Un peu plus près du boson de Higgs: découverte de la «particule de Dieu»

Cette image fournie par le CERN en 2011 montre une collision particules provoquée dans le Large Hadron Collider de l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN).
Photo: La Presse canadienne (photo) AP Photo/CERN Cette image fournie par le CERN en 2011 montre une collision particules provoquée dans le Large Hadron Collider de l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN).

Genève — Le Centre européen de recherche nucléaire (CERN), en Suisse, a annoncé aujourd'hui la découverte d'une nouvelle particule élémentaire compatible avec les caractéristiques du boson de Higgs, aussi connu sous le nom de « particule de Dieu ». Cette importante découverte pourrait permettre de faire la lumière sur certains mystères de notre univers.

Joe Incandela, responsable d'une des deux expériences ayant permis d'aboutir à cette découverte, a précisé que son équipe avait « observé » une nouvelle particule qui est un boson, le même type de particule que celle de Higgs. Les données sont compatibles avec le boson de Higgs, la clé pour comprendre pourquoi la matière a une masse qui, combinée à la gravité, donne son poids à un objet.

« Nous avons franchi une nouvelle étape dans notre compréhension de la nature », a déclaré le directeur général du CERN, Rolf Heuer. « La découverte d'une particule dont les caractéristiques sont compatibles avec celles du boson de Higgs ouvre la voie à des études plus poussées, exigeant davantage de statistiques qui établiront les propriétés de la nouvelle particule. Elle devrait par ailleurs lever le voile sur d'autres mystères de notre univers. »

Deux équipes indépendantes ont dit avoir « observé » ce boson. Les dirigeants de ces deux équipes – Joe Incandela, responsable de l'expérience CMS (avec 2100 scientifiques), et Fabiola Gianotti, responsable de l'expérience ATLAS (avec 3000 scientifiques) – ont présenté les résultats de leurs travaux en des termes scientifiques compliqués.

La ministre française de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso, a félicité les chercheurs pour leurs travaux. « On parle d'une observation, pas encore d'une découverte, mais c'est quelque chose qui est assez révolutionnaire et que la physique attend depuis très, très longtemps. (...) Quand les chercheurs font des choses exceptionnelles, il faut les en remercier, il faut les soutenir, il faut le faire savoir », a-t-elle ajouté.

28 commentaires
  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit 4 juillet 2012 10 h 26

    Erreur!

    L'insaisissable boson de Higgs se cache à Québec. Il finance secrètement les partis et est directement responsable du trou noir dans lequel s'enfonce la vie politique.

    Desrosiers
    Val David

    • Mario Desmarais - Abonné 4 juillet 2012 16 h 04

      Le Bozon de Québec.
      Vous avez sans doute raison. Bozo-les-culottes, c'est fait avoir par le Boson de Québec. Quant au Boson de Higgs, il est encore heureux que de la recherche fondamentale puisse encore se faire dans l'intérêt de la science. Ici, le Boson de Québec veut "mailler" i.e enchaîner les chercheurs universitaires avec les intérêts des entreprises.

      Gérard Côté

    • Philippe Langlois - Inscrit 4 juillet 2012 21 h 34

      M. Desrosiers!

      Votre commentaire m'a fais bien rire!! Je me questionne à savoir s'il existe un Boson au cheveux frisé...

      Philippe Langlois

  • Martin Morissette - Abonné 4 juillet 2012 10 h 29

    Un grand jour

    C'est une grande nouvelle ! Ce n'est pas tous les jours que l'on annonce une nouvelle particule. Maintenant, je peux blâmer mon (léger) excès de poids sur le maintenant officiel boson de Higgs :)

  • France Marcotte - Inscrite 4 juillet 2012 14 h 50

    Mousse de nombril

    Cette particule, on a déjà tellement investi pour la trouver qu'on n'a plus le choix d'y parvenir, il faut qu'on la trouve.

    Qui aura la liberté de nous expliquer ce qui se cache derrière cette obsession?

    Personne? Cela ne veut pas dire qu'il n'y a rien.

    • Mathieu Benoit - Inscrit 4 juillet 2012 15 h 44

      Pas besoin d'obsession, les européens ont compris que leurs investissements étaient rentables en termes de retombées technologique (WWW, imagerie nucléaire etc..) et en terme de main d'oeuvre qualifié formé dans des domaines de pointe qui après leur maitrise ou doctorat vont travailler dans le privée, autant dans l'industrie spécialisée que dans les banques.

