Science et technologie - La recherche canadienne parmi les plus citées

Pour mener cette évaluation, le CAC a désigné un comité pluridisciplinaire de 18 experts canadiens, états-uniens et européens. Ce comité a relevé qu’avec moins de 0,5 % de la population mondiale, le Canada a produit 4,1 % de tous les articles scientifiques publiés dans le monde et près de 5 % des articles le plus souvent cités. Une production qui le place « sixième au monde pour l’impact global de sa science et technologie (S-T), impact qui est mesuré par la fréquence de citation des publications ». Le comité précise que les chercheurs canadiens ont publié 59 % plus d’articles de 2005 à 2010 qu’entre 1999 et 2004.


Le Canada est toutefois plus faible en production de brevets, puisqu’il ne détient que 1,7 % de tous brevets déposés dans le monde entre 2005 et 2010. Un signe de leur qualité, les brevets canadiens sont par contre abondamment cités, voire les plus cités au monde après les brevets américains.

 

Par province


« L’Ontario, le Québec, la Colombie-Britannique et l’Alberta sont les moteurs de la S-T canadienne, car ils totalisent 97 % des articles scientifiques produits au pays, contre 86 % de la population canadienne. Ces mêmes provinces comptent le plus grand nombre de doctorants par habitant, avec plus de 90 % des nouveaux titulaires d’un doctorat au Canada en 2009 », écrivent les membres du comité d’experts. Seul l’Ontario devance le Québec en nombre d’articles publiés. Mais c’est la Colombie-Britannique qui arrive en tête des provinces pour ce qui est de l’impact mesuré par la fréquence de citation des publications.


Parmi les six domaines de recherche dans lesquels le Canada se démarque, le Québec joue un rôle important en médecine clinique, en physique et astronomie, ainsi qu’en arts visuels et arts de la scène. Le rapport du CAC souligne le fait que la recherche sur les technologies de l’information et des communications (TIC) ainsi que sur les sciences de la santé et de la vie a vu sa production et son impact scientifique s’accroître de 2005 à 2010. Par contre, la recherche dans les domaines de l’agriculture, des pêcheries, de la foresterie, ainsi que des sciences environnementales et de la Terre a connu « un déclin général » durant cette dernière période.

 

Une perception


Le comité d’experts a aussi procédé à une enquête internationale auprès de 5000 chercheurs parmi les plus cités, dans le but d’évaluer la réputation dont jouit la S-T canadienne à travers le monde. Globalement, les répondants à cette enquête ont placé le Canada au quatrième rang pour la qualité de sa recherche, derrière les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne.


Selon le directeur du Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie, Yves Gingras, toutefois, cette classification « n’est pas crédible, car on y prétend que le Canada est meilleur que la France, un pays qui a accumulé au cours des dix dernières années plusieurs médailles Fields [la plus haute distinction en mathématique] et prix Nobel, ce qu’on n’a pas retrouvé au Canada depuis 30 ans. Cette évaluation subjective est à prendre avec des pincettes », déclare ce sociologue des sciences qui accorde beaucoup plus de crédit aux données objectives de fréquence de citations des publications. « Une enquête auprès des chercheurs est toujours biaisée, car ces personnes ne peuvent tout connaître et par ce fait ont une vision tronquée de la science globale. » Yves Gingras affirme que le Canada se situe habituellement au sixième rang mondial, un rang qui correspond à son produit intérieur brut (PIB).

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