Desjardins - Pour que le système soit pérenne

Réginald Harvey Collaboration spéciale

Le Mouvement Desjardins a remporté des prix Octas dans deux catégories différentes, Gestion de projet en TI et Infrastructure, pour son projet «Migration technologique du secteur Assurance de dommages».

Vice-président Technologies dans ce secteur des assurances chez Desjardins, Éric Lemieux dégage les grandes lignes de cette opération technologique d'envergure: «En fait, les systèmes principaux de notre organisation se trouvaient sur un ordinateur central qui utilisait une technologie périmée. Sur le plan des bases de données, on devait absolument changer le système parce que, depuis 1994, on ne pouvait plus effectuer de nouvelles installations à partir de celui-ci. On se trouvait donc devant un obstacle de taille dans l'assurance de sa pérennité et on était dans l'obligation de changer la base de données. On a donc décidé de faire migrer les paramètres d'informations qui servent à rendre notre service d'assurance disponible à la clientèle vers des serveurs intermédiaires.»

Une autre modification d'importance a été apportée: «On a également changé complètement notre base de données. On était dans de vieilles structures de fichiers dans l'ordinateur central et il a fallu passer à une nouvelle base relationnelle sur les serveurs intermédiaires.»

Les buts recherchés et le parcours suivi


Desjardins souhaitait d'abord et avant tout s'assurer de la pérennité en procédant à une telle migration, comme le rappelle encore M. Lemieux en déterminant toutefois d'autres objectifs: «C'était de se positionner de telle sorte que notre application soit plus flexible pour qu'on soit capable de faire évoluer notre système en fonction des nouveaux besoins d'affaires et de l'évolution du secteur de l'assurance de dommages.» Il résume: «On assure la pérennité parce que les systèmes continuent à bien fonctionner et par rapport aux nouvelles compétences dont on veut disposer dans un environnement renouvelé.»

Il aura fallu six ans pour atteindre les buts recherchés et pour en arriver à la phase finale du projet, en novembre 2010. Éric Lemieux retrace les défis majeurs qui ont été relevés pendant cette période: «Le plus grand de ceux-ci, c'est le fait que, durant ces années-là, on continuait à répondre aux nouveaux besoins et on devait demeurer opérationnel alors que différents changements survenaient sur divers plans; on devait développer tout cela dans notre ancien système et, en parallèle, on procédait à une mise à jour du nouveau, qui se trouvait en phase d'évolution jusqu'à son implantation finale.»

Il rapporte ce qui s'est passé durant les deux dernières années: «Pour chaque livraison de nouvelles fonctionnalités survenue à la centrale, on devait resynchroniser et remettre à niveau notre autre système. Tant que nous n'avons pas trouvé la bonne technique pour en arriver à cela, nous nous sommes retrouvés devant un enjeu de coordination qui était très difficile à gérer.» Une fois la bonne façon de faire identifiée, le projet s'est mis à bien fonctionner: «Ç'a sûrement été le plus grand défi. Nous nous sommes aperçus que la solution, c'était de faire un «big bang»: les usagers sont partis le vendredi et, quand ils se sont présentés au travail le lundi suivant, c'était complètement un nouveau système.»

Désormais, les employés utilisent un coffre d'outils différent: «Maintenant, ils programment dans un autre langage et dans un autre environnement avec une base de données renouvelée; ils ont dû composer avec tous les facteurs de transformation et de mise à jour de toutes les compétences. Nous nous étions donné une période d'un an et demi pour former tous les gens, tous les informaticiens.»

Au bout du compte...

De 2007 à 2010, 273 projets d'affaires ont été implantés dans l'ancienne plate-forme et, par la suite, ont été intégrés dans la nouvelle. Pendant ce temps, le Mouvement a été en mesure de poursuivre ses activités normalement sans que ses projets stratégiques de développement soient compromis.

Le vice-président Lemieux se montre très satisfait des résultats obtenus. Il dégage les éléments en cause: «Premièrement, il y a l'exécution de cette grande transformation-là. Les gens, les utilisateurs du système ont bien répondu. Deuxièmement, il y a les possibilités que nous offre le système nouvellement installé, avec lequel on peut commencer à exploiter d'autres fonctionnalités et un nouveau langage, ce qui sert à répondre à une gamme plus étendue des besoins de la clientèle dans ce secteur de l'assurance.»

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Collaborateur du Devoir