      Le plus gros investisseur au CERN , est l'Allemagne, pas exactement le mauvais garcon européen qui jette son argent par les fenêtres. ..

    • Gilles Théberge - Abonné 4 juillet 2012 15 h 57

      C'est ça de la recherche fondamentale madame Marcotte. D'abord on s'indigne presque : Qu'est-ce que c'est que cette histoire (vous dites obsession) de particules? !

      Puis un beau matin on nous expliquera des tas de choses, et on nous présentera des applications pratiques qui font écarquiller les yeux d'étonnement.

      Et ces applications concrètes découleront de la découverte initiale quel'on tenait pour nulle et non avenue.

    • Gaston Fringon - Inscrit 4 juillet 2012 18 h 07

      La terre est-elle plate?

      Votre indiférence à la recherche en physique me fait penser à ces gens qui disent ne pas vouloir payer pour les études supérieures en sciences humaines. Pour ces gens-là, les sciences humaines ne "produiraient" rien. Elles seraient donc inutiles.

      Y'en a beaucoup d'autres, des domaines du savoir qu'il faut ignorer?

    • Hubert Collin - Inscrit 4 juillet 2012 19 h 10

      Je suis toujours éberlué de constater l'importance des moyens mis de l'avant pour cette recherche dite fondamentale, tout comme je suis sidéré par la naïve admiration qu'elle suscite généralement dans les populations dites évoluées... Comme si la science, dans le meilleur des cas, pouvait produire autre chose que l'affirmation tautologique: "C'est comme ça parce que c'est comme ça."

      Bien sûr, vous m'objecterez les possibles applications que rendent possibles de telles affirmations tautologiques. "Nous pourrons peut-être sauver des vies ou en prolonger certaines." diront quelques-uns. "Imaginer tous les nouveaux gadgets que de telles découvertes rendront possibles."; diront d'autres. Comme si la science avait réellement permis à l'homme d'accéder à une vie plus heureuse et plus épanouie.

      Suis-je donc un obscurantiste qui regrette les jours "heureux" des explications religieuses du monde? Pas davantage!, car la science a remplacé la religion. Comme la religion, la science a ses prêtres, ses papes. ses églises, et le bas peuple rumine et régurgite des formules qu'il ne comprend pas. Si l'on se targue de savoir que la terre n'est pas le centre de l'univers, bien peu de gens sont capables d'en faire la démonstration, et leur prétendu savoir appris sur les bancs d'école n'est qu'une version nouvelle d'un credo tout aussi aliénant.

      À la science et aux bozons qui font office d'objet cause du désir, je préfère de loin la dimension symbolique par laquelle seule il est possible d'améliorer pour TOUS les hommes les conditions de notre bref séjour sur terre. La science ne peut au mieux que prolonger une vie pauvre symboliquement, soit une vie qui, somme toute, ne mériterait que d'être plus courte.

      Quand donc les hommes cesseront-ils de remuer les particules subatomiques pour enfin déployer leur énergie afin de rendre la communauté humaine plus humaine (i.e. moins scientifique)?

    • Simon Chamberland - Inscrit 5 juillet 2012 23 h 15

      La curiosité Mme Marcotte. La simple curiosité qui a toujours fait progresser l'humanité, rien d'autre, pas de complot, pas de cachotterie.

      @Hubert Collins : voici une citation du grand Richard Feynman sur la science, qui peut-être vous éclairera sur la différence entre science et religion, en expliquant ce en quoi nous croyons :

      « La science se distingue de tous les autres modes de transmission des con­nais­sances, par une croyance de base : nous croyons que les experts sont faillibles, que les con­naissances transmises peuvent contenir toutes sortes de fables et d’erreurs, et qu’il faut prendre la peine de vérifier, par des expé­riences. »

