Clonage et nouvelles techniques de reproduction - McLellan tentera de rallier le Bloc

Ottawa - La ministre fédérale de la Santé, Anne McLellan, sollicitera le Bloc québécois dès la rentrée parlementaire afin que celui-ci appuie son projet de loi sur les nouvelles techniques de reproduction.

Le projet de loi, qui interdit le clonage humain et réglemente des activités comme le don de sperme, n'a pas été ramené devant la Chambre des communes depuis avril dernier. Il attend toujours d'être soumis à l'ultime vote avant d'aller au Sénat. La raison de ce délai est qu'une opposition considérable au sein du caucus libéral a fait craindre au gouvernement de perdre le vote au printemps. L'appui de députés de l'opposition serait donc un atout.

Tous les partis adverses s'opposent au projet de loi mais le Bloc québécois est le moins ferme dans cette opposition. En accord avec les principes de la loi, le parti craint que le projet de loi n'empiète sur les compétences de la province en matière de santé. Advenant certaines garanties de la ministre, le Bloc québécois pourrait toutefois décider de voter en faveur du projet de loi.

«Lors du retour, au mois de septembre, la ministre va sûrement reparler avec ses collègues, surtout [le député bloquiste Réal] Ménard, et elle va faire un effort pour convaincre le Bloc, insistant surtout sur les dispositions existantes dans le projet de loi sur les accords d'équivalence, et démontrer jusqu'à quel point une province pourrait élaborer ses propres règlements sur la procréation assistée», indique un proche de Mme McLellan.

Si tous les partis d'opposition votent contre le projet de loi, les libéraux n'auront plus beaucoup de marge de manoeuvre: il faut 151 voix pour une majorité absolue, et il y a 171 députés libéraux. Le vote ne sera pas libre: les députés libéraux qui oseront voter contre le projet de loi pourraient s'exposer à des sanctions. Le premier ministre Jean Chrétien a indiqué dans son discours la semaine dernière que le projet de loi sur la procréation assistée était une des priorités de son gouvernement. Cela signifie qu'il veut l'adopter «cet automne», indique son porte-parole Steven Hogue.

En juin dernier, le député bloquiste responsable de ce dossier, Réal Ménard, avait déclaré: «Je ne demande qu'à convaincre mon caucus de voter en faveur du projet de loi.» Pour ce faire, il réclamait de la ministre qu'elle offre du «matériel additionnel», «qu'elle tende une perche».