Un nouveau groupe se forme pour sortir le Québec du cynisme et de l'inertie

Unis pour trouver la porte de sortie. Un nouveau groupe, formé de représentants des générations X et Y, va officiellement être fondé demain à Montréal afin de stimuler la réflexion collective pour enrayer l'inertie du Québec, a appris Le Devoir.

Baptisé «Sortie 13», ce rassemblement qui veut faire changer le sens du vent qui souffle actuellement sur le Québec propose de mettre sur la place publique «des solutions concrètes» pour répondre aux enjeux de société dans treize domaines, dont la santé, l'immigration, les finances publiques, l'éducation, la culture... Treize leaders, dont l'identité sera dévoilée demain à Montréal, porteront ces réflexions, pendant treize semaines, principalement dans les espaces numériques de communication par l'entremise d'un site Internet (sortie13.com) ainsi que d'une page Facebook (facebook.com/lasortie13).

«Ce groupe ne va avoir qu'un parti pris: faire face au cynisme et à l'immobilisme ambiants en offrant des solutions pragmatiques aux problèmes actuels», a résumé en entrevue la semaine dernière l'entrepreneur Yanouk Poirier, un des treize, qui va prendre en charge le volet touchant l'entrepreneuriat. L'homme travaille chez Leaders & Cie, une compagnie de recrutement de dirigeants d'entreprises. «Les treize leaders, tous des gens très impliqués socialement et provenant de toutes les régions du Québec, ne vont pas avoir peur de se mouiller pour faire entendre un Québec inspirant et novateur.»

Sans entrer dans le détail des propositions à venir, M. Poirier indique que les mem-bres du groupe ont, dans les dernières semaines, produit un document de dix pages dans chacun de leur champ respectif, documents qui vont être soumis à la réflexion au rythme d'un par semaine à compter du 13 septembre.

Selon nos informations, Mélanie Joly, cofondatrice de Génération d'idées, un autre groupe de réflexion piloté par des représentants des générations X et Y, va prendre part au projet Sortie 13, en orchestrant la réflexion sur les questions liées aux affaires municipales. L'avocat Mathieu Piché-Messier, de la firme BLG, va en faire autant dans la sphère de la justice. Ces participations seront confirmées demain soir lors du lancement de cette formation pensive à l'occasion d'une soirée-bénéfice qui se tiendra à Montréal.

Se disant habité autant par des «gens de droite» que par des «gens de gauche», Sortie 13 dit ne pas voir le jour pour «critiquer ce qui a été fait avant», mais bien pour «regarder en avant», résume M. Poirier. «Nous ne sommes pas un parti politique et nous n'avons pas l'intention d'en former un. Notre but est seulement de faire grandir des solutions sur la place publique et, en prévision des prochaines élections, de nous assurer que les meilleures idées trouvent un écho auprès des partis dans la course.»

Tout en revendiquant une identité propre, Sortie 13 s'inscrit toutefois dans la lignée de plusieurs groupes de réflexion et appels à la réforme lancés dans les dernières années par la génération dite montante pour une réforme du cadre social, politique et économique du Québec. En juin dernier, Générations d'idées, mouvement citoyen qui a rassemblé en 2010 400 jeunes de 20 à 35 ans lors d'un sommet sur l'avenir de la province, a d'ailleurs présenté les conclusions de ces travaux de réflexion sous forme de 130 propositions pour remettre le Québec en marche.

À la même époque, un autre groupe, Les Dégriseurs, a également vu le jour. Dans un manifeste publié dans les pages du Devoir, le 21 juin, ce groupe de jeunes y réclamait un changement de paradigme pour le Québec contemporain en souhaitant que la génération qui sera sous peu amenée à prendre les rênes des institutions publiques articule son propre rêve et projet de société, plutôt que de se plaindre de vivre aujourd'hui avec les restes du rêve de la génération précédente.
14 commentaires
  • richardle - Abonné 12 septembre 2011 07 h 43

    Solutions pragmatiques ?

    Pragmatiques, pratico-pratiques... simplistes? J'espère que non. J'aurais aimé connaître (voir, lire, entendre) ces personnes avant leur annonce. Savoir de quel milieu provient une personne, ce qu'elle fait pour vivre, combien elle gagne par année, la grosseur de sa maison, ses études, ça permet de mieux comprendre les buts poursuivis par un manifeste qu'elles ont signé.
    Combien de travailleurs, de jounaliers, de personnes ordinaires, une seule ou pas du tout?
    Un nouveau sous-marin de la droite?
    Richard Lépine

  • Sylvain Auclair - Abonné 12 septembre 2011 08 h 00

    Représentants ?

    Je suis de la génération X, et on ne m'a pas demandé mon avis quant à ces « représentants ». Ils ne représentent donc qu'eux-mêmes.

  • Jean Lapointe - Abonné 12 septembre 2011 09 h 43

    Ça promet

    "Se disant habité autant par des «gens de droite» que par des «gens de gauche», Sortie 13 dit ne pas voir le jour pour «critiquer ce qui a été fait avant», mais bien pour «regarder en avant», résume M. Poirier.

    Si ces gens-là décident de ne pas s'informer pour savoir ce qui a été fait avant et ailleurs et s'ils ignorent qu'on puisse être de gauche ou de droite alors que cela a beaucoup d'importance parce que ça implique un choix de valeurs, ils risquent de ne pas déboucher sur grand chose.


    Où pensent-ils trouver leurs idées ? Si c'est uniquement dans leur tête, ils risquent de ne pas aller très loin parce qu'ils vont nous sortir les idées les plus
    ressassées qui n'auront rien d'original. C'est qu'il n'y pas grand chose dans des têtes de gens sans culture qui ne se soucient que du présent.

    Ce n'est pas uniquement par des brain-stormings qu'on va trouver ce qu'il faut faire pour tenter de régler nos problèmes.

    Le monde n'est pas né d'hier. Le passé peut nous en apprendre beacoup mais à condition de le connaître.

    Ces messieurs-dames devraient arrêter de se regarder le nombril et s'ouvrir plutôt au monde.

  • Pierre B - Abonné 12 septembre 2011 09 h 59

    Un écran de fumé

    "L'homme travaille chez Leaders

  • Sebas124 - Inscrit 12 septembre 2011 10 h 43

    Laisser les donc s'exprimer!

    Laisser les donc s'exprimer!

    On laisse bien du temps d'entennes à Jean Charest et ses libéraux sans idées ou aux souveraineux qui n'ont qu'une obsession et aucune réflexion et qui substituent constamment moyen et but.

    J'ai l'espoir de voir dans ce groupe un catalyseur qui motivera d'autres groupes à se faire entendre et ainsi assainir, non en fait rétablir le niveau des débats au Québec.

    Effectivement ils ne se représentent qu'eux mêmes...Vous, comment vous représentez vous? Je crois que le sens de cette représentation est que le débat politique est dominé par les 50 ans et plus (60 ans au PQ) et il est grand temps que les 20 à 40 facent valloir leurs idées.

    Si on délaisse nos débats bi-polaires, ca sera déja un début. Pour une nation qui s'affirme, on est imbécile en maudit de s'acharner depuis les 40 dernières années à débatte férocement de notre positiopnnement par rapport au Canada sans débattre de quoi que ce soit d'autre. Essentiellement c'est comme si on s'affirmait en parlant des autres...On est des vrais champions....





    Sébastien, 41 ans