Numérique - Une affaire de goûts et d'âge

Dis-moi quel âge tu as et je te dirais ce que tu fais en ligne? La numérisation des activités humaines se poursuit au Québec avec des différences de plus en plus marquées entre les générations, estime le Centre francophone d'information des organisations (CEFRIO) dans une nouvelle publication qui met en relief, entre autres, l'attrait des plus de 45 ans pour les contenus météorologique, l'abandon progressif du courriel et de la téléphonie filaire par les moins de 34 ans, l'attachement résistant des boomers pour la télévision et la sous-connectivité des plus de 65 ans.

Le portrait générationnel des internautes dressé par le CEFRIO est sans équivoque. Devant la numérisation de la condition humaine, les moins de 34 ans ne se posent désormais plus de questions et adoptent massivement les technologies et services qui les entourent de manière naturelle, indique le rapport Netendances 2011 portant sur «Cinq générations d'internautes» dévoilé hier par l'organisme. Entre 2010 et 2011, ils ont confirmé leur désintérêt pour le téléphone fixe (-16 %), au profit du cellulaire (+24 %) et délaissés quelque peu le courriel (-4 %) au profit des messages sur les réseaux sociaux (+14 %) et les textos (+28 %).

Moins frénétique, mais tout de même exalté quant à la technologie, les 35 à 44 ans succombent eux aussi massivement à la vie en format numérique en se montrant plus équipés que la moyenne, mais également en étant réceptifs aux côtés pragmatiques de la Toile: achat, vente, transactions bancaires, accès rapide aux nouvelles, précise le CEFRIO.

Dans l’ensemble, les plus de 45 ans s’intègrent également aux univers numériques, mais avec un peu plus de sagesse. Côtés contenus, ils sont plus attirés par des informations pratiques, comme la météo, les recettes, la gastronomie, les voyages et les nouvelles, indique l’étude. Leur intérêt pour les réseaux sociaux est moindre, surtout chez les plus de 55 ans, qui pour se divertir préconisent un peu les réseaux de partage de vidéo, mais encore et toujours la télévision. «Cette génération a assisté aux débuts [de ce médium], peut-on lire. Elle y est restée attachée.»

Enfin, le CEFRIO note la faible pénétration de la technologie chez les plus de 65 ans, dont à peine la moitié naviguent sur Internet. Étrangement, les deux tiers de la frange connectée de cette génération utilise le courriel et plus que les autres sont enclins à utiliser la téléphonie vidéo gratuite sur Internet, de type Skype, pour rester en contact avec leurs proches. Le CEFRIO souligne toutefois que la distance entre ces anciens et le numérique ne va pas manquer de poser de «grands défis» pour l’avenir, surtout dans une société de plus en plus branchée et où la citoyenneté commence à se construire dans ces espaces numériques. 
1 commentaire
  • Khayman - Inscrit 20 avril 2012 09 h 51

    Sagesse

    « Dans l’ensemble, les plus de 45 ans s’intègrent également aux univers numériques, mais avec un peu plus de sagesse. »

    Si les plus de 45 ans surfaient moins pour lire plus, alors je serais d'accord pour dire qu'ils sont plus sages. Mais, d'après ce que vous écrivez, ils continuent à s'enfermer dans la télévision, dans ce média unidirectionnel programmant la cervelle des télespectateurs en nivelant par le bas son contenu depuis des dizaines d'années.

    Je crois comprendre que les nouvelles générations « transfèrent » des heures télévisuelles vers des heures sur Internet et je trouve cela positif. Les deux univers ont d'excellents et d'atroces contenus, mais au moins, surfer demande une interaction, une action, un choix plus élaboré et varié que celui de pitonner sur une télécommande.