    • Hubert Collin - Inscrit 6 juillet 2012 10 h 01

      @Simon Chamberland: Lorsque les scientifiques et les épistémologues mettent de l'avant le caractère faillible de la science et des experts qui la pratiquent, c'est pour mieux assoir son hégémonie, rien de plus. Par cet argument rhétorique, ils discréditent toutes les autres formes de savoir et de transmission du savoir en suggérant que la science seule est porteuse de vérité. À l'image de la religion qui s'offrait comme la seule porte d'accès au Salut, la science se propose comme la seule voie d'accès à la vérité (objective). La faillibilité des experts et la diversité des courants sont le pendant des nombreux commentaires (du texte religieux de base), des nombreuses églises, des nombreuses sectes, etc. Mais la logique est la même! Relisez vore propre commentaire et dites-moi si vous n'avez pas l'impression, au final, d'avoir écrit qu'en dehors de la science il n'y a point pour l'homme de salut, et que tous ceux qui s'opposent à la science sont des hérétiques ou des obscurantistes... Votre commentaire accepte d'ailleurs sans la commenter la prémice selon laquelle la science a fait progresser l'humanité. On peut certes parler d'un progrès technique, mais qui dit progrès technique ne peut pas conclure directement à un progrès de l'humanité, lequel n'est pas facilement quantifiable scientifiquement...

      Par ailleurs, à la vérité que propose la science, nous pouvons reprocher de multiples choses. Tout d'abord, qu'elle prétend n'être qu'objective, alors que l'expérience de l'homme est toujours éminemment subjective. Elle sert ensuite à la reproduction des formes de pouvoir. La science est l'outil premier servant à la domination des peuples. Le non-scientifique baigne dans un monde qu'il ne comprend pas; il n'est qu'un vulgaire utilisateur pour qui les outils qu'il utilise revêtent un côté "magique". En multipliant les connaissances, l'homme a du même coup multiplier son ignorance; et l'expérience qu'il fait de son monde s'en trouve profondément affectée et scindée.

    • Simon Chamberland - Inscrit 6 juillet 2012 13 h 44

      M. Collins, lorsque vous me demandez si :

      "si vous n'avez pas l'impression, au final, d'avoir écrit qu'en dehors de la science il n'y a point pour l'homme de salut, et que tous ceux qui s'opposent à la science sont des hérétiques ou des obscurantistes..."

      Réponse courte, franche et directe : non.

      Pour le reste, je vois que nous sommes en désaccord. J'ai l'impression que vous confondez science et scientisme, tout comme vous confondez scientifique et scientique. Vous n'êtes pas le premier.

    • Hubert Collin - Inscrit 6 juillet 2012 16 h 44

      @Simon Chamberland:

      Nous sommes profondément en désaccord, nous sommes au moins d'accord là-dessus. Malgré tout je prends la peine de répondre, non pas dans l'espoir de vous convaincre, mais seulement pour souligner la faiblesse de vos arguments. Ayant étudié la philosophie, je suis particulièrement sensible aux stratégies rhétoriques qui ne visent qu'à jeter de la poudre aux yeux sous la guise de la rationnalité.

      Vous faites d'abord appel aux sentiments en célébrant la curiosité humaine; vous invoquez ensuite une pseudo-évidence en reliant la science au progrès de l'humanité; vous avez ensuite recours à l'autorité d'une citation; avant de répondre par un simple "non" à l'une de mes interrogations; et pour conclure, vous lancez dans les airs, tout bonnement, une accusation de confusion qui frôle l'argument ad hominem, lequel n'est pas vraiment un argument, sauf en rhétorique.

      En termes d'arguments rationnels, je dois avouer que j'ai déjà vu mieux.

      Vous ne répondez ni n'invalider aucune de mes affirmations, de telle sorte que l'on a l'impression que pour vous la science est un phénomène humain qui ne comporte aucun aspect négatif, position qui suggère l'aveuglément dans lequel vous êtes peut-être, car il eût fallu au moins nuancer un peu votre célébration émotive de la science afin de lui donner un peu plus de poids et de crédibilité.

      C'était, à la fin du Moyen-Âge, la tactique des inquisiteurs. Il ne se donnait ni la peine de discuter ni de se justifier, tellement persuadé qu'ils possédaient la vérité. À bon entendeur, salut!

    • Simon Chamberland - Inscrit 9 juillet 2012 10 h 35

      M. Collins,

      Je ne fais pas appel aux sentiments. La curiosité est présente chez plusieurs, que vous le vouliez ou non.

      Ensuite, la citation n'est pas un recours à l'autorité mais plutôt une explication fort simple et élégante de la différence entre science et religion. Au lieu de penser à la forme, il vous aurait été plus profitable de réfléchir au fond de la citation.

      Et non, je n'ai pas fait d'attaque ad hominen, seulement révélé ce que je percevais de votre message, perception accentuée par votre dernier messge.

      Votre impression sur moi est totalement erronée.

      Si vous désirez des discussions plus poussée, sur un forum plus approprié, je vous suggère le forum des sceptiques du Québec.

