Des larmes de joie et de tristesse pour le retour d'Atlantis

La navette Atlantis vue de la Station spatiale internationale
Photo: Agence France-Presse (photo) NASA La navette Atlantis vue de la Station spatiale internationale

Cap Canaveral — Astronautes et ingénieurs de la NASA retenaient leurs larmes, hier, moins de 24 heures avant le retour sur Terre d'Atlantis, dont il s'agit de la dernière mission après 30 ans de vols orbitaux.

Atlantis, avec quatre astronautes à bord, trois hommes et une femme, doit normalement se poser ce matin sur la piste du Centre spatial Kennedy, près de Cap Canaveral en Floride, à 5h56 locales, 42 minutes avant le lever du soleil.

Atlantis bouclera un périple de 13 jours dans l'espace 42 ans jour pour jour après que Neil Armstrong a posé le pied sur la Lune.

«La météo est très favorable», a dit à l'AFP Allard Beutel, le porte-parole du Centre spatial Kennedy. Ainsi, la navette devrait pouvoir effectuer son retour sur Terre dès le premier créneau favorable.

En cas d'impossibilité, la NASA disposerait d'une deuxième ouverture aujourd'hui en Floride avec un atterrissage à 7h32 locales. À défaut, l'agence aurait cinq possibilités demain, les deux premières au Centre spatial Kennedy et trois sur la piste de la base aérienne d'Edwards en Californie. La NASA fera de toute façon se poser Atlantis demain, avant-dernier jour avant que la navette n'ait épuisé ses piles à combustible.

Hier, quelques heures avant le retour de la navette, la chaîne de télévision de la NASA montrait des images en direct du centre de contrôle de la mission à Houston et de la Terre vue d'Atlantis, qui s'était détachée de la Station spatiale internationale (ISS) avec succès la veille.

Au cours de leur mission de près de huit jours amarrés à l'ISS, Atlantis et ses astronautes ont livré 4,2 tonnes de marchandises et de pièces de rechange, dont 1,2 tonne de denrées alimentaires permettant à l'ISS et à son équipage permanent de six personnes de tenir un an.

Atlantis rapporte dans sa soute 2,57 tonnes de déchets et matériels usagés qui se trouvaient dans la Station.

Nostalgie palpable


Dans l'espace et sur la terre ferme hier, la nostalgie était très palpable.

«Ma priorité est de m'assurer qu'Atlantis et son équipage touchent la piste d'atterrissage en toute sécurité demain», a insisté Charles Bolden, le patron de l'agence spatiale américaine, sur CNN.

Au moment où les roues d'Atlantis toucheront la piste, «mes larmes seront des larmes de tristesse, mais aussi de joie. Des larmes de joie, parce que nous sommes déjà en train de travailler avec des entreprises privées pour envoyer du matériel vers l'ISS dès l'an prochain», a-t-il ajouté.

«Pour beaucoup de personnes, ce moment va être très émouvant. Elles ont consacré leur vie à la navette spatiale pendant 30 ans. Mais nous allons essayer d'être positifs», a dit de son côté Chris Ferguson, le commandant de bord d'Atlantis, au cours d'une interview.

Le directeur de vol Tony Ceccacci a lui assuré que «les contrôleurs ne pleureront pas, et nous allons faire en sorte de nous y tenir».

Après la catastrophe de Columbia le 1er février 2003 lors de son retour dans l'atmosphère, tuant les sept membres d'équipage, l'ancien président George W. Bush avait décidé en 2004 de mettre fin aux activités de la navette en 2010, le temps d'achever la construction de la Station spatiale internationale.

Il avait aussi dévoilé le programme Constellation visant le retour des Américains sur la Lune vers 2020, annulé par son successeur, Barack Obama, qui l'a jugé trop onéreux (97 milliards jusqu'en 2020, dont 10 milliards ont déjà été dépensés).

Le prochain vaisseau américain à transporter des astronautes vers l'ISS sera probablement construit par le secteur privé en partenariat avec la NASA, mais ne sera sans doute pas prêt avant 2015.

En attendant, les astronautes américains dépendront des Soyouz russes pour accéder à l'ISS à au moins 51 millions de dollars le siège.

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