphorique », destiné à provoquer de vives émotions. Le réputé tandem montréalais de Victor Pilon et Michel Lemieux a préparé le premier spectacle qui sera présenté dès l’ouverture du Planétarium.


Le second théâtre, contenant 196 fauteuils inclinés, offrira un spectacle astronomique plus classique faisant appel à un planétaire - instrument optomécanique semblable à celui qui trônait au centre du Planétarium Dow qui projette sur la voûte un ciel étoilé - et à un système numérique, une nouveauté « qui permettra de quitter la surface de la Terre et de voyager virtuellement vers le centre de la galaxie ou d’un amas d’étoiles, par exemple », explique Pierre Lacombe, directeur du Planétarium Rio Tinto Alcan. « Le nouveau planétaire, qui est beaucoup plus compact que l’ancien, permet des simulations de bien meilleure qualité. Il permet de voir des objets célestes que l’on voit difficilement à l’oeil nu. Mais ce qui nous distingue des autres planétariums du monde, c’est la présence d’un animateur-astronome qui transmet sa passion au visiteur. »


Entre les deux théâtres, une salle sera consacrée à une exposition sur les traces de la vie dans l’Univers. Des bornes interactives, des jeux multimédias, des projections et une collection de météorites permettront d’appréhender l’astrobiologie, une science en pleine émergence.


L’ensemble du bâtiment a été conçu par Cardin Ramirez Julien architectes, une firme montréalaise dont le projet a été retenu parmi 60 autres propositions lors d’un concours international et qui s'est allié l'étroite collaboration de la firme d'architecture Aedifica avec laquelle ils forment le consortium d’architectes Cardin Ramirez Julien + Aedifica. Autant la conception que la construction ont respecté les normes environnementales du niveau platine de la certification LEED (Leadership in Energy and Environmental Design). Notamment, le bâtiment comprend une toiture en grande partie végétalisée et les salles sont équipées d’un détecteur de gaz carbonique qui déclenche l’ajout d’air frais au besoin. Le nouveau planétarium doit son nom aux 3,8 millions de dollars que le géant de l’aluminium, Rio Tinto Alcan, a donné pour sa réalisation, qui aura coûté au total 48 millions, comme prévu.

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Ce texte a été modifié après publication