  • Mathieu Benoit - Inscrit 4 juillet 2012 14 h 51

    Un beau boson !

    Je suis un des québécois qui a la chance de travailler au CERN. J'ai eu la chance ici en Europe decôtoyer les gens au coeur de la construction, de l'opération et de l'analyse des données de l'accélérateur et des deux principaux détecteurs au coeur de cette découverte (CMS et ATLAS).

    Une immense quantité de travail se cache derrière cette découverte. Chaque experience regroupe plus de 3000 physiciens et ingénieurs qui ont travaillés plus de vingts ans afin de concevoir et mettre en marche cette machine incroyable. Un nombre inimaginable de nuits blanches , de frustrations , de temps supplémentaire non-payé, de vie de misère repose derriere cette découverte.

    Parmis ces milliers de scientifiques , beaucoup sont des jeunes, de 20 a 30 ans, etudiant en maitrise ou au doctorat et vienne ici pour se donner à 100% à la découverte de nouvelles particules. Ils ne gagnent pas beaucoup d'argent, travaillent 60 heures par semaine devant un écran à analyser les données, à faire fonctionner les détecteurs ou a concevoir des modifications du détecteurs pour le rendre plus efficace. Ils viennent de partout dans le monde, plus de 100 pays.

    Ces gens ont cru a cette experience pendant de longues années ou les délais et les déceptions etait plus courants que les decouvertes. Il y a eu l'incident qui retarda le démmarage, puis tout les petits problèmes qui viennent troubler le fonctionnement des détecteurs.

    Mais finallement le travail a payé et on voit enfin la face de la particule la plus fondamentale jamais observé par l'homme !

    Parmi eux il y a plusieurs Québecois, donc on peut dire qu'il y a un peu de nous dans cette découverte !

    • Martin Desgagné - Abonné 4 juillet 2012 15 h 49

      Bravo à tous ces acharnés!

    • Maryse Veilleux - Abonnée 4 juillet 2012 17 h 29

      Je trouve votre découverte et votre acharnement extraordinaire, ce qui me décourage, est de voir à quels points les dirigeants de l'humanité font courir la planète et l'humanité à sa perte.... dans quelques années l'humanité ne sera plus...

    • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit 4 juillet 2012 18 h 46

      premièrement, merci Benoit pour ta contribution à la science.

      J'ai une formation plutot sciences humaines / environnement : j'ai entendu parler d'électrons, protons et neutrons, même de quarks dans mes petits cours de chimie. Mais jamais de boson.

      J'aimerais saisir pleinement les impacts de cette découverte : comme certains ici je suis curieux du sujet, voire étoné de l'importance que l'on donne à cette découverte.

      Si il n'y a p-ê pas de débouché immédiat, d'argent à faire avec la recherche appliquée, il ne manque certainement pas d'emploi dans la vulgarisation.

      Je t'invite à publier un lettre de lecteur dans le devoir pour nous l'expliquer.

      Guillaume Blouin-Beaudoin

  • Richard Laroche - Inscrit 4 juillet 2012 15 h 42

    Dépasser l'imaginaire

    La découverte du boson de Higgs est un pas dans la bonne direction pour le développement de nouvelles technologies.

    Vous connaissez l'intrication quantique? On parle de carrément "téléporter" de l'information. Imaginez vers quoi on s'en và!

    Si mes grands-parents ont vu au début du 20ème sciècle le laitier livrer en carriole tirée par un cheval et ont vu l'avènement de la télé, des micro-ondes et de l'internet... imaginez ce que nous verrons!

    • Mario Bard - Abonné 4 juillet 2012 17 h 05

      Téléportation?
      Est-ce à dire que nous ne sommes plus très loin de Star-Trek? Moi aussi, j'admire ce travail.

      En espérant qu'il serve à mieux développer l'humanité... ce qui n'a pas toujours été le cas, avec l'exemple des bombes multi-dévastatrices du 20e siècle.

      Enfin, comme je suis naturellement optimiste, j'espère que les scientifiques d'aujourd'hui savent apprendre de l'Histoire.

    • Pierre Masse - Inscrit 4 juillet 2012 18 h 02

      On va sûrement trouver une manière de la faire exploser sur des gens.

    • Georges Washington - Inscrit 4 juillet 2012 23 h 03

      L'intrication quantique n'a jamais permis le transfert de matière. Alors, on se calme la téléportation.