La géolocalisation gagne les espaces intérieurs

Parmi les espaces intérieurs intégrés à Google Maps, l’American Mall, à New York<br />
Photo: Source: Google Maps Parmi les espaces intérieurs intégrés à Google Maps, l’American Mall, à New York

C'était un problème, paraît-il, et Google vient de le résoudre. Depuis la semaine dernière, le service de cartes et géolocalisation de la multinationale américaine offre en effet une nouvelle fonction à son univers connu sous le nom de Google Maps: la cartographie des espaces intérieurs, en trois dimensions. Une révolution en marche qui débute avec l'intégration de plans numérisés pour s'orienter dans quelques aéroports et grands magasins, pour commencer, et qui vient désormais transporter dans les espaces couverts la fin du plaisir de se perdre.

C'est la faute à la mise à jour de Google Maps, dont la version 6 a été présentée mardi dernier au siège social de la compagnie, en Californie. Dans une vidéo mise en ligne sur YouTube, Google explique: jusqu'à maintenant, sa logique cartographique permettait de trouver rapidement le chemin pour se rendre d'un point A à un point B. Mais une fois devant la porte du point B, fini, l'internaute n'avait plus d'information pour se repérer. Et la modernité ne peut plus s'en satisfaire.

Un début

Le mur est sur le point de tomber, sous l'effet de la cartographie de l'intérieur des bâtiments que Google vient d'a-morcer. Pour le moment, une poignée d'espaces, aux États-Unis et au Japon, ont été traités par le géant de la recherche et du positionnement. Dans la liste, on trouve, entre autres, quelques aéroports (Atlanta, Chicago, Fort Lauderdale, Houston, Tokyo...) ainsi que de grands commerces, comme Ikea, Home Depot, Macy's, le centre commercial Vallco de Cupertino en Californie, les stations de train de la ligne JR Est de Tokyo et le Musée national des sciences émergentes et de l'innovation de la capitale nippone — forcément!.

Le système de localisation dans l'espace permet également le positionnement en trois dimensions en tenant compte des changements d'étage dans un immeuble. Sur l'écran de son téléphone multifonction, un point bleu indique sa position à l'usager et suit ses déplacements en temps réel.

«Tout en étant très fier de ce lancement, a résumé Steve Lee de Google dans les pages du Los Angeles Times, nous sommes conscients qu'il repose sur une infime partie des espaces publics du monde. Mais l'objectif est clair: nous voulons tous les cartographier»... en passant en partie par les propriétaires d'immeubles en tout genre que Google invite à transmettre leurs plans d'o-rientation les plus détaillés, pour intégration à son service de cartographie.

La suite et la logique


Rendre les espaces intérieurs lisibles par les machines, l'idée n'est pas nouvelle. Elle a même été amorcée en 2009 par Google avec l'ajout progressif dans son outil Google Maps des quelque 900 sites de la Liste du patrimoine mondial de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO). Le château de Versailles, la zone archéologique de Pompéi ou encore la vieille ville d'Olomouc en République tchèque sont dans le lot. Cartes géolocalisées, vidéos, textes et données permettant des visites virtuelles, et donc d'entrer à l'intérieur de ces lieux célèbres, sont désormais enchâssés dans le moteur de recherche géographique de Google, au nom de la mémoire collective.

Pour la suite des choses, la multinationale américaine change toutefois un peu de stratégie. Ses cartes intérieures sont en effet offertes uniquement aux propriétaires de téléphones multifonctions et de tablettes électroniques fonctionnant dans l'environnement informatique Android 2.1, le système d'exploitation de Google. Conséquence: avec un iPhone ou tout autre objet utilisant un autre système, pas question de trouver la bonne porte d'embarquement à l'aéroport Lambert de Saint-Louis, le guichet automatique de l'aéroport Tacoma de Seattle ou les toilettes dans le grand magasin Printemps de Ginza.

À l'aide d'Android

L'entreprise n'a pas précisé quand son nouveau service de cartographie du dedans se ferait universel, confirmant du coup ce que l'Associated Press résume simplement dans une dépêche: «Le service gratuit de cartographie des espaces intérieurs est la dernière tentative de Google pour favoriser l'attachement des usagers à leur téléphone Android, et ce, afin de donner plus de possibilités à la compagnie de vendre de la publicité pour faire la promotion ciblée de produits et des services à des gens en mouvement.»

La promesse d'éradication de l'incertitude qui, depuis plus d'une dizaine d'années, accompagne le développement de la géolocalisation ne laisse effectivement plus de place au doute: ce n'est pas seulement la libre circulation des personnes que Google Maps veut favoriser. Et vu de l'intérieur, le portrait pourrait en effet devenir un peu plus